« Pran ti ban-la sizé…Ti cochon la : ki jan ay apré on lannné mouvaj » : fasadé du 5 décembre au Gosier…la synthèse

« Pran ti ban-la sizé…Ti cochon la : ki jan ay apré on lannné mouvaj » : fasadé du 5 décembre au Gosier…la synthèse
Dernier fasadé ? Non. Dernier fasadé de l’année oui. Il eut été difficile après une année riche en échanges de mettre fin à cette aventure des « fasadé ». Par contre, il était important de dresser un bilan pour pouvoir se positionner pour les mois à venir.

Ce dernier épisode s’est tenu au Gosier. La nature s’est chargée de modifier l’organisation, incitant le groupe à se réfugier à la salle Léopold HELENE. Le lieu choisi initialement, le parc du calvaire, site magnifique mais découvert, n’aurait pu nous protéger de la pluie menaçante.

C’est donc avec un certain retard que nous avons débuté la rencontre. Mais cela n’a en rien impacté l’enthousiasme et l’impatience du public, en attente d’un moment enrichissant.

La rencontre a débuté avec les paroles d’introduction de Mme RAMASSAMY, responsable du CCAS du GOSIER, qui a tenu a souligné la qualité des échanges auxquelles elle avait jusque là assisté. Elle a aussi fait le vœu pieux, qu’à l’instar de la ville du GOSIER, que d’autres communes s’associent à ce concept et porte leur soutien logistique et autre, pour que ces façader perdurent.

Après ces mots, dans une visée de collaboration, la parole a été donnée à Mme GASPARD-MERIDE, Présidente de l’association FORCES, organisatrice de la manifestation.

Il était nécessaire de rappeler l’origine du façader pour les nouveaux participants, pour mieux comprendre le chemin parcouru. Elle a fait un retour rapide sur l’historique du fasadé. L’idée est partie d’un groupe de femmes du Moule, qui dans le cadre de leur réflexion s’interrogeait sur le rapport violent entre les hommes et femmes de ce pays, du contentieux qui à l’évidence était persistant.555$

Pour Mme GASPARD, le premier travail a consisté à trouver la correspondance créole du mot contentieux. Les recherches, les questionnements ont permis de s’arrêter sur le « Ti cochon », qui dans la pluralité des termes et expressions proposés, était le plus approprié.

Il fallait aussi trouver des partenaires convaincus et ayant les compétences requises pour nous permettre de faire un voyage dans le temps, et trouver l’origine de ce Ti cochon, et voir actuellement comment il se déclinait. Deux personnalités intellectuelles de la place ont accepté de soutenir FORCES dans ce projet et animent les débats : M. Franck GARAIN, historien et M. Raymond OTTO sociologue. Ils ont su, jusqu’à ce jour, apporter au débat un caractère convivial, qui ne retire rien aux connaissances apportées.

Mme GASPARD a tenu à les remercier pour leur engagement, mais également, l’équipe de KOEZYON-GLOB, qui la suit depuis le début de cette aventure et fait régulièrement une synthèse des différents fasadé. Mme LUISSINT a également eu droit à des remerciements, en sa qualité de chef de projet de l’association pour le travail effectué. C’est cette dernière qui a de suite pris la parole et nous a fait un rappel bref des différents façader. Mme LUISSINT, rappelant qu’elle se basait sur les synthèses rédigées et publiées sur le blog Koezyon-Glob, a fait ressortir le parallèle entre deux époques, avant et maintenant, qu’elle a retrouvée dans les différentes rencontres. Elle a aussi remarqué les visions féminines et masculines de ce ti cochon.

Le premier fasadé a présenté le TI COCHON, qui était bien vivant selon les interventions du public présent à Sainte-Rose. Le suivant, intitulé CONTRAT, a mis en évidence la manière dont la famille fonctionnait sur une forme de contrat où l’enfant était au cœur du projet familial. Actuellement cela n’est plus le cas.

Le troisième fasadé, PLAS, était bien la continuité de ce débat. Il montrait en effet, que la place de chacun avait évolué dans la famille, notamment celui de la femme qui entrait dans la vie professionnelle, devenant ainsi autonome financièrement. S’est posée la question de son besoin de reconnaissance, et surtout quelle place était laissée au père, à l’homme ?

