Léon Evariste TONTON, agriculteur déclaré, la voix de la Désirade : « une masse de béton qui va engloutir autant de millions, soit disant pour nous guérir de l’esclavage…et quand on demande un petit truc pour faire des affaires avancer pou ni lajan… misyé pa janmen réponn…».

Léon Evariste TONTON, agriculteur déclaré, la voix de la Désirade : « une masse de béton qui va engloutir autant de millions, soit disant pour nous guérir de l’esclavage…et quand on demande un petit truc pour faire des affaires avancer pou ni lajan… misyé pa janmen réponn…».
Tout le monde se souvient du 24 août 2014 où un homme s’était retranché tout en haut d’une grue, le jour de la visite de chantier du Mémorial’Acte, proposée par la Région (lire sur koezyon-glob.fr  » Mémorial ACTe : ouverture ce dimanche 24 août 2014 du chantier au public, fermeture pour cause du retranchement d’un homme en haut d’une grue », publié le 25 août 2014), et depuis les médias locaux n’en ont plus parlé. Koezyon-glob a souhaité rencontrer ce monsieur que beaucoup ont pensé qu’il s’agissait en fait d’un illuminé qui a simplement voulu attirer l’attention sur lui. Pourtant à y voir d’un peu plus près, ce n’est point le cas.

Cet homme s’appelle M. TONTON Léon Evariste, issu d’une famille nombreuse de la section du Souffleur à la Désirade. Il se définit lui-même comme étant un agriculteur dans l’âme. C’est un brave homme qui n’a pas 2froid aux yeux, comme on n’en voit presque plus dans cette société guadeloupéenne.

Quand il faut qu’il se présente il explique tout d’abord que dans sa vie il a eu trois révélations. La première, alors qu’il avait que 7 ans, il la raconte en disant « ma mère a été contactée par un groupe de femmes qui devaient aller à Lourdes, un endroit où l’on pouvait voir la vierge marie en chair et en os, mais elle ne pouvait y aller à cause de la situation (financière). J’ai alors vu cette gêne qui sortait de ma mère et j’ai même senti ce qu’elle ne voulait pas exprimer. Deux semaines après, en ce temps là j’avais déjà mon petit jardin, je faisais ma petite récolte de maïs. Et pendant que je déballe, je tombe sur un épi plus beau que les autres. L’idée m‘est venue de dégrainer cet épi, alors j’ai pris mon temps. Je ne me souviens pas des unités, mais je me souviens que j’ai compté plus de sept cent graines. Dans ma petite tête d’enfant je me suis dit : an pa komprann, c’est un miracle ! Je me suis dit que les gens veulent aller à Lourdes voir des miracles, mais en voici un. Et puis je pense que mon goût pour la terre est parti dès ce moment là…

…La deuxième révélation, une bonne dizaine d’années plus tard, à Paris, certaines personnes s’en souviennent peut-être, l’homme le plus riche du monde était monsieur Onassis, un grand armateur grec. Son fils qui devait prendre sa suite, a eu un accident d’hélicoptère. Ce monsieur a dépêché un boeing aux Etats-Unis pour lui ramener ce que la science comptait de spécialistes les plus éminents pou yo té vini sové gasson ay. Je revois bien la scène, un journaliste de France avait relaté cela et expliquait que les spécialistes au chevet de son fils, vwè ke paté ni ayin a fè pou sovéy. Malgré tout’ milliards ay ou pé pa achté sé biten la sa ». La 3morale dans tout ceci lui a fait comprendre que l’argent a ses limites.

La troisième révélation, il dit en ces mots que « c’est le jour de l’opération ». Il parle du jour où il était juché sur la grue. Il poursuit en disant : « j’étais perché là-haut ».

Koezyon-glob : Justement, avant, qu’est-ce qui t’as donné cette idée de monter sur une grue ce jour là ? Pourquoi cette décision ?

Léon TONTON : « Je termine tout d’abord sur la révélation. Alors je suis là-haut, je rumine, parce que je suis resté presque 24 heures là-dedans, et ce jour-là il devait y avoir une visite de chantier. Je vois à mes pieds cette masse de béton, le mémorial qui va engloutir … »

K-G : Mais tu savais qu’il allait y avoir tout cela, c’était préparé ?

L-T : « Oui bien sûr…une masse de béton qui va engloutir autant de millions, et quand on demande un petit truc pour faire des affaires avancer pou ni lajan… »

K-G : A qui ? A la Région ?

L-T : «  Oui. Cette masse de béton qui va engloutir autant de millions, soit disant pour nous guérir de l’esclavage. Et je me retourne, et qu’est-ce que je vois dans mon champ de vision, j’ai vu les bateaux ». Il continu 5donc de raconter sa révélation : « Je vous assure que lorsque j’en parle j’ai encore des frissons, je vois dans une cale d’un bateau les ancêtres enchaînés. Et tout d’un coup derrière je vois des paquets, des colis. Je me suis dit yo bizen géri nou de lesclavaj é lesclavaj an nou la toujou an kal a bato-la. Yo ka angorgé nou de pwodui ki ka anpwazoné-nou la vi : mi sé sa ki lesclavaj. Mi la lesclavaj-la yé ».

