Suite et fin des journées régionales sur les pratiques professionnelles du SEPSI, ce vendredi 24 avril 2015 : le point sur les travaux en ateliers

Suite et fin des journées régionales sur les pratiques professionnelles du SEPSI, ce vendredi 24 avril 2015 : le point sur les travaux en ateliers
La deuxième journée régionale des échanges et de réflexion sur les pratiques professionnelles a débuté avec l’intervention de Didier DESTOUCHES, universitaire, qui a mis en lumière le lien anthropologique dans le travail social en général, et particulièrement dans la prévention spécialisée et la médiation sociale.

Il convient de rappeler que ces deux métiers distincts s’inscrivent notamment comme des éléments purement complémentaires et ne peuvent être vus donc comme étant l’un se substituant à l’autre.

S’en est suivi, dans la foulée, des expériences de terrain riches de ceux mêmes qui produisent au quotidien le travail social. Par la suite, il y a eu la prise de parole particulièrement émouvante d’une jeune médiatrice sociale du SEPSI, qui a depuis 3 ans fait un travail formidable sur son secteur en lien avec les jeunes et les familles, mais qui malheureusement ne sait toujours pas si la direction de sa structure va la garder à son poste afin de poursuivre le travail commencé. La direction, elle-même interpellée sur ce point par l’assistance, n’a pas répondu clairement, prétextant au passage d’une mise en scène toute préparée par l’équipe, laissant singulièrement sans voix la médiatrice sociale concernée.

La problématique principale est financière, celle de contrats aidés d’adultes-relais aléatoires qui maintiennent nombre de professionnels dans la précarité. Ces contrats d’adultes-relais qui pour le moment sont financés par l’Etat, doivent subir prochainement un transfert de compétences en direction de la Région. On risque de voir, à terme, ce dispositif faire l’objet d’enjeux qui n’auront, sans étonnement, plus rien à voir avec son objectif222 premier.

En fin de matinée, les ateliers en groupe se sont articulés autour du partenariat de terrain, de la formation des professionnels et de la gouvernance au sein d’un projet de territoire autour de la prévention spécialisée et de la médiation sociale.

L’analyse de toutes ces thématiques démontre encore une fois la prégnance de la prise de responsabilité des politiques de notre contexte guadeloupéen, dans la construction d’une nécessaire volonté dynamique locale, pour agir dans le bon sens en direction des jeunes et des familles en Guadeloupe.

Il est clair qu’il faille aboutir à un partenariat renforcé, mais pas de n’importe quelle manière. Le premier atelier a mis en exergue la parfaite connaissance et la reconnaissance des missions de chaque professionnel dans la dynamique collective, afin de ne pas empiéter sur le rôle de l’autre.

Par ailleurs, au sein de la doctrine sociale, et de cercle fermé de réflexion et d’analyse, il est souvent critiqué par des experts du travail social, d’une montée disparate de métiers de travailleurs sociaux qui risque de faire beaucoup de mal à la profession à terme : faire face à la banalisation du métier.

Il a été question également de la nécessité commune des équipes à s’autoréguler entre elles, à partager leurs expériences pour renforcer la cohésion sur le terrain ; et cela ne peut se faire uniquement qu’autour d’une co-construction d’une méthodologie spécifique et reconnue par l’ensemble.

L’atelier 2 a fait émerger encore une fois cet aspect de l’analyse anthropologique, d’une meilleure connaissance du milieu, des sociétés multiethniques en Guadeloupe, afin d’avancer sur l’accompagnement. Par 333conséquent, la formation, elle, doit être abordée sous forme de tronc commun, avec la prise en compte des spécificités du territoire, et de la maîtrise des langues. Il s’agit donc d’inscrire ces métiers (du travail social) dans la formation continue, d’une logique d’alternance intégrative, éventuelle réponse de progression professionnelle.

