« Violences dans la relation amoureuse – Lanmou pa kou – Aime moi sans violence » : Journée de l’engagement ce vendredi 27 mars 2015 au Lycée Polyvalent de Port-Louis

« Violences dans la relation amoureuse – Lanmou pa kou – Aime moi sans violence » : Journée de l’engagement ce vendredi 27 mars 2015 au Lycée Polyvalent de Port-Louis
Une très belle matinée ensoleillée, un cadre verdoyant et ventilé, celui du LPO de Port-Louis, qui a servi de décor à cette journée de l’engagement. M. ERMANEL, professeur et surtout membre du Comité d’Education à la Santé et à la Citoyenneté (CESC), explique dans quel cadre se tenait cette manifestation. Le CESC qui est une instance de réflexion, d’observation de l’Education Nationale, met en œuvre des projets en lien avec la santé, la citoyenneté.

C’est d’ailleurs sous son égide que se tenait cette journée, avec un thème mûrement réfléchi, semble t-il, et selon lui : « une enquête menée auprès des élèves a révélé que leurs représentations de la relation amoureuse,2 de la violence étaient faussées. Après analyse, nous avons décidé de choisir ce thème pour les pousser à la réflexion sur leur vécu ».

De nombreux partenaires, intervenant dans le cadre de la violence dans le couple, étaient présents, entre autres, le CIDFF, la gendarmerie ainsi que l’AGSEA/SCEP 3(Association Guadeloupéenne de sauvegarde de l’Enfance à l’Adulte). L’organisation sous forme d’ateliers animés par les intervenants, s’avérait appropriée, permettant ainsi aux groupes de lycéens de tous les visiter.

L’atelier de l’AGSEA/SCEP animé par Raymond OTTO, anthropologue, a par son caractère original suscité des échanges constructifs avec les lycéens. Il s’est agi, dans un premier temps, de les faire jouer des sketches, avec en toile de fond des situations de drague. Par la suite, autant les assistants que les comédiens devaient faire remonter leurs remarques sur ce qui pouvait interpeller. Des propos ont parfois surpris : « …si un gars drague ta copine, il faut régler ça à la manière locale, avec un fusil ou autre chose… », « …les garçons sont lâches, c’est souvent nous les filles qui faisons le premier pas… », « « …si je suis intéressée par un garçon et qu’il ne me regarde pas, tant pis. Je cherche ailleurs, il n’est pas le seul garçon sur terre… ».

Et cela n’était qu’un avant goût. D’autres animations étaient prévues pour mettre en valeur le thème de la violence dans les relations amoureuses.

Parallèlement, l’aspect pénal a été abordé, avec le commandant de la gendarmerie, M. VALMONT. Outre des remarques personnelles et tirées de l’expérience de terrain sur la violence dans la relation fille/garçon, il a tenu à donner des précisions sur les peines encourues selon le délit. Quelques exemples ont été retenus :

le viol : la peine peut aller de 15 ans jusqu’à la réclusion à perpétuité, selon qu’il s’accompagne de circonstances aggravantes tels que des actes de barbarie.4

l’agression sexuelle qui sous entend qu’il n’y a pas de pénétration. Elle est passible de 5 ans de prison et de 75 000€ d’amende. Des exemples pratiques de la vie quotidienne ont été évoqués pour montrer ce que peut être une agression sexuelle. Il faut citer notamment le fait de toucher les seins ou les parties intimes de quelqu’un, ou même un baiser forcé, suppose bien sûr que la personne n’est pas consentante. Cela a suscité un étonnement et un certain amusement de la part des lycéens.

l’inceste qui est une violence sexuelle faite par quelqu’un ayant un lien de parenté (ascendant légitime, naturel ou adoptif) a été aussi commenté. L’intervenant a rappelé que la loi permettait à la victime de porter plainte 20 ans après sa majorité, tenant compte ainsi des difficultés qu’elle peut avoir à parler de faits aussi pénibles. Là aussi, des anecdotes, tirées de sa pratique professionnelle en qualité de gendarme, ont rappelé comment des beaux-pères troublés par leur belle-fille, sont 5souvent à l’origine de ces actes répréhensibles.

Dans la même foulée, ces mêmes violences ont été abordées sous un autre angle, dans l’ atelier tenu par le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF). Mmes BALIN-BAHIJIA et DIOLOGENT, respectivement CESF et Agent de facilitation à la vie sociale, ont rappelé, dans un premier temps, les missions de leur association qui accompagne les femmes victimes de violences conjugales sur le plan juridique, psychologique et même de l’hébergement.

