Luciani LANOIR-L’ETANG, docteur en anthropologie : « Il y a en Guadeloupe actuellement un climat de tensions…de tensions mémorielles…il y a des faits qui se sont produits… »

Luciani LANOIR-L’ETANG, docteur en anthropologie : « Il y a en Guadeloupe actuellement un climat de tensions…de tensions mémorielles…il y a des faits qui se sont produits… »
Son parcours

Née dans l’Hexagone, elle y a vécu jusqu’à l’obtention du diplôme d’enseignement de la langue allemande, le CAPES (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Secondaire). Sa carrière, en qualité de professeur d’allemand, a débuté à Basse-Terre, au lycée Gerville Réache. Au cours de sa carrière, précisément en 1989, elle a décidé de commencer parallèlement, afin de se perfectionner dans sa pratique pédagogique, des études en Sciences de l’Education à l’UAG (Université des Antilles et de la Guyane), en partenariat, à l’époque avec l’université René Descartes de Paris.

Elle obtient la licence puis la maîtrise en Sciences de l’Education. Ensuite, elle a présenté un DEA (Diplôme d’Etudes Appliquées) de sociologie, au CERC (Cercle d’Etudes et de Recherches Caribéennes), dirigé, à l’époque par M. Alain Yacou. Suite à l’obtention du diplôme d’études appliquées, elle a donc décidé d’entamer une thèse de doctorat. Elle a alors effectué des recherches de terrain, sur les solidarités en Guadeloupe, « ça m’a appris beaucoup de choses, j’ai travaillé vraiment sur le lien de proximité qui est profondément ancré dans la culture guadeloupéenne », affirme t’elle. Cette recherche a duré 5 ans puis elle a soutenu sa thèse de doctorat en 2003 devant un jury composé de 6 membres à l’UAG. Elle a obtenu la mention très honorable, avec l’autorisation de publier immédiatement, sans corrections. La thèse a été publiée chez L’Harmattan en 2005, sous le sans-titre (72)titre : « Réseaux de solidarités dans la Guadeloupe d’hier et d’aujourd’hui ». Pour elle, la publication a été « l’achèvement d’un cycle de 12 années de questionnement, de recherches sur le terrain et d’analyses ». Toutefois, elle a continué à enseigner l’allemand jusqu’à la fin de sa carrière qui est intervenue en 2011. De plus, elle a été approchée afin d’être habilitée à enseigner les langues et cultures régionales, ce qu’elle a accepté.

K-G : L’anthropologie est-elle liée avec la sociologie ?

LLL : « Tout à fait. Ce sont deux disciplines qui sont liées. La sociologie travaille, selon moi, surtout avec les chiffres, les statistiques, et les faits de société. Tandis que l’anthropologie, elle, essaye d’expliquer pourquoi tel fait de société existe. C’est pour cela que l’anthropologie se sert très souvent de l’histoire pour mettre à jour la chaîne de causalité qui aboutit à tel ou tel fait de société. L’anthropologie s’attache à la synchronie des faits sociaux mais aussi à leur diachronie, c’est-à-dire à leur évolution dans le temps. C’est une discipline qui est connexe avec beaucoup d’autres, la sociologie, la psychologie, l’histoire entre autres. La sociologie et l’anthropologie sont très imbriquées car la société est composée d’êtres humains. Il faut quand même préciser que l’anthropologie a deux orientations principales : l’anthropologie biologique qui décrit l’être humain dans son phénotype et l’anthropologie sociale et culturelle qui étudie tout ce que l’homme a mis en place pour s’adapter à son milieu naturel  que ce soient des productions matérielles ou immatérielles, exemple : édifices ou religions ».

K-G : Vous enseignez l’anthropologie en Guadeloupe ?

LLL : « Oui en tant qu’intervenante à Form’Action, depuis plusieurs années. J’ai sous ma responsabilité des étudiants en travail social, c’est une expérience très enrichissante ».

K-G : Justement pour faire le lien avec le travail social, l’anthropologie est l’une des matières qui contribuent beaucoup à la formation des futurs professionnels ?