K-G : Est-ce à dire le fait que des aliments soient emmenés pour nous, c’est le nouvel esclavage ?

L-T : « Oui oui oui, il y a une expression bien connue : le port de la Guadeloupe c’est le jardin de la Guadeloupe. Et cela m’a fait beaucoup réfléchir aussi. Et c’est de là que j’ai compris que cette affaire de l’esclavage, soit disant n’existe pas, mais existe en sous-traitance. Parce que au niveau des assemblées, on ne parle pas des békés, mais le système est là. Ce sont nos propres frères de sang et de couleur ki ka maché si nou é ki ka continié esclavaj la pour d’autres sources et d’autres intérêts ».

K-G : Comment es-tu arrivé à avoir cette analyse ?

L-T : « je n’ai pas fait de grandes écoles académiques, mais quand même, j’ai un vécu, des expériences, j’ai bouquiné, j’observe, c’est quand même une évidence ».

K-G : Concrètement qu’est-ce qui t’a poussé à monter en haut d’une grue, quelle est l’origine de tout ça ?

L-T : «  J’ai passé ma vie en tant qu’agriculteur, à la Désirade. Vous connaissez l’agriculture en Guadeloupe proprement dite, mais à Désirade : biten la rèd, biten la bandé. An babiyé on jou avè sé moun a sécurité social’la, à Saint-François et à Pointe à Pitre, mais les pauvres, ils n’étaient pas pour grand chose finalement dans leur boulot : sé moun la ka pèwmèt-yo vini kontwolé jaden an nou désirade an plen karèm. An plen karèm. Yo mandé nou o jaden a zòt, zòt déklaré, patati é patata. Nou manké goumé avè sé mésyé. Pourquoi, parce que ce sont des gens qui ne sont pas dans la réalité ».

Les faits remontent il y a quatre ans environ. « Les administratifs qu’ils viennent de France ou d’ailleurs et les locaux sé minm lespri la, et les politiciens c’est encore pire », termine t-il.4

K-G : Les administratifs… ?

L-T : « Oui, je veux dire les personnes qui gèrent nos dossiers, c’est ceux qui d’un coup de crayon peuvent te rayer. Et puis surtout nos assemblées, puisque quoi qu’on en dise, yo ka fè nou kwè ke pou nou dévlopé nou fo nou ti ni lendépandans. Moi je n’y crois pas. Parce que dans le cadre de la décentralisation, ti ni dé possibilité ki ka permèt yo de fè on lo biten. La preuve sé ke yo ka konstwi dé biten énorm. La Région devait aller curer les ravines de Saint-Domingue, et revoir leur système d’assainissement, alors qu’il y a des écoles qui se ferment en Guadeloupe parce qu’il n’y a pas d’eau ».

K-G : Donc c’était pour l’agriculture que tu dénonçais ceci ?

L-T : « C’était au niveau de l’agriculture. J’ai passé ma vie en tant qu’agriculteur déclaré. Pourtant on ne peut pas vivre à cent pour cent de ce métier là, on est obligé de jober à côté. Le seul métier qui te permet de vivre décemment à Désirade, c’est soit la pêche si tu es bien organisé, ou alors une fonction administrative, enseignant, à la mairie. Mais au niveau agricole, tu ne peux pas t’en tirer, faut que tu fasses des petits jobs à côté…

…J’ai passé toute ma vie en train de courir derrière ces gens là. Avec Max Mathias MATHURIN, dont j’ai été l’adjoint, on a fait un travail énorme. A l’époque, on avait monté une coopérative agricole, je crois que 6c’était M. PROTO qui était Président de la Région, il nous a aidé, et Max était une bête de travail. On a eu de l’argent pour monter cette coopérative, et on a lancé quelque chose à la Désirade ».

K-G : Elle s’appelait comment cette coopérative ?

L-T : « ça s’appelait la Copade. Dans les années 85/86 par là, on a monté un bâtiment, on a acheté du matériel, des tracteurs, c’était quelque chose de formidable ».

K-G : Donc à cette période ça bougeait bien à la Désirade ?

L-T : « Oui oui oui. Grâce à Max MATHURIN. C’était le maire emblématique, un bougre terrible, à Désirade et même en Guadeloupe. Juste un petit rappel, c’est lui qui devait, au niveau intellectuel était en capacité, à mener la compagnie aérienne Air Guadeloupe. A l’époque, on le pressentait pour être sénateur. Avec un type comme ça, on était parti pour faire bouger les choses. Puis vous savez ce qui est arrivé, on l’a abattu en plein envol, ça nous a abasourdi ».

