« Sexualité des adolescents aujourd’hui » : débat organisé par l’association des psychologues de la Guadeloupe.

« Sexualité des adolescents aujourd’hui » : débat organisé par l’association des psychologues de la Guadeloupe.
C’est sous forme d’un échange avec le public que s’est tenue cette soirée sur un thème qui ne manque pas d’interpeller, la sexualité de nos adolescents.  Parmi les intervenants :

– Pascale PHIPPS, éducatrice spécialisée

– Sabine POPOTTE, psychologue

– Raymond OTTO sociologue.

L’organisation sous forme de débat a permis tant au public venu nombreux, qu’aux intervenants, de s’exprimer sur les différentes questions. Pour ouvrir le débat la question était : est-ce que la sexualité a changé?

Pour M. OTTO, la réponse a été un non, car les jeunes n’ont jamais concerté leurs parents pour leur 1ère fois. Il convient plus de s’interroger sur les pratiques sexuelles et sur les outils mis à disposition pour vivre sa sexualité aujourd’hui. D’autres questions ont aussi suscité des réactions, à savoir, est-ce que tous on a été adolescents?

Une personne du public a  rappelé que l’adolescence est une période de rupture, de crise, où on rejette tout ce que les parents nous ont donné. Le jeune passe du stade de la dépendance à celle de l’indépendance. L’adolescence est mise en acte par le biais du corps, a souligné Mme POPOTTE, psychologue. Actuellement avec facebook, le rapport à l’image a changé, beaucoup éprouvent le besoin de se mettre en scène. Un autre point de discussion  concernant l’éveil des sens a été posé. Mme POPOTTE nous a rappelé que la sexualité s’éveille dès la naissance avec la mère dans le contact physique, mais le bébé n’a pas encore de sexualité génitale. Par la suite, la façon dont le parent perçoit le sexe va jouer dans le futur de l’individu pour investir sa sexualité. La morale, la religion vont aussi jouer sur sa perception. Raymond OTTO a souligné que depuis les années 80 le corps a été dénudé dans les publicités sur le gel douche notamment, ce qui conduit à une sexualisation de l’environnement.

Une autre question très débattue est : qu’est ce qui pose problème dans la sexualité des adolescents?

C’est un psychologue du  Québec qui a donné une 1ère approche. Pour lui, le but premier de la sexualité est la reproduction. Elle a aussi une fonction érotique. On doit donc éduquer, former sur la sexualité. Ce qui pose problème selon lui c’est l’aspect marginal du sexe et non sa normalité. Mme PHIPPS, éducatrice spécialisée, intervenant à la Maison des Adolescents, a quand à elle souligné que c’est la souffrance rattachée à la sexualité des adolescents qui pose problème. C’est une sexualité dénuée de beauté, où l’on s’expose. Il y  a aussi la souffrance dans la diffusion des images qui sont intimes. Pour elle la sexualité des adolescents n’est pas liée à l’amour.

Un autre intervenant montrait que pour les jeunes, le sexe se consomme. Pour dire qu’une femme est  bien, on dit « elle est bonne » (expression qui n’est pas issue de la nouvelle génération). Toujours concernant ce qui pose problème dans la sexualité des adolescents, un assistant à noté qu’une relation avec son adolescent se construit dans le temps. Cela sera utile pour lui apprendre à donner de la valeur à son corps. Mais il faut reconnaître que l’adolescent est dans la transgression pour devenir normal. Enfin, quelqu’un a souligné que ce qui dérange parfois, c’est que le corps est présenté comme porteur de plaisirs.

Est-ce l’outil informatique qui cause problème?

Le mal-être de la femme a toujours existé, maintenant on le sait parce que la parole est libérée et la société réprouve nombre de choses comme les mariages forcés, les viols. Pour une dame, ce n’est pas l’outil qui pose problème mais l’éducation pour l’accès à l’outil. L’amour, le bon sens et un peu de pragmatisme va pallier le manque de connaissance sur l’utilisation de l’outil, et accompagner nos enfants malgré nos limites dans ce domaine.

Le débat aurait pu durer encore très longtemps mais il a fallu y mettre un terme. On a retenu que la sexualité s’affiche partout, la pornographie est accessible. Parler à l’enfant, lui expliquer les choses lorsqu’il est confronté avec des images de ce genre. On retiendra aussi que le rapport au corps est lié à la sexualité. En dernier lieu, il faut adapter notre langage : quand notre adolescent nous parle sentiments, lui parler sentiments, quand il parle plaisir lui parler plaisir.

Il aura manqué malheureusement les principaux intéressés, « les adolescents », pour donner leur approche sur la question. A y penser !!!

Koezyon-glob.fr

 




4 Commentaires to “« Sexualité des adolescents aujourd’hui » : débat organisé par l’association des psychologues de la Guadeloupe.”

  1. j’apprends par ma fille qu’une photo d’une adolescente, dans une pose indécente, circule sur les réseaux sociaux.Le pire, la jeune en question ne comprend pas pourquoi les gens font tant d’histoire. Le travail à fournir est plus important qu’on ne le croit.

  2. ce doit être une déformation professionnelle de penser et parler pour les autres.

  3. Pour que les jeunes, les ados viennent, il faut, bien entendu, les inviter, mais aussi informer les institutions qui accompagnent les jeunes au quotidien sur ce type d’actions. Parler des ados, de leur sexualité, c’est laisser les jeunes parler eux-mêmes d’eux, parler eux-mêmes de leur sexualité, eux qui sont les mieux placés pour en parler.

  4. la sexualité d’une génération pose toujours problème à la génération précédente. Malgré nos dires et notre « ouverture » d’esprit, nous voulons que ces jeunes aient la même vision que nous de la sexualité. Certes, ils ont des choses à revoir, comme préserver l’intimité de leurs relations. Mais après, leurs préférences, leurs pratiques dépendent de leur goût et ce que met leur environnement en avant.

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