LLL : «  Je pense apporter aux étudiants en travail social une connaissance du terrain, parce que dans leur cursus scolaire classique, c’est-à-dire avant d’arriver dans l’école de travail social, les étudiants n’ont pas véritablement de connaissances de leur culture et du terrain d’intervention ; donc du milieu dans lequel ils se meuvent. Ce qui est paradoxal, c’est de ne pas connaître le milieu dans lequel on vit ».

K-G : C’est un peu ce qu’à fait remonter Albert FLAGIE, lors des dernières assises du travail social en Guadeloupe, n’est-ce pas ?

LLL : « Voilà, on est surpris de voir qu’il y a beaucoup de choses que les étudiants ignorent, beaucoup de pratiques qu’ils n’ont pas, par exemple l’observation, la déduction, la construction d’hypothèses, l’analyse. L’anthropologie leur apporte les aptitudes à observer, mettre à distance et à analyser les faits sociaux, ce qui leur permet d’être plus performants, me semble-t-il sur le terrain d’intervention ».

K-G : Précisément que peut rapporter l’anthropologie pour un étudiant, futur travailleur social dans sa profession ?

LLL : « C’est la connaissance des phénomènes de société qui sont particuliers à la Guadeloupe. C’est un environnement culturel qui est particulier par rapport à celui de la Martinique, particulier par rapport à celui de la France hexagonale. Il me semble qu’il importe de connaître ce qui fait l’identité culturelle de la Guadeloupe dans toutes ses dimensions. Parce qu’il n’y a pas une seule identité culturelle guadeloupéenne, il y a plusieurs issues des différentes communautés: la communauté indienne, afro-descendante, syro-libanaise, béké, etc. Toutes ces communautés composent une Guadeloupe multiculturelle. Donc il s’agit de bien connaître ces composantes, et si on ne les connaît pas on ne peut pas intervenir de manière efficace. Par exemple, si un travailleur social a en face de lui une famille qui a une problématique éducative de carences affectives, des parents par rapport aux enfants, on va constater cette carence, mais en même temps, il me semble qu’il est intéressant de savoir l’origine de cette carence affective. On peut faire des hypothèses sur l’origine dans l’histoire. Par exemple, on sait que nous sommes une société de non-dit, si un père aime son enfant il ne va pas forcément le lui dire, et peut-être même aussi la mère. Ce n’est pas dans notre culture de dire je t’aime mais pourtant on peut aimer beaucoup la personne. Donc l’enfant peut penser, en voyant des films à la télé, que ses parents ne l’aiment pas. Il existe ce genre de paradoxe, car la société guadeloupéenne évolue différemment dans sa culture par rapport à la culture dominante. La culture dominante vient des médias, d’internet, etc., mais jusqu’à aujourd’hui il y a des éléments qui montrent qu’il y a une culture dominée, différente, qu’il faut connaître et dont on est obligé de tenir compte. Les jeunes ne savent pas parce qu’ils baignent dans les valeurs de la culture dominante. Quelques fois on peut passer à côté de familles qui sont dans une forme de résistance culturelle ».

K-G : Mais pourtant on a plus l’impression que les générations actuelles sont davantage à la recherche de ces valeurs, de comprendre le sens de l’histoire, alors qu’on a une génération avant qui était dans l’acceptation de tout, de l’extérieur, et sans se poser de questions, non ?

LLL : « Je n’ai pas ce sentiment ; peut-être que le travailleur social qui côtoie les faits de société, de manière intime, est obligé de se poser ses questions là, parce que sinon il n’aura pas de prise sur ce qu’il fait. De manière générale, il me semble que des jeunes, je ne veux pas dire tous les jeunes, ceux qui ont fait des études, qui sont arrivés à un certain niveau (bac+5 et plus), tournent le dos aux valeurs culturelles guadeloupéennes ».

K-G : Pourquoi cela, selon vous ?

LLL : « Parce que la plupart d’entre eux s’en vont. Les ¾ s’en vont, ils partent à l’étranger ».

K-G : Pourquoi partent-ils ?