COMPORTASYON, intitulé de la rencontre suivante a permis de voir la pluralité de couples dans notre société et qui trouve un fonctionnement. La aussi, avec le changement d’époque certains comportements semblent ne plus être acceptés par les femmes, ces dernières elles-mêmes revendiquant leur liberté de vivre « sans homme ».

Tous ces échanges, ces rencontres ont permis tout de même de constater, comment l’histoire influence encore beaucoup, nos comportements actuels.

Il s’agit maintenant de « faire ». C’est au sein de cette logique qu’a débuté l’intervention de Franck GARAIN. Synthétisant les mots de Mme LUISSINT, il dit : « Nou ja konprann, alè ka nou ka fè ? »

6666Après plusieurs participations aux fasadé, nous avions ressenti l’esprit qui y régnait : de partage d’informations, de connaissances, personne ne venant avec la science infuse. Les propos de M. GARAIN ont confirmé ce ressenti. C’est avec une grande humilité qu’il a reconnu tout l’apport personnel des fasadé, qui lui ont permis de moduler son comportement, ce qui est sans aucun doute le lot de beaucoup de participants.

Passé ce moment d’émotions il a posé un certain nombre de postulats :

– Autrefois c’est la réussite collective qui était valorisée, maintenant c’est la réussite individuelle. Quand un enfant du quartier réussissait, c’est tous qui s’en trouvait honorés, valorisés.

– Jadis, le projet familial, celui de la mère qui le portait, était basé sur le comportement, le travail pour être une réussite sociale. Maintenant, le travail n’est plus valorisé, d’autres moyens, plus rapides et moins glorieux sont primés : jeux de hasard entre autres.

– Le couple ne dure plus aussi longtemps. Il y a une nouvelle approche du couple qui ne dure plus aussi longtemps, il s’occidentalise.

Selon M. GARAIN, trois caractéristiques du projet familial actuel émergent. Dans un 1er temps, il est matériel. Il faut des revenus suffisants pour emprunter, faire sa maison, on partage les frais de façon systématique. Le projet est aussi éphémère, le couple dure moins, on a recours a beaucoup de structures de médiation. Enfin, le projet familial n’inclut pas les enfants, les institutions proposent des solutions pour les difficultés qu’il peut rencontrer. Les parents n’ont plus prise sur l’enfant. A chaque difficulté, on propose un dispositif. C’est l’enfant de l’Etat, qui n’est plus celui du groupe. On n’a pas de prise directe sur ces choses, mais force est de constater, qu’il y a une véritable éducation à faire pour nous construire et savoir à quelle genre de société nous aspirons. Et de conclure que la famille guadeloupéenne épouse le temps, et que le pays est à l’image es gens qui la composent. Des propos qui nous poussent à méditer.

C’était ensuite au tour de M. OTTO qui a d’entrée parler du jeu de nivelage entre hommes et femmes de notre territoire. En étant toujours en quête de reconnaissance, les femmes ont perdu des compétences au profit de l’homme.

Sur un ton badin, des questions poussant à la réflexion ont été posées. Que sait faire une femme aujourd’hui ? Le repas : roulotte à bokit, le repassage : pressing, la vaisselle : lave-vaisselle, etc. Des compétences qui étaient transmises par la mère, et qui avec la vie moderne ont tendance à se perdre.

Pour les jeunes couples, comment retrouver les compétences perdues? La compétence de transmission illustrée plus haut a tendance à disparaître, ce qui met les générations suivantes en difficulté, car cela préparait à la20141205_183515 vie future. En 2014, il y a de plus en plus de couples sans enfants, donc avec un projet de vie sans enfants. La fonction de reproduction est donc elle aussi mise à mal. Il reste la fonction de représentation transmise, avec le statut que confère le mariage. De nos jours avec les différentes formes d’unions, cette fonction n’a plus d’importance. Si donc toutes ces fonctions propres à la femme sont écartées, que reste t-il ?

