Ti kozé « Le pouvoir des femmes dans la culture guadeloupéenne »

Ti kozé  « Le pouvoir des femmes dans la culture guadeloupéenne »
A l’initiative de l’association Entraide Gwadloup’, Marie-Rose LAFLEUR, sociolinguiste a choisi de traiter ce thème en gardant comme référence son livre « Lang a fanm » qui évoquent des images récurrentes qui apparaissent sur la femme dans notre langue créole.

Souvent remontent le mépris, la misogynie, les violences faites aux femmes. On leur reconnaît un pouvoir, mais paradoxalement il est associé à quelque chose de négatif.

Ainsi, Mme LAFLEUR nous cite quelques exemples de l’expression du pouvoir des femmes au travers de notre langue :

– fanm matado : femme de tête

– fanm nom : femme solide

– malfanm : femme de caractère

– mèt fédam : femme qui ne laisse pas faire

– fanm a grenn : femme qui a des couilles

– dontèz : meneuse

Dans nombre de ces expressions, des valeurs masculines sont rattachées à la femme.

Le pouvoir attribué à la femme se voit aussi dans l’imaginaire, la mythologie de notre région, où de nombreux personnages  dotés de pouvoirs maléfiques, sont des femmes :

– la dyabless, femme avec un pied de bouc qui séduit les hommes pour leur perte

– manman dlo, équivalent aquatique de la diablesse, qui entraîne enfants et pêcheurs au fond de la mer

– soukougnan ou volan, femme qui se transforme en boule de feu et suce le sang de ses victimes

– mofwazé, femme en chien qu poursuit quelqu’un par des aboiements, jusqu’à le rendre fou

le pouvoir des femmes dans la culture antillaiseTout ce pouvoir attribué aux femmes est aussi renforcé par le concept de la matrifocalité. Cette structure sociale ou la femme est sacralisée avec une non-reconnaissance sociale du père. A ce concept est rattaché le terme de fanm poto mitan, celle qui assure seule l’éducation de ses enfants, c’est elle le pilier central face à l’absence du père et à sa non reconnaissance en qualité de père.

Dans la société antillaise, la femme est donc un être de pouvoirs, imaginaires ou réels, renforcés par un père choisissant de s’éloigner ou éloigné par la mère.

Tout cela suscite une interrogation  sur la prégnance de ces croyances à notre époque et sur la jeune génération. Nous pouvons également nous questionner pour savoir si les individus s’en servent dans les relations hommes/femmes, femmes/femmes ou hommes/hommes.

Un  débat riche s’en est suivi et également portant notamment sur le sujet : « comment assumer ce pouvoir qu’on lui prête et peut-elle le faire seule ? » Sans aucun doute un autre sujet à débattre…

De toute évidence, les relations amoureuses en Guadeloupe, et aux Antilles en général sont basées souvent sur un rapport de force entre l’homme et la femme. Pourtant ces relations ont longtemps été nourries par une volonté sous-jacente, et dans l’intérêt d’une société coloniale française : le code noir écartant l’homme de sa famille, le code civil voulant réhabiliter sa position dans le foyer. Actuellement nombreuses sont les femmes dites amazones qui refusent d’endosser la position de fanm poto mitan, car pensent-elles ne pas être les seules à devoir participer à l’éducation des enfants. Pourtant dans la réalité, souvent dans la relation avec le père des enfants c’est tout autre chose…

Koezyon-glob.fr

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7 Commentaires to “Ti kozé « Le pouvoir des femmes dans la culture guadeloupéenne »”

  1. Eh oui…vaste débat…éternel!!!

  2. les expressions citées caractérisent bien nos femmes, qui sont fortes, courageuses et surtout aimantes. c’est là le drame de toutes les femmes qui laissent les sentiments diriger leurs actions; La raison doit prendre sa place dans nos rapports, il en va de notre bien-être.

  3. On prête à la femme guadeloupéenne beaucoup plus de pouvoirs qu’elle en a réellement. Certes c’est une femme de caractère, une battante, mais par les circonstances de la vie. Je crois qu’elle aurait souhaité pouvoir se reposer sur un homme, faire équipe avec lui, surtout pour l’éducation de ses enfants.

  4. Je rejoins jack-line. Nous sommes dans la méfiance dans les relations hommes/femmes car nos avons peur d’être déçus. Pourquoi ne pas envisager une relation pour ce qu’elle est : une rencontre qui peut durer plus ou moins longtemps, et investissons nous de tout coeur.

  5. Joni, nous sommes un peuple aimant. L’amour est le ciment de toute relation et de société. Les hommes et les femmes calculent trop dans une relation, ce qui est préjudiciable.

  6. Voilà un sujet qui ne peut que susciter le débat. Cette relation difficile entre hommes et femmes en Guadeloupe existe et existera encore longtemps. C’est pourtant une relation d’amour car passionnée, chaotique, mais jamais indifférente. Il faut que nous apprenions à nous dire « je t’aime » sans nous soucier du passé, de nos proches, du qu’en dira t-on.Vivons pour nous en tant que couple, et les choses seront plus faciles.

    • Ah Jack-Line…!!! Quelle naïveté!!! Vous vivez spirituellement dans un monde imaginaire ou parallèle, et vous croyez fortement selon vos propos que les choses se font d’un simple coup de baguette magique? Non ce n’est pas du tout cela dans la vraie vie. Quand on est adulte, on s’écarte normalement des pensées d’ados, bien sûr pour qui le peut. Sans machisme aucun, je pense que les femmes devraient davantage pencher, non sans difficulté c’est évident, vers le rationnel car trop stagnantes dans le côté émotionnel qui les empêche souvent d’être éclairées dans leur quotidien de manière général, et dans leur relation amoureuse de manière spécifique. Alors laissez encore les hommes garder la manœuvre svp…la société se portera mieux ainsi!!!

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