LLL : « Parce que le système scolaire français vient prélever, en Guadeloupe comme en Martinique, son élite. Et une fois qu’on a répété à de jeunes et brillants diplômés qu’ils ne trouveront pas de postes en 2Guadeloupe, ou ailleurs dans les Outre-mer, eh bien, ils se mettent en tête de partir. Quand ils partent, beaucoup d’entre eux, surtout les hommes, adoptent comme compagnes des jeunes femmes du lieu où ils sont, soit canadien, français, etc. A ce moment-là, ils se détournent des valeurs traditionnelles et familiales, c’est une hypothèse. Ils ne reviennent en Guadeloupe que pour les vacances. Donc la Guadeloupe ou la Martinique ne deviennent qu’un lieu de loisirs ou de villégiature, pour passer du bon temps, mais pas pour venir se poser des questions sur le pays. D’autres jeunes sont quand même conscients, ils aiment leur pays, et tiennent à y revenir ».

K-G : Quel est votre vision globale de la Guadeloupe, sur le plan économique, politique, l’avenir des jeunes, etc. ?

LLL : « Je pense déjà qu’il n’y a pas de place pour les jeunes en Guadeloupe. C’est pour cela qu’ils sont obligés de partir, il n’y a pas assez de place pour eux ».

K-G : Pourquoi ?

LLL : « En tout cas pour ceux qui voudraient développer le pays, ceux qui ont acquis des compétences, qui vont les porter ailleurs, ils ne trouvent pas d’emploi à la hauteur de leurs ambitions. Une autre partie de la jeunesse qui essaye quand même de rester « mè ki ka tchoké ». Ils essaient de se débrouiller comme ils peuvent mais ce n’est pas facile. Et la troisième frange, elle, est dans la rue et essaie de survivre ».

K-G : A qui la faute ?

LLL : « Il me semble que cela est historiquement déterminé. Parce que beaucoup de familles de ces jeunes, n’ont pas de capitaux. C’est l’argent qui est déterminant dans cette affaire là. Si les jeunes ne trouvent pas de travail, à la hauteur de leurs ambitions, que pourraient-ils faire ? Ils pourraient créer des entreprises, comme ils le souhaitent. Il y a beaucoup qui ont des idées, il y a beaucoup qui sont compétents, mais ils ne peuvent pas car ils n’ont pas de capitaux. Les banques prêtent difficilement. Ce serait normal et juste que des jeunes qui veulent entreprendre en Guadeloupe et qui ont des compétences, de leur apporter un soutien pour créer leur place, tout simplement. Il y a une jeunesse qui tient à rester dans son pays et qui vit pauvrement ».

K-G : En 1963 il y a eu une immigration forcée et aujourd’hui encore on est dans le même schéma, on continue de vider le pays d’une tranche de ses jeunes, de ses compétences ; à chaque génération de la matière grise s’en va, donc pas de réel développement ?

LLL : « En plus, ces jeunes qui partent font des enfants en dehors du pays, qui ont peu d’attaches avec la Guadeloupe. On n’a pas la garantie qu’ils vont revenir au pays, surtout tant qu’ils sont jeunes et en activité professionnelle. Donc il ne restera dans quelques générations en grande partie que les anciens. C’est ainsi que l’on construit en partie le vieillissement de la population depuis le BUMIDOM.

K-G : En Martinique M. LETCHIMY a mis en place un programme, via le Conseil Régional, pour le retour au pays des jeunes martiniquais porteurs de projets, avec des aides financières à la clef, l’objectif étant de faciliter leur installation. Qu’est ce que cela veut donc dire ?

LLL : « Le retour des jeunes est une problématique qui est posée depuis un certain nombre d’années. Tout le monde constate que beaucoup de matière grise s’en va. Si une telle initiative est suivie dans les faits, on ne peut que la saluer ».

K-G : Par conséquent, en Guadeloupe, sommes-nous plus retardés par rapport à la Martinique ?

