Samuel CAZOMONT, Directeur de l’Ecole de prévention et de civisme : « aujourd’hui l’urgence est surtout sociale, face au désarroi des jeunes concernant leur insertion professionnelle… »

Samuel CAZOMONT, Directeur de l’Ecole de prévention et de civisme : «  aujourd’hui l’urgence est surtout sociale, face au désarroi des jeunes concernant  leur insertion professionnelle… »
De nombreuses initiatives continuent de voir le jour, pour que nos jeunes puissent être acteur du développement de notre société. Ainsi, En matière d’insertion l’école de prévention et de civisme s’inscrit dans une démarche innovante

Koezyon-glob : Qu’est-ce qui a été à l’origine de votre association.

S. CAZOMONT : Deux temps forts ont marqué l’émergence de l’école. En premier lieu, en 2009-2011, l’association a  participé  au 10ème  congrès des élus locaux sur la violence et l’incivilité. Le projet a alors été soutenu par les deux collectivités majeures. Ensuite, 2ème temps fort, au niveau national, cette fois, via le ministère de l ‘Éducation Nationale et de la vie associative en 2011, le projet a été labellisé avec un  dans le cadre du fonds d’expérimentation de la jeunesse. Le projet d’école de civisme et de prévention  a émergé en 2011, et les murs ont vu le jour en 2012. Cette école est une fédération,  qui a un rayonnement national, elle accueille des associations filles, où  l’UDPS (Unité de Développement des Premiers Secours) est le 1ere représentation départementale, ARMACIR, association de prévention routière  de  motards qui représente l’école de prévention au niveau de la Martinique, et elle  cherche à continuer son  expansion au niveau de Saint-Martin.

K-G : Comment est organisée la structure ?

S.C : Classique avec un président et un conseil d’administration de l’association de 17 membres parmi lesquels on retrouve des socioprofessionnels dont des sapeurs pompiers qui est ma  profession de départ. Mon travail au sein de l’école correspond davantage aux motivations qui m’avaient conduit vers le métier de sapeur pompier : réagir face à l’urgence. Et aujourd’hui l’urgence est surtout sociale, c’est une vraie urgence sociétale, le désarroi des jeunes face à l’insertion professionnelle et j’ai  voulu porter ma contribution. Au niveau de l’équipe, elle compte 11 salariés et de nombreux bénévoles.

K-G : Concrètement, quelles sont vos actions ?

S.C : Nous avons une organisation sur trois pans d’action. Pour le 1er, l’école est organisme de formation en santé et sécurité au travail. C’est une partie importante qui   permet d’acquérir une forme d’auto financement. Le 2ème volet touche l’insertion sociale et professionnelle   avec des actions qui ont permis à l’école  d’avoir un  rayonnement important. On peut citer  notamment l’ atelier Eveil à la citoyenneté, avec des partenaires comme la Mission locale, L’URSI-G (Union régionale  des structures  d’insertion par l’activité économique), l’Union départementale logement et du cadre de vie, inscrit dans un réseau de partenariat pour ne pas faire tout seul, l’idée étant de inscrire  dans le faire ensemble qui est plus passionnant. Enfin,  Le 3eme pan est la  création d’un mouvement de jeunesse et d’éducation populaire, pour faire passer des messages clairs en termes de citoyenneté, de prévention, de cohésion sociale et être visible dans les quartiers par  des actions pour créer une dynamique.

K-G : Justement quels sont vos partenaires  prioritaires ?

S.C : Nous avons des partenaires différents selon le volet concerné : sur le pan santé et sécurité au travail, nous collaborons avec l’INRS (Institut National de Recherche et Sécurité). Nous menons ensemble un travail de formation sur l’encadrement et les jeunes qui arrivent. Cet aspect de formation des jeunes est très important car nous leur  délivrons  les valeurs auxquelles nous croyons, « s’aider soi même » par exemple en se  donnant les moyens de s’insérer en se formant. Et le domaine de la santé et de la sécurité au travail est un secteur en plein essor. 2014-06-23 12.08.35Beaucoup de ces jeunes se forment à la fonction d’animateur de prévention en entreprise(métier ou fonction auxiliaire en plus de leur métier qui donne à leur entreprise des compétences sur la santé et sécurité au travail.

M. CAZOMONT est intervenant en prévention en risque professionnel (IPRP) donc il est  habilité  par  la Direction du travail pour être référent dans les entreprises sur l’organisation et l’aspect technique des mesures de prévention en milieu professionnel, il est donc un expert qui aide les salariés à s’imprégner de la politique préventive de l’entreprise. Ce savoir-faire est mis à la disposition des jeunes qui fréquente l’école de prévention et de civisme. Cette initiative a  créé une véritable passerelle entre le monde professionnel avec cette entrée »santé et sécurité au travail » et le monde de l’insertion. L’insertion des jeunes passe par travail de fonds avec des adultes référents, pour créer un lien. Le dispositif de parrainage est prôné pour que les aînés  puissent tendre la main à un jeune. C’est le jeune qui choisit son parrain. L’école a créé les rendez vous de l’insertion. Tous les vendredi après-midi, cette opération intergénérationnelle réunit les jeunes, les nouveaux candidats, les professionnels de divers domaines sur une thématique particulière, par exemple le logement avec le CLAJJ, la communication, les techniques de recherche d’emploi, la prise en charge financière des formations (Bred), etc.

