Un de plus, un de trop

Un de plus, un de trop
Nous adressons avant tout nos condoléances à la famille du jeune qui a perdu la vie.

On serait tenté de se dire un meurtre de plus. Sauf que le contexte, tué à 15 ans pour un portable, ne peut que soulever l’indignation.

Tout a été dit, surement pas, mais beaucoup a été dit. Chacun dans son corps de métier répond à ce drame. Les institutions diverses ont réagi : La Région promet d’installer un parking pour éviter que les jeunes aillent attendre le bus scolaire en dehors d’un certain périmètre. Le Ministre de l’intérieur va envoyer deux pelotons de gendarmes etc…

En tant que travailleurs sociaux, travaillant à la prévention de la délinquance, à la protection de l’enfance, lorsque de tels drames surviennent nous voyons les limites des actions que nous menons. Un puissant sentiment d’impuissance nous envahit et nous ne manquons pas de nous demander « que faire ? ».

Dans le cadre de nos interventions quotidiennes, souvent nous sommes face à des jeunes qui posent déjà des comportements inadaptés tels que de la violence verbale ou physique contre leurs camarades, des propos irrespectueux face à l’adulte.

La réponse préconisée est souvent un accompagnement éducatif, visant à aider la famille à remédier à ce cheminement prédélinquant et permettre au jeune de reprendre un parcours social normal.

Sauf que, chacun essaie de répondre aux conséquences visibles de la violence. Mais comme dans tout problème, c’est la cause qui doit être traitée pour permettre à terme une amélioration durable du mode de vie en Guadeloupe.

Posons-nous la question : pourquoi des jeunes peuvent tuer un autre jeune pour des motifs insignifiants ? Pourquoi banalisent-ils ainsi la violence ?

Un premier constat : nous évoluons dans une société violente. Même si cela nous déplait il faut le reconnaitre. Observons notre attitude au volant, face à quelqu’un qui a une opinion différente de la nôtre, face à un voisin….nous nous enflammons rapidement. Nous passons des propos outrageants à l’arme avec une vitesse surprenante.

Rappelons-nous que nos enfants nous observent et nous prennent comme modèle. Quand nous disons nos enfants, ce sont tous les enfants qui peuvent être témoins du comportement que nous avons.

Un autre point est le problème éducatif. Que cela déplaise à certains, ce sont souvent un certain profil de familles qui se retrouvent davantage en difficulté avec des enfants. Certes si nombre de familles y sont confrontées, mais si certaines arrivent à y remédier, d’autres se retrouvent vite dépassées et impuissantes.

Ces dernières n’ont pas pu ou su développer les forces intrafamiliales en matière éducative, affective, morale pour faire face aux remous. Ce sont souvent des familles portées par une seule personne qui ne bénéficie d’aucun soutien éducatif, parfois aucun soutien financier des pères. De ce fait, quand les difficultés éducatives commencent à se poser, elles ne peuvent y faire face et voient, sans pouvoir réagir, leurs enfants glisser vers la délinquance.

Pas besoin de faire du buzz pour dire non à la violence. On ne fait pas ses courses médiatiques sur le dos des morts.

Voilà donc une des réponses à porter nous semble-t-il, leur apporter un véritable soutien éducatif, quotidien, régulier. Il ne s’agit pas de faire du saupoudrage avec des interventions au goutte à goutte mais un vrai travail d’accompagnement de ces familles pour que tous les enfants de Guadeloupe puissent grandir ensemble et en paix.

Voilà une piste de réflexion, dans la réponse multi partenariale qui doit être portée.

La balle est dans le camp de ceux qui sont en charge de cette politique éducative.

Koezyon-glob.fr




1 Commentaire to “Un de plus, un de trop”

  1. PARTAGE CE POINT DE VUE. PAS A LA SURFACE MAIS EN PROFONDEUR

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