LLL : « Je pense que CESAIRE a ouvert les sillons, en tant qu’homme politique et en tant que poète engagé, il a ouvert des sentiers de réflexion, et que cette réflexion là ne se limite pas à Serge LETCHIMY, elle était là bien avant. Quand CESAIRE a été enterré c’était Papa CESAIRE, le père de la nation martiniquaise. Il y a quand même un substrat au niveau de la conscience et de la réflexion qui est bien présent en Martinique, et qui est en germe en Guadeloupe. Il y a encore beaucoup de questions taboues en Guadeloupe qui ne le sont plus en Martinique, parce que la conscience collective a déjà franchi certaines étapes ».

K-G : En Guadeloupe on est davantage dans des guerres de pouvoir, mais on n’est pas sur un projet de construction de la Guadeloupe, c’est une absence de positionnement adéquat, n’est ce pas ?

LLL : « On perd beaucoup d’énergie effectivement à s’affirmer en tant que personnage, en tant qu’élu au sein de combats de coqs, et qu’est ce qu’on produit en faisant cela ? On perd de vue l’intérêt général, qui est relativement bien installé en Martinique, que l’on respecte, me semble- t-il ».

K-G : Le 10 mai prochain, François HOLLANDE vient en Guadeloupe pour la commémoration du Mémorial’Acte, le CIPN a d’ores et déjà déclaré qu’il n’y participera pas, pourtant membre du comité de création de cette structure mémorielle, suite à sa lettre ouverte au président de Région, selon vous, quelle analyse peut-on tirer de tout ça ?

LLL : « Je viens de lire l’article de Mme JACQUERAY (Présidente du CIPN), à propos du Mémorial’Acte et de la future inauguration, je pense effectivement que le Mémorial’Acte se place dans une problématique mémorielle. Mais ce n’est pas une problématique de réparation. Si on comprend les demandes et exigences des membres du CIPN, ils sont logiques avec eux-mêmes, c’est-à-dire qu’ils disent que tant que le gouvernement français est dans une réparation mémorielle, pour eux c’est du vent. Ce qu’ils réclament c’est une véritable réparation. Exemple : nous parlions tout à l’heure des jeunes qui veulent s’installer dans leur pays, de ces jeunes diplômés, très compétents et très intelligents, comme n’importe quel jeune du monde, qui voudrait retourner dans leur pays, le développer et y créer de l’emploi, parce qu’ailleurs ce n’est pas leur pays, ils restent des étrangers. Pourquoi ne pas aider financièrement ces jeunes à venir s’installer chez eux. Ce ne serait que justice. Ces jeunes devraient avoir le droit d’avoir, ici, la même place qu’ils ont à l’extérieur. Et souvent ça passe par une aide financière. Ce serait un exemple de réparation ».

K-G : On voit que le Mémorial’Acte est politisé, c’est un enjeu politique, pour les régionales, le président HOLLANDE ne vient pas pour se recueillir devant les ancêtres esclaves noirs, n’est ce pas, surtout après avoir avoué publiquement que la Shoa est le crime le plus horrible de l’humanité ?

LLL : « Apparemment le Mémorial’Acte est en train d’être politisé. Effectivement il y aura des personnes qui seront pour ou contre l’organisation des cérémonies de l’inauguration, ça c’est clair. Est-ce qu’il faut le regretter, je ne sais pas, mais en tout cas il y a en Guadeloupe actuellement un climat de tensions, entre autres de tensions mémorielles. Parce qu’il y a des faits qui se sont produits, notamment à Rivière Sens, une Stèle a été érigée récemment et détruite (à Sainte-Rose). Cela prouve que les communautés (afro-descendants, békés, etc.) ne sont pas actuellement là dans une phase d’apaisement. Au contraire, il existe une tension mémorielle. Donc tout ce qui se passe actuellement sera politisé. Tout ce qui sera dit ou tout ce qui sera fait, provoquera des polémiques ».

K-G : Des polémiques, au bénéfice de qui ?

LLL : « Au bénéfice des uns ou des autres, ça dépend. La preuve c’est qu’il y a eu une stèle et qu’elle a été détruite. Les communautés sont en face à face actuellement, il n’y a pas d’apaisement. Tous les faits faisant l’objet de reportages au niveau de la presse, occasionneront des prises de position contradictoires. Depuis ce qui s’est passé le 11 janvier 2015 à Paris, chaque communauté veut être en haut du palmarès des commémorations. Il y a sans doute une idéologie là-dessus qu’il faut fouiller ».

