Sainte -Anne : Les parents disent non à la fermeture de classes dans les écoles…

Sainte -Anne  : Les parents disent non à la fermeture de classes dans les écoles…
La commune de Sainte-Anne, commune rurale, intégrée à l’intercommunalité de la « Riviera du Levant », avec un pan balnéaire bien connu, fait beaucoup parler d’elle depuis quelques jours, mais pas pour son contexte touristique. Car depuis l’annonce du Rectorat de procéder à la fermeture de plusieurs classes dans les écoles de la commune pour cause de sous effectifs, les parents d’élèves se font entendre. Sont concernées trois  écoles : Bel-étang,  Saint-Protais et  Grands-Fonds. Précisons  que toutes ces écoles sont situées dans des zones rurales.

2Depuis le 29 septembre  2014, ces classes seront donc fermées. Quelles sont les raisons avancées par les parents pour s’opposer à cette mesure ?

Tout d’abord, les enfants vont donc se retrouver dans des classes de plusieurs niveaux, jusqu’à cinq niveaux pour certains, rendant difficiles voire impossibles les apprentissages. Ce qui est sûr, c’est que certains seront « largués ». Arrêtons-nous ensuite, à juste titre, sur un problème en constante évolution dans notre département : l’échec scolaire. Au niveau de l’académie de la Guadeloupe, il est reconnu. Dans le rapport d’informations de M. DOLIGE, de 2009, il est dit qu’il existe « un niveau inacceptable d’échec scolaire dans les DOM ». Actuellement, selon des sources statistiques, entre un quart et la moitié des jeunes des DOM  sortent du système scolaire sans aucun diplôme, ni aucune qualification. Parallèlement, en France hexagonale, seuls 19 % sont concernés.

Convient t-il donc d’accentuer cet état de fait? Face à un échec solaire important reconnu, est-ce sage de se tenir uniquement à une logique comptable?

Il est vrai que chacun est dans sa logique : les parents d’élèves désirant les conditions optimales d’apprentissage pour leurs enfants ; le recteur, un exécutant de l’Etat,  doit mettre en place les politiques nationales et s’en tenir aux chiffres pour l’organisation de la carte scolaire. « Le nouveau gouvernement est, dit-il, sensible à l’échec scolaire ».

Parmi les nouveaux dispositifs pour gagner ce combat, il y a le REP (Réseau d’Education Prioritaire). Ce sont en fait des « super » ZEP qui concernent un collège et les écoles d’alentour. Les établissements les plus en difficulté, se verront allouer une concentration plus importante de moyens. La Guadeloupe bénéficie à l’heure actuelle  donc de 3 REP, situés à Baillif (collège Jean Jaurès), Pointe-à-Pitre (collège de Kermadec) et à Saint-Martin (quartier d’Orléans). Dans l’ensemble du territoire national, de 102 en septembre 2014, leur nombre doit atteindre 350 en 2015. Cet élargissement 3négligeable des REP sous entend, par conséquent, que davantage de zones seront concernées en Guadeloupe, car les critères retenus sont les suivants : taux de boursiers importants, revenus faibles des parents, forte hétérogénéité sociale.

Ces REP se verront aussi attribuer un maître supplémentaire, pour accentuer l’aide aux devoirs et la prise en charge des élèves. Or rappelons le, les parents ont évoqué une donnée qu’on ne peut écarter, le nombre important d’enfants immigrés dans ces classes, avec des parents pas toujours au fait de la langue française et donc moins aptes  à les aider.  Les moyens à déployer doivent donc augmenter et non l’inverse.

Le politique ne peut ainsi d’une main vouloir réduire l’échec scolaire, et de l’autre mettre en place, dès le départ, les conditions de cet échec. Tenant compte de tous ces faits, il semble qu’il soit nécessaire dans toutes ces logiques politiques de spéculer qu’au bout, il y ait des enfants qui eux veulent sans nul doute avoir accès aux apprentissages, dans les mêmes conditions que tous les autres enfants de  France.

M. Bisson-Vaivre, inspecteur de l’Education Nationale a déclaré « vouloir faire de l’école un lieu bienveillant et exigeant, en instaurant des rapports de confiance entre enseignants, familles et élèves…». C’est facile à dire, il est temps alors d’y travailler.

A l’heure où nous publions, l’annonce est faite de la reprise prochaine des cours pour les élèves des établissements de Saint-Protais et Bel Etang, sauf de celui des Grands-Fonds. D’un côté des propositions ont été trouvées apparemment, de l’autre non.

Koezyon-glob.fr




1 Commentaire to “Sainte -Anne : Les parents disent non à la fermeture de classes dans les écoles…”

  1. Cette levée de boucliers des parents de Sainte-Anne, me rassure quand à notre capacité à nous révolter contre l’injustice. C’est trop facile de s’en prendre aux faibles, en croyant qu’ils accepteront tout sans rien dire. Belle leçon pour la Guadeloupe, pour faire valoir nos arguments face à la puissance de l’Etat.

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