Les échanges avec les élèves ont permis d’identifier, avec ces jeunes lycéens, les différentes formes de violence, physiques, morales, verbales, sexuelles, psychologiques et économiques.

Elles ont fait ressortir pour chacune de ces formes de violences, leurs manifestations. En voici à juste titre quelques unes :

– physiques : coups ou toute atteinte au corps

– verbales : insultes, propos méprisants, menaces

– sexuelles : viols, agressions sexuelles

– économiques : l’exemple d’un mari qui subtilise le salaire de sa femme, ou qui ne lui donne de l’argent que s’il en a envie.

Au vu des réactions, certains jeunes semblaient surpris de savoir que des comportements qu’ils voyaient au lycée ou dans leur entourage, pouvaient être associés à de la violence.2015-03-27 08.51.14

Les questionnements étaient nombreux et les jeunes ravis de s’exprimer sur des sujets qui font partie de leur quotidien.

Sur le site, de nombreuses autres animations, toujours reliées au thème de la violence dans les relations amoureuses, ont essaimé cette matinée. Par la suite, la plupart des convives se sont alors retrouvées au Forum, où de nombreuses pièces de théâtre ont été jouées par les lycéens qui se sont révélés d’excellents comédiens, tant les sketches étaient saisissants de réalisme.

Des poèmes, des chansons, de la danse, ont permis à tous ces artistes en herbe de s’exprimer et de démontrer leur capacité à s’approprier un thème et à la mise en scène. Ce sont sur des notes de musique que la matinée a pris fin.

Une très belle expérience qui prouve donc que notre jeunesse sait s’impliquer et travailler de façon rigoureuse, dès lors qu’on lui en donne l’opportunité.

Koezyon-glob.fr

 




7 Commentaires to “« Violences dans la relation amoureuse – Lanmou pa kou – Aime moi sans violence » : Journée de l’engagement ce vendredi 27 mars 2015 au Lycée Polyvalent de Port-Louis”

  1. on dit plein de choses sur la violence comme si c’est nous les garçons les responsables. Nos copines sont immatures, infidèles et en plus veulent tout diriger. Il y a des gars qui en ont marre et finissent par être violent, m^me si ils savent que c’est pas bien.

  2. nous les jeunes, on veut plus subir ce que nos mères ont subi. quand ça va plus, on va voir ce qu’il y a de plus intéressant.

    • Jessica généralement dans une relation on ne subit pas on partage et le fait de généraliser que les mères étaient mal dans leur couple laisse à croire que vous avez vécu petite cette situation dans votre famille. Pourtant de nos jours observer le comportement des filles ne donnent pas aux hommes l’envie de se poser sérieusement. Avant de critiquer l’homme regarder vous dans un miroir.

      • le débat de la violence dans le couple est ancien. Mylène il arrive dans une relation que l’on subisse pour diverses raisons : par amour, parce que l’on espère que l’autre va changer, parce que’on a connaissance de son histoire et qu’on en tient compte. On sait alors que ça peut être long de s’améliorer, et on l’accompagne dans ce changement. Dans une relation ce n’est pas la critique de l’homme ou de la femme, ce n’est pas « nom pa bon, fanm cé sa…. ». Une relation c’est d’abord la rencontre de deux personnes avec chacun son histoire. Selon leur passé la relation sera plus compliquée que d’autre. Mais une relation c’est aussi des efforts que l’on consentira à faire selon le degré d’attachement qu’on a pour l’autre.
        On semble dire que les jeunes passent vite à autre chose, je ne sais pas si c’est mieux. J’ai été éduqué avec l’idée qu’il faut essayer faire des efforts pour atteindre un objectif.
        Mais si à un moment on se rend compte que les efforts sont vains, que les limites sont dépassées et qu’on se perd dans unerelation, alors il faut passer à autre chose.
        Et toujours se dire que les expériences m^me de violence servent à quelque chose

  3. Beaucoup de violences sur Facebook : des filles qui se battent le plus souvent entre elles, la violence est passée en face…

  4. Philippe Bonte // mars 28, 2015 á 8:10 // Répondre

    Je trouve que ça bouge bien dans ce lycée de Port-Louis, vraiment chapeau pour ces jeunes. Il semble y avoir une certaine discipline de ce côté de la Guadeloupe. Pourquoi pas ailleurs ? Est-ce parce que les responsables éducatifs au LPO du NGT font correctement leur travail ?

    • Même impression très positive de la manifestation, de ‘énergie positive qui semble se dégager de cet établissement. Que l’équipe continue dans cette dynamique.

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