Séminaire OIH sur la délinquance des 13/18 ans

Séminaire OIH sur la délinquance des 13/18 ans
Le mercredi 7 octobre 2015, il s’agissait pour l’Observatoire des Inadaptations et des Handicaps (OIH) d’effectuer un compte-rendu de l’étude menée sur la délinquance des jeunes de 13/18 ans sur la période de 2005 à 2010.

L’évènement a rassemblé près d’une centaine de professionnels directement concernés par cette problématique : assistants de service social, psychologues, éducateurs etc., d’institutions diverses.

Les mots d’introduction de M. Eric BROUSSILLON, directeur de la structure, ont rappelé combien la problématique de la délinquance des jeunes en Guadeloupe reste un sujet d’importance. La persistance de ce phénomène requerrait qu’il soit étudié avec plus de précisions.

L’enquête a donc mobilisé de nombreux professionnels tel la Police, la gendarmerie, les travailleurs sociaux.

La parole a ensuite été donnée à Gaëlle COMPPER, universitaire, docteur en droit, criminologue, qui a présenté les données recueillies lors de cette étude.

Pour mieux appréhender le travail fait, elle a montré le nouvel arsenal législatif mis en place, faisant référence à la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance qui met l’accent sur le travail en réseau et en partenariat.

Avec ce nouveau cadre, certaines collectivités se retrouvent en 1ère ligne. Le maire, de par sa proximité avec les familles, est légalement l’animateur principal de cette politique de prévention. Il dispose d’outils tel le CLSPD (Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance), instance locale de concertation, permettant de mener un travail avec divers partenaires tel le préfet, le procureur de la République, la police, la gendarmerie, les associations, les élus locaux,.

Un autre outil à sa disposition est le CDDF, le Conseil des Droits et des Devoirs des familles, qui permet la concertation avec les familles.

Le Conseil départemental est lui aussi en 1ère ligne, avec en charge de l’accompagnement des familles en difficultés.

Un deuxième temps a permis de présenter, les zones étudiées, (l’étude a concerné trois types de zones différentes : rurale, urbain, agglomération avec une zone de sécurité prioritaire (ZSP), et les observations de terrain sur le profil des jeunes.

Il s’agit pour la majorité de jeunes au chômage ou en difficultés scolaires. On relève aussi un dysfonctionnement de la cellule familiale, des difficultés économiques de la famille, une autonomisation précoce de l’enfant.

Souvent, ces jeunes se regroupent, presque toujours des garçons. Même si ces regroupements génèrent un sentiment d’insécurité auprès des adultes, il n’y a pas forcément de comportements déviants de la part de ces jeunes.

Autre point qui ressort, le discours de ces jeunes centré sur la fatalité et l’hédonisme : la mort même violente, est le point d’orgue d’une vie de jouissance.

Le mode d’habiter a aussi attiré l’attention lors de cette étude. L’exemple parlant est celui de Marie-Galante, avec l’apparition des cités qui a entraîné un repli sur soi, un affaiblissement de la supervision familiale, le désœuvrement car il n’y a de moins en moins ces activités qui occupaient nombre de jeunes (s’occuper des bêtes, du jardin). On peut citer le dernier phénomène meurtrier qui a endeuillé une mère de la grande galette, rappelons que cela s’est produit dans une cité.

Dans sa dernière partie, Mme COMMPER a fait part des caractéristiques de la délinquance des jeunes en Guadeloupe.

Il y a une typologie similaire à celle des adultes : stupéfiants, insécurité routière et port d’armes.

Mais il apparaît aussi un certain mimétisme de ce qui se produit dans l’hexagone et qui se voit par une évolution, au fil des années des types de délinquance :

– 2005-2007, faits crapuleux

– 2007-2009, faits sexuels

– 2009-2010, violences à personnes.

Face à tout cela, l’essentiel des réponses est l’accompagnement professionnel avec les chantiers d’insertion, les aides sociales et l’accompagnement éducatif et civil. Le placement, l’aide éducative à domicile(AED).

La réponse pénale est aussi appliquée avec le plus souvent des procédures alternatives, mais sont-elles dissuasives?

En conclusion, cette étude sur la délinquance juvénile en Guadeloupe fait ressortir plus que tout, une impossibilité pour ces jeunes en grande souffrance, à se projeter dans un futur certain. Ces constats, ces observations nombreuses à voir notre jeunesse et notre pays perdre ses repères sans réagir concrètement commencent à inquiéter plus d’un. Sans parler de l’insertion professionnelle des jeunes, aspect le plus négligé dans la mise en œuvre de toutes ces politiques publiques qui tendent à mettre en avant toujours la répression. Pour cause, l’emploi des jeunes, à l’aide de contrats précaires, est utilisé malheureusement en Guadeloupe à des fins politiques.

Koezyon-glob.fr




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