K-G : Pourquoi n’entend-on pas d’interventions concrètes ou de positionnement de nos politiques sur cette idée de mémoire ?

LLL : « Je pense que ce silence permet d’invoquer la neutralité ».

K-G : Est-ce normal d’être neutres ?

LLL : « Les politiques ne sont pas neutres quand ils participent à l’investiture d’un archevêque. La neutralité est à géométrie variable ».

K-G : Pourquoi la population, elle, ne se sent pas plus impliquée que ça pour descendre dans la rue pour s’indigner ?

LLL : « Il n’y a pas d’explosion sociale. Nous avons un seuil de tolérance très bas, il faut vraiment attendre que la coupe soit pleine pour que les gens explosent. C’est un temps qui peut durer longtemps, voire des années. Mais pendant ce laps de temps, où la coupe se remplit, la société implose, elle ne se sent pas bien. Donc il y a beaucoup des phénomènes de violence. Cette violence est intrafamiliale, elle est dans les liens de proximité. Il y a un mal-être qui fait imploser les rapports d’échange avec l’autre soi-même. Et tant que la coupe n’est pas arrivée à un certain niveau, toute cette énergie sous-tendant le désir d’un avenir plus juste se retourne de façon négative contre les individus, au lieu d’aller vers un but commun. Le projet de société est cruellement manquant et à mon humble avis, le peuple est livré à lui-même. Tout est «  au pillage », chacun fait ce qu’il peut ».

K-G : On a des gens qui dirigent mais ce ne sont pas des guides, c’est ça ?

LLL : « Les institutions françaises permettent d’être à cette place là, mais est-ce que ce sont des personnes qui ont véritablement toute la légitimité populaire et une vision pour le peuple qu’ils sont censés diriger ? Il faut tout de même rappeler qu’il y a beaucoup d’abstentionnistes. Le taux d’abstention a été de 51.50% lors des dernières élections départementales ».

Mme LANOIR L’ETANG a l’impression qu’on tourne en rond. Elle n’a pas une vision optimiste de la Guadeloupe, pour le moment. Puisque pour elle, le mouvement de 2009, cet élan d’espoir, qui a permis beaucoup d’avancées au niveau de la conscience collective, a été contrecarré. Elle pense qu’aujourd’hui, la situation est pire qu’avant 2009, le nombre de personnes précaires a augmenté. Nombreux sont les salariés et les retraités dont le pouvoir d’achat baisse régulièrement. Les salaires, les retraites, les aides sociales n’augmentent pas, mais les prix, eux, augmentent[1]. Il y a donc une pauvreté qui s’est installée en Guadeloupe, et de nombreux jeunes par exemple, ne peuvent pas dé-cohabiter et fonder une famille.

Koezyon-Glob.fr

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[1] L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) dans son rapport 2014-2015 détermine les budgets de référence pour une participation à la vie sociale. Ceux-ci varient, par exemple pour un ménage logé dans le parc social entre 1.424 euros par mois pour une personne active seule et 3.284 euros pour un couple avec deux enfants. Les budgets de référence des retraités en couple sont légèrement supérieurs à ceux des actifs sans enfant (respectivement 2.187 euros et 1.985 euros

 




20 Commentaires to “Luciani LANOIR-L’ETANG, docteur en anthropologie : « Il y a en Guadeloupe actuellement un climat de tensions…de tensions mémorielles…il y a des faits qui se sont produits… »”