Par la suite, il explique qu’il a continué, avec l’équipe municipale, la mandature qui était commencée naturellement avec Mano (Emmanuel ROBIN), il poursuit : « et je n’ai pas voulu continuer après, puisque pou mwin an té ka vwè adan Max telman biten, je me suis senti désorienté. An di awa an ka okipé de ti jaden an mwen. Depuis, j’ai pris du recul de la politique, Mano a continué, je l’ai soutenu comme je pouvais. J’ai continué à m’occuper de mon jardin, parce que l’agriculture c’est une vocation. C’est même une sorte de sacerdoce. Un jour ne passe sans que l’on parle de scandale alimentaire, nou ka avalé pwazon. Il parait que 50% des cancers proviennent de ce que nous avalons. J’ai dit non, je ne me vois pas prendre ma petite retraite agricole, et laisser les jeunes sans un support dans cette activité là, aussi noble, à mon avis, et laisser la Désirade9 adan léta la sa ».

K-G : Après la mort de M. MATHURIN, l’agriculture avait commencé son déclin ?

L-T : « Max a été un élément supplémentaire. Avec Max, on savait qu’on allait pouvoir avancer sur beaucoup de choses. En plus, nous sommes rentrés dans une sorte de modernité : tout biten importé ».

K-G : Même à la Désirade ?

L-T : « Oui. Mais c’est encore plus flagrant encore. Je vois venir du charbon qui rentre à Désirade, des fournitures que l’on met dans le court-bouillon, dans le blaff, dé ti pwèl a sé biten la sa yo ka vann dé éwo, sa oblijé fè-w mal sé biten la sa. Alors que dans le temps, Désirade té ka fourni la Gwadloup denrées ».

K-G : Mais qu’est-ce qui s’est passé, il n’y a pas eu de relève ?

L-T : « Il n’y a pas eu de relève pourquoi, parce que, et ça c’est peut-être le gros du dossier : la France notre mère patrie, c’est l’une des seules grandes nations ki ka péyé moun san yo fè ayin. Chak mwa RMI la ka tonbé, mè yo pa vwè, lé pov’, ke pwèl ka poussé anlè min a yo, et puis tu n’as plus de dignité. Mais il ne faut pas tout mettre sur le dos des jeunes, c’est trop facile. Les parents aussi ont une très grosse part de responsabilités. Combien de parents de Désirade et Guadeloupe qui disent : an vlé pa ti moun an mwin travay tè. Travay tè sal, alé asi biro, zot ké fonksyonè. C’était ça le vœu ».

1K-G : Même à la Désirade ?

L-T : « Et encore plus à Désirade où les conditions étaient encore plus difficiles ».

K-G : La Désirade connait de la misère, de grandes difficultés, il y a une misère cachée ?

L-T : «  Oui oui oui. A la fois cachée, à la fois flagrante, i an tout jan. Le visiteur qui arrive et qui ne connait pas, i vwè on chajman 4/4 i ka di woy sé moun la rich. Moun ka viv a krédi. C’est très très mauvais ça. Ce qui m’embête le plus, c’est que lorsque j’allais en Guadeloupe, j’entendais cette histoire de stress, parce qu’il faut aller mettre des papiers en ordre, sé la an té ka konnèt stress lè an té kay Gwadloup. An pa té jin konnèt sa Désirade. Maintenant, de plus en plus, tu sens que les gens sont stressés, ils sont énervés. Mais pourquoi ? Parce que yo ni trèt a 4/4 la a péyé. Les gens sont entrés dans une consommation surdimensionnée. Et dans toutes les maladies, le stress joue un rôle très important. Donc je ne me voyais pas quitter ce métier, et assister que ce pays et cette profession si noble koulé kon sa. Pannansitan nou ka kontinyé anpwazoné nou avè manjé venue d’ailleurs ».

K-G : Qu’est-ce qui manque alors pour que la Désirade reprenne son souffle, selon toi ?

L-T : « Et bien, il faut des volontés. Je crois qu’il y en a à Désirade. Il y a actuellement un jeune qui vient de prendre en mains l’association des agriculteurs, pour remettre un peu d’ordre…

…Il y a donc des volontés, mais il faut les moyens. On constate que sa pa ka intérésé les élus. Sa pa ka entérésé-yo de vwè la Gwadloup dévlopé. Il y a des jeunes qui veulent parce qu’ils ont pris conscience de la chose…

…Il y a la volonté, donc il faut aider ces jeunes là à mettre en pratique leur espoir, é pa ni sa. Alors je me suis dit, je fais des interventions. Même à mon niveau, j’ai fait des interventions au Président de Région, alors8 que j’étais socialiste, parce que Max té sosyalis nou té sosyalis, nou pa té minm sav sa té yé nou rantré adan. J’ai écrit alors au Président de Région avec accusé de réception, sur nos difficultés personnelles, je