La fragilité des professions en travail social, le turn over, et le financement précaire, ont été abordés dans l’atelier 3. En somme, le constat est amer. Certains dirigeants sont très inquiets pour la pérennisation des emplois nécessaires et reconnus d’utilité sociale, voire inquiets pour la survie de leur propre structure. L’urgence éventuelle aujourd’hui pour les institutions privées est de se retourner vers les fonds privés, vu l’immobilisme du politique, c’est-à-dire se réduire à frapper essentiellement aux portes du tissu économique pour trouver des aides financières. Parallèlement, des propositions de films ont été formulées dans le but de rendre plus visibles les actions menées, et surtout dans l’objectif de sensibiliser les financeurs.

En conclusion de ces deux journées sur les pratiques professionnelles, il convient surtout de féliciter l’ensemble des professionnels de terrain qui travaillent courageusement et qui croient fortement dans ce qu’ils font, à savoir tenter d’apporter au mieux leur humble contribution pour un changement dans notre société guadeloupéenne.

Malheureusement, le Social, le Travail Social ne mobilisent pas, en plus haut lieu. Et même quand ils les mobilisent, les garanties palpables, les perspectives, les effets sont absents. Alors, il est à regretter encore une fois d’un manque de réponses matérielles aux professionnels de terrain inquiets et aux responsables d’institutions privés préoccupés, venus certainement à ces journées avec une once d’espoir.

Il n’en reste quand même de ces deux journées : des échanges, des réflexions, des chiffres, des réalités, des enjeux actuels, des anecdotes, etc. Les seules perspectives réalisables sont du fait des professionnels eux-mêmes, entre eux, pour une efficiente collaboration partenariale locale et entre les autres régions présentes. C’est bien la preuve encore une fois que c’est nous professionnels, nous populations, uniquement dans la solidarité mécanique, qui devons nous débrouiller seuls, avec les moyens précaires quotidiens.

Koezyon-glob.fr




5 Commentaires to “Suite et fin des journées régionales sur les pratiques professionnelles du SEPSI, ce vendredi 24 avril 2015 : le point sur les travaux en ateliers”

  1. TOI Ghislaine // octobre 5, 2015 á 2:28 // Répondre

    A quelques 6 mois de là, je relis les commentaires et souhaite faire un lien entre cet évènement et les Assises du travail social, ou il a été question d’introduire dans la formation des travailleurs sociaux de la sociologie et de l’anthropologie. Comme quoi il faut laisser du temps aux idées pour qu’elles murissent. Bon courage aux acteurs de ce secteur qui a bien besoin d’être mis en visibilité.

  2. Participant à des deux journées de Séminaire au titre du Réseau des Villes Correspondants de Nuit, j’ai été très intéressé par les thématiques abordées qui sont d’intérêt Général et l’intelligence des interventions, celles des acteurs, des habitants, des Universitaires.Il y a dans votre Territoire tout ce qui est nécessaire à la construction d’un avenir partagé. Je reviendrai pour faire provision d’idées

    • stone ex nihilo // avril 29, 2015 á 9:21 // Répondre

      M. Gérard c’est très rassurant pour moi, vous qui êtes venu de l’hexagone spécialement pour ces deux jours, de déceler sur notre territoire des éléments interressants pour bâtir quelque chose avec la population. Je note que vous n’avez pas fait allusion de l’intervention des politiques présents lors de la première journée dans vos mots, n’est-ce pas ? Selon vous, l’intérêt général et l’intelligence sont pensés, pour le moment, par les acteurs du travail social, les habitants et une poignée d’intellectuels, si je ne m’abuse.

  3. fredéducspé // avril 27, 2015 á 8:12 // Répondre

    L’atelier 3 particulièrement a été très instructif, notamment avec l’apport historique de Ghislaine Toi sur les début de la prévention spécialisé avec M. Flagie à Boissard et la création du SCEP et autres structures d’accompagnement.

    • C’est la moindre des choses de situer le contexte historique de la prévention spécialisée en Guadeloupe pour comprendre ce que l’on veut faire réellement. On parle d’anthropologie oui mais quelle méthodologie on veut mettre en place ? Du tout politisé ?

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