Quel avenir pour les emplois d’avenir ?

Quel avenir pour les emplois d’avenir ?
D’après le bilan réalisé par le ministère du Travail à l’occasion d’une rencontre entre le Président de la République François Hollande et des jeunes en emploi d’avenir le mardi 11 mars 2014, les objectifs sont atteints, tant au niveau de leur nombre qu’au niveau de leur cible. François Hollande a affirmé que 100.000 emplois d’avenir avaient été conclus en 2013.

En France, près de 550 000 jeunes sans diplôme sont à la recherche d’un emploi. Ils sont 750 000 si l’on ajoute les jeunes titulaires d’un CAP ou d’un BEP.

Chaque année, ce sont 120 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme, avec un taux de chômage de 22,7 % (contre 9,4 % pour le reste de la population active).

Les emplois d’avenir permettent aux jeunes de 16 à 25 ans (30 ans pour les personnes reconnues travailleurs handicapés) :

  • d’accéder à une première expérience professionnelle en CDI, ou à un CDD de 3 ans ; au minimum d’1 an à temps plein (par exception à temps partiel) ;
  • d’acquérir des compétences ou une qualification reconnue, gage d’une insertion professionnelle durable.

L’État finance 75 % du salaire brut du jeune à hauteur du SMIC pour les employeurs du secteur non marchand (35% pour le secteur marchand).
Conseil Régional et Conseil Général interviennent également, en complément de l’aide de l’État.

Les principaux prescripteurs des emplois d’avenir sont Missions Locales et Cap emploi : ils accompagnent jeunes et employeurs.

Tout au long du parcours de l’emploi d’avenir est prévu un accompagnement personnalisé, à la fois du jeune et de l’employeur : en amont, lors de l’intégration dans l’entreprise en compagnie d’un tuteur, à échéances régulières afin d’anticiper toute difficulté qui pourrait survenir, pour l’élaboration d’un parcours de formation professionnalisant et qualifiant dans ce nouveau dispositif. L’accompagnement réalisé par le prescripteur (Mission Locale ou Cap Emploi) associe le jeune, l’employeur ou le tuteur. Cet accompagnement est-il effectif, en Guadeloupe plus particulièrement ?

L’accompagnement vise à construire ou stabiliser le projet, préparer la sortie en évitant les décrochages, les ruptures, en apportant les réponses nécessaires. Un entretien de bilan se déroule au plus tard deux mois avant la fin du contrat.

Procédure pour une offre en emploi jeune :

Les trois réseaux, Pôle emploi, Missions Locales et Cap emploi, sont chargés du recueil des offres d’Emplois d’Avenir, permettant de définir le poste ou la fonction à occuper au sein de la structure employeuse, ainsi que les perspectives de pérennisation au-delà du contrat en emploi d’avenir.
Les offres sont validées si elles répondent aux critères définis des emplois d’avenir;
Plusieurs candidatures sont alors proposées à l’employeur, décideur final quant au choix de la personne qu’il va recruter.

Les principaux points faibles :

–          De nombreuses incertitudes au lancement du dispositif sur les engagements financiers complémentaires des collectivités et sur la mise en œuvre concrète des parcours de formation

–          Des difficultés de visibilité concernant les budgets pour des engagements de « longue durée »requis

–          Un jeune « pressenti » par l’employeur ne répondant pas toujours aux critères du dispositif

Les points forts :

–          Un dispositif reconnu comme pertinent et efficace par l’ensemble des acteurs

–          Des résultats attendus à l’issue du dispositif en termes de niveaux de qualification

–          Un réel partenariat entre les acteurs du Service Public de l’Emploi, les partenaires institutionnels, les acteurs des territoires et les organismes de formation (avec notamment un plan d’action concerté entre les Missions Locales, Pôle emploi et CAP emploi).

En Guadeloupe, le Conseil Général accompagne environ 150 jeunes dans le cadre des emplois d’avenir. Les autres emplois d’avenir sont répartis à travers les partenaires économiques, institutionnels et associatifs.

En France, selon François Hollande, il est prévu 150.000 emplois d’avenir d’ici fin 2014. Seuls 1500 emplois jeunes seront alloués à la Guadeloupe. Un chiffre très nettement insuffisant, n’est-ce pas ? Alors que chez les 15-24 ans, c’est 60% de la population active qui n’a pas d’emploi et que la Guadeloupe est le département le plus meurtrier de France. Les élus vont-ils mettre en place une stratégie pour permettre à un plus grand nombre de jeunes de sortir de la précarité ?

Quels sont les objectifs des emplois jeunes ? Il semble y en avoir plusieurs. Mais l’objectif principal serait de pérenniser ces emplois et qu’ils deviennent des contrats à durée indéterminée à temps complet. Utopique ? Sans doute, car cela va de la contribution de tout un chacun, de tous les acteurs principaux et d’une croissance économique au beau fixe facteur d’amélioration du niveau de vie de la population et de sécurité. L’avenir des emplois d’avenir reste incertain et leur pérennité précaire, quant à leurs coûts et au maintien de la subvention dans l’état.

S.e.n.

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2 Commentaires to “Quel avenir pour les emplois d’avenir ?”

  1. Infos Institut Schwartz // avril 17, 2015 á 9:28 // Répondre

    D’après une étude de l’Institut Schwartz menée dans six territoires et publiée le 5 février 2015, la formation dans le cadre des emplois d’avenir reste difficile à mettre en oeuvre et les formations des régions ne sont pas toujours adaptées.L’étude met en avant les réticences des employeurs, et notamment les plus petits, à laisser partir les jeunes en formation. L’adéquation des formations aux besoins des jeunes est aussi en question.
    Autres freins : les difficultés liées au financement, notamment pour les structures du secteur non marchand. « Si quelques employeurs peuvent financer une formation sur leurs fonds propres, d’autres en sont incapables », signale l’étude, qui précise aussi que « la difficulté pour beaucoup réside dans la mise en place de formations de façon isolée ; la formation en emploi d’avenir est conçue de telle sorte à produire du ‘sur mesure’ pour le jeune, ce qui nécessite un cheminement particulier avec lui et du temps ». Pour améliorer cet aspect, l’Institut Schwartz propose de mettre en place des formations mutualisées.
    Reste que le dispositif touche les jeunes les moins qualifiés mais pas les plus éloignés de l’emploi : ils « apparaissent difficilement accessibles aux plus jeunes, ceux de la tranche des 16-20 ans qui, disposant de peu d’expériences professionnelles et de moins d’autonomie, se heurtent à la concurrence de leurs aînés », précise l’étude-action.

  2. les emplois d’avenir ce sont des contrats aidés tout simplement. ils servent à démontrer qu’il y a de la solidarité nationale, mais au final ce ne sont pas des emplois pérennes. pour qu’ils le soient, il faut que l’employeur, à l’issue de ce contrat voit la nécessité et le besoin, bien sûr avec la possible capacité financière de sa structure, puisse garder ce jeune.

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