K-G : Comment un jeune se retrouve à l’école de prévention et de secourisme ?

S.C : La mise en relation en l’école se fait principalement par le bouche à oreille entre jeunes. C’est davantage un parcours qui tient compte du projet individuel de chacun. Le jeune  arrive avec son projet. L’école fait la mise en relation via son réseau. En 2013 92 jeunes ont été accueillis avec 22 tuteurs. Tous les jeunes commencent par du bénévolat. Jeune accueilli en tant que bénévole en formation, participe à l’atelier éveil a la citoyenneté. En fonction de son engagement et de son profil professionnel on peut lui proposer un stage d’immersion en entreprise,  ou un  contrat de professionnalisation, ou des missions en service civique : ce parcours est adapté, cohérent, dynamique, et peut être revisité. Certains jeunes qui ont commencé comme bénévoles sont aujourd’hui salariés en emploi d’avenir, et peuvent ainsi construire leur projet en VAE.

K-G : Quel bilan faites-vous ?

S.C : Après 3 ans d’expérimentation de l’école,   l’essaimage de ce dispositif va se faire dans d’autres régions de France qui  vont pouvoir bénéficier de ce savoir faire créer localement. C’est donc que le bilan est positif. L’école continue de travailler sur ses projets, avec à Baie-Mahault, la  création de la  réserve communale de sécurité civile qui est la 1ere à être un outil d’insertion avec un double objectif : de sécurité civile par rapport aux  risques  majeurs et risques  naturels,  et d’insertion des jeunes. Cette réserve communale est une recommandation de l’Etat avec une attention particulière à l’insertion des jeunes. Un autre projet est la création d’une  régie de quartier sur grand-camp (structure d’insertion par l’activité économique).  Pour cela, les jeunes, ambassadeurs de la citoyenneté ont développé un climat de confiance avec les personnes du quartier de grand camp pour créer synergie entre ce qui existe,  ce qu’ils souhaitent  faire et le niveau  de compréhension de la population. Ce travail est mené avec la  SIG, bailleur, et le relais territorial des Abymes. Les habitants du quartier ont compris la mission des jeunes ambassadeurs et un climat de confiance règne, base pour  mener un travail efficace. Nous restons persuadés qu’un travail de réseau et de partenariat doit continuer pour mieux accompagner toute cette jeunesse en désarroi.

Samuel CAZOMONT : Unité de Développement des Premiers Secours de la Guadeloupe (UDPS)

Adresse : Boulevard de Houelbourg Z.I. de Jarry – 1242 rue Henri BECQUEREL

97122 Baie-Mahault
Siège social: 2037 Duquerry ‐ 97170 PETIT‐BOURG

Siret : 493 638 332 00012 ‐ Code APE 8559B
Tél. 0690 67 40 81 – 0590 80 13 00
Fax. 0590 80 94 80
Email: udps97-1@anps.fr    udps971@yahoo.frUnité




4 Commentaires to “Samuel CAZOMONT, Directeur de l’Ecole de prévention et de civisme : « aujourd’hui l’urgence est surtout sociale, face au désarroi des jeunes concernant leur insertion professionnelle… »”

  1. … C’est un projet territorial qui se concrétise : les Ambassadeurs de la Citoyenneté, issus de notre Ecole de Prévention, œuvrent en synergie avec les collectivités locales. Merci aux institutions qui nous ont accordées leur confiance !

  2. En plus de l’équipe de Koézyon-Glob, j’exprime mes remerciements à toutes les personnes qui ont contribuées au déploiement de l’Ecole de Prévention et de Civisme/Fédération Nationale :
    – les Educateurs Spécialisés de la Maison Départementale de l’Enfance
    – les Enseignants du lycée Agricole et son CFA; la direction du lycée professionnel du Moule
    – les Entreprises et centre de formation partenaires
    – les cadres territoriaux et les agents communaux
    – les Conseillers d’Insertion Professionnel du Pôle-Emploi et de la Cité des Métiers
    – les chargés de mission du CUCS
    – les Maitres de Conférence de l’UAG et de l’IUFP (Université Paris12)
    – les parents de nos jeunes Ambassadeurs de la Citoyenneté
    – les Tuteurs et formateurs chevronnés faisant parti de notre équipe d’encadrement
    – …

  3. C’est bon de penser aux jeunes. le travail d’éducateur est difficile mais on voit qu’on n’est pas seul. fos pour l’école de prévention et de civisme.

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