M. OTTO constate que l’histoire ne tient pas compte du vécu des hommes. On a toujours défini le malheur des femmes par rapport à la vie des hommes qui serait meilleure. Parler des hommes qui sont coureurs, en occultant qu’ils le font parce qu’il y a des femmes disponibles, c’est faire fi d’une partie de la réalité. Il y a des choses à déconstruire pour avancer dans l’histoire du Ti cochon, en se regardant tel que nous sommes.

Le dernier élément, ce sont les femmes qui choisissent les hommes. Celles-ci ont évolué dans leur comportement à leur retour des études en France notamment. De fait, la société a évolué rapidement entre 1980 et 2014, et a connu plein de nouveautés en peu de temps.

Il y a donc  ce choc dans la relation homme/femme, de ces jeunes adultes pris dans l’étau entre leur connaissance de la modernité qu’ils peuvent mettre en pratique et leur refus de la ruralité qui posent problème. Toutes ces évolutions ajoutent au Ti-cochon et provoquent de plus en plus une réaction de l’homme qui dit « ça suffit ». Il veut qu’on entende sa pensée, ses émotions. Face à tous ces changements, mais aussi face à ces disparités évoquées, des questions se posent alors : « est-on prêt à sacrifier nos positions pour une société meilleure? Qu’est-on prêt à perdre pour améliorer ces relations hommes/femmes ? » Ainsi, c’est sur cette base que le débat a été lancé, en attendant le prochain fasadé.

Koezyon-glob.fr

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8 Commentaires to “« Pran ti ban-la sizé…Ti cochon la : ki jan ay apré on lannné mouvaj » : fasadé du 5 décembre au Gosier…la synthèse”

  1. Article interessant même si je ne suis pas d’accord à 100%

  2. Toutes ces rencontres ne changent pas grand chose à la réalité dans ce pays. Les hommes sont des enfants gâtés qui se croient tout permis. tant que vous dîtes amen à ce qu’ils font vous êtes parfaite. Le jour où vous osez ouvrir la bouche pour dire des choses sensées, bien sûr, pour les remettre à leur place, vous êtes la pire. Conclusion, qu’ils commencent par se remettre en question et viennent assister à ces débats. Si ça pouvait changer quelque chose. Si, car lè on fanm bon, i sav ka pou fè

  3. La base de toute relation durable est l’amour. Si il existe, ily aura le respect,la tendresse.Mais il faut comprendre c’est quoi l’amour ou ce qu’elle n’est pas. Pour beaucoup d’homme l’amour c’est la possession d’un objet qu’il façonne à leur gré. Pour certaines femmes l’amour c’est la soumission. Avec de telpoint de vue, on n’est pas dans une relation d’adultes responsables qui se complètent et qui acceptent l’autre tel qu’il est : c’est ça aussi l’amour. Vaste débat

  4. Le ti cochon est vraiment vivace et on le perçoit dans les discussions informelles, les séminaires et autres. On a tous des idées arrêtées sur l’autre sexe et cela ne permet pas d’aborder les choses objectivement. Les façader ont leur rôle à jouer pour améliorer les relations entre les deux sexes. C’est d’ailleurs leur objectif, il me semble.

    • Le principe récurrent de toute manière est d’éduquer encore et encore car il existe trop d souffrances dans les couples et dans les relations homme/femme.

  5. C vrai les femmes sont superficielles quand elles doivent prendre leurs responsabilités. Les hommes eux sont des cobayes dans tout ça

  6. Les femmes ont beaucoup évolué, mais je ne vois pas si pour elles c’est un progrès. Beaucoup sont seules, aigries et sont loin d’avoir trouvé le bonheur. C’est ensemble qu’il faut avancer, hommes et femmes. le plus rapide doit attendre le plus lent et arriver au but commun fixé.

  7. Très bel échange. le rapport entre homme et femme tend à devenir de plus en plus complexe. Quand vous parlez des compétences perdues, c’est bien vrai. Les jeunes filles se refusent à perdre leur temps à la cuisine. Pourtant c’est là un moyen de manifester son affection à ses proches et de passer un moment acx ses proches.

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