  1. David-Pierre ANICETTE // avril 28, 2015 á 11:08 // Répondre

    Mèsi on pil Luciani

  2. stone ex nihilo // avril 28, 2015 á 9:17 // Répondre

    Exact!!! Il est grand temps que nous populations, nous personnes éclairées, nous nous positionnons en véritables décideurs sociétaux, chacun à sa manière : dans l’action médiatique, dans l’action de terrain, investir notre temps, investir notre argent pour développer petit à petit ce qu’il nous reste. Le travaille a déjà débuté de toute manière, on voit des initiatives locales se développées de plus en plus, pou nou konsomé local, fonksyoné local an nou, et c’est très bien. Reste à consolider tout ça. Car même si nous n’avons pas d’industries, il nous reste au plus profond de nous ce talent culturel, patrimonial que chacun doit puiser en lui pour être dans la production. Ce n’est pas de la richesse que l’on a besoin c’est d’être un peuple au sein d’une terre pleine de ressources, notre ressource à nous guadeloupéens. Ceux qui se sont enrichis grace à l’esclavage tant mieux pour eux, mais nous restons dans la dignité, à la sueur de notre front.

  3. Comme d’habitude, la Martinique donne l’exemple en terme d’initiatives. « ON » n’a jamais pensé qu’il fallait organiser et favoriser le retour de nos forces vives par des incitations financières? Les populations des DOM seront les plus vieilles de France dans très peu de temps. Cela ne justifie-t-il pas des mesures exceptionnelles comme donner la priorité sur les postes à pourvoir, aux originaires du pays? Ce ne sont pas les autres qui prendront soins de nos aînés, qu’on se le dise. Cé politik la arrété fai démagogie et met zot o travay

  4. cela nous rassure, il y a des personnes dans ce pays qui posent les problèmes. Bravo pour l’émission de Guadeloupe 1ère avec Mmme LANOIR-LETANG qui a mis en évidence l’exil forcé de nos enfants, alors qu’ils rêvent de mettre leur savoir à la disposition de notre île. Espérons que les « décideurs  » ont écouté

    • Nicole,
      Pourquoi devons attendre sur les décideurs ou les politiques ?
      Nous sommes libres de faire ou de ne pas faire le premier pas, les autres pas suivront. Simplement, décidons-nous !

  5. Cet article a fait le buzz ok mais après ? lA CONSCIENTISATION OK, et après ?…

  6. Pli sa kay é pli sa pa kay minm si nou vlé soti an dalo politisyen gwadloup vé pa. Pou yo sé fot an nou pèp la si ayin pa kay

  7. Bien des réflexions foisonnent dans ma pensée à la lecture de cette information.
    — Crises mémorielles, une prise de conscience sans doute.
    — Un manque d’action pour changer les perspectives, nos jeunes sont désemparés et les parents résignés.
    — Les rapports d’échange entre nous n’existent pas, «un combat de coqs» permanent pour la place de chef.
    — Des polémiques stériles qui nous rendent tous léthargiques.
    — Depuis le BUMIDOM nos jeunes cerveaux ne cessent de fuir, même leurs progénitures refusent de revenir au pays.
    — Allons-nous demeurer des immigrés, quand serons-nous des sédentaires ?
    — Quand allons-nous nous accaparer de cet archipel que nous souhaitons être un héritage à transmettre à nos enfants ?

    La lucidité d’un tel écrit m’impressionne.
    Quand serons-nous majoritaires à entendre et comprendre que l’heure de l’action est arrivée ?
    Je suis triste pour nos fils et nos filles…

    • LANOIR Luciani // avril 25, 2015 á 3:07 // Répondre

      Merci Max pour votre contribution à la réflexion. Le dynamisme et l’énergie de nos fils et filles nous font défaut tant qu’ils n’auront pas les moyens de se construire une place dans ce pays, qu’ils soient partis et veuillent revenir, qu’ils soient ici avec le désir de se hisser vers le haut. Je reste persuadée que beaucoup de nos jeunes, sinon la majorité ont la vision d’un pays prospère où chacun, toutes générations confondues, aurait le bien-être auquel il a droit.

  8. La lucidité d’un tel écrit m’impressionne.
    Quand serons-nous majoritaires à entendre et comprendre que l’heure de l’action est arrivée ?
    Je suis triste pour nos fils…

  9. cé moune kon sa, fanm kon sa ki ka montré nou kè fo nou réfléchi a sa nou yé, la nou vlé alè, ki jan nou vlé avansé é épi ki moune ka dirijé nou. Mèsi et on pil fos pou man Lanoir et koezyon

  10. Lyonel Constant // avril 21, 2015 á 4:14 // Répondre

    Il y a quelques temps quelqu’un m’a demandé : »Qu’est-ce qu’un guadeloupéen ? »
    Je lui ai répondu que selon moi « le guadeloupéen au même titre que la nation Guadeloupe est encore au stade de projet. Il est en gestation ».
    Article très riche et très instructif qui conforte certaines réflexions.

    • M. Constant je suis d’avis qu’un guadeloupéen s’il est au stade de projet c’est d’un projet individuel mais en aucun cas je ne pense qu’il s’agit d’idées de projet collectif. Rien qu’à voir les comportements individualistes et incorrects de beaucoup je ne partagerai pas de manière large votre analyse. Certains mettent en place des initiatives collectives mais à regarder d’un peu plus près il se révèle d’un certain narcissisme dans leur fonctionnement sous couvert de l’intérêt général, mais qui au final desservent des intérêts strictement privés et familiaux.

  11. Je retien moi que les politiques se paye bien de nos taite dans cet affaire là ça de mémorial ak et lurel veut couyoné lé guadloupéins il est mauvé ce mecieu fau fè attention a lui

  12. madame LANOIR confirme la nécessité de bien connaître notre environnement. Sans ce supplément nous ne pourrons faire un accompagnement de qualité. De plus notre multiculturalité nous demande en tant que travailleur social d’approfondir les modes de vie des populations étrangères de plus en plus nombreuses que nous suivons.
    Il y aurait encore beaucoup à dire. Très bel article.

  13. stone ex nihilo // avril 20, 2015 á 12:54 // Répondre

    Enseigner l’anthropologie et la sociologie renforcées en formation de travail social est crucial pour nos diplômés locaux. N’en déplaisent à certains, qui prétendent que le diplôme de TS est européen donc que les guadeloupéens diplômés peuvent partir, et que la formation n’a pas vocation directe à injecter des professionnels sur le terrain local. Je pense que les compétences acquises doublées avec la connaissance du milieu, permettent une réelle expertise de l’intervention sociale. De toute façon, en partant ailleurs il faudra toujours étudier le milieu de notre environnement. La pédagogie c’est une fonction qui ne s’improvise pas.

  14. Petitot jacqueline // avril 19, 2015 á 3:22 // Répondre

    Il est rare d’entendre l’analyse suivante: « Quand CESAIRE a été enterré c’était Papa CESAIRE, le père de la nation martiniquaise. Il y a quand même un substrat au niveau de la conscience et de la réflexion qui est bien présent en Martinique, et qui est en germe en Guadeloupe. Il y a encore beaucoup de questions taboues en Guadeloupe qui ne le sont plus en Martinique, parce que la conscience collective a déjà franchi certaines étapes « . En effet en Martinique la notion de « génocide par substitution » formule choc créée par Césaire imprègne de larges couches de la population, notamment les enseignants néo titulaires victimes de mutations forcées en France. Il est objectif d’avoir rappelé cette vérité, alors que globalement la conscience nationale est plus avancée en Guadeloupe du fait de la guerre révolutionnaire menée par les Delgrès et Ignace, pendant que la Martinique avait été livrée par les békés aux Anglais. Elle n’a donc pas connu cette confrontation globale avec le pouvoir colonial, considérant davantage la France comme le pays des droits de l’homme et comme garde fou contre les exactions békés. D’où plus d’illusions assimilationnistes qu’en Guadeloupe. Mais en effet, sur cet aspect, il y a plus de radicalité qu’en Guadeloupe.

  15. LANOIR Luciani // avril 19, 2015 á 1:16 // Répondre

    Cet article a été réalisé avec une remarquable diligence, avec la compétence de professionnels par Koézyon-Glob. Je souhaite à cette jeune équipe, le meilleur pour suite de leurs projets.

  16. Permettez moi de vous féliciter pour cet article. L’analyse de mme LANOIR est très pertinente sur la situation de notre île. A se poser des questions sur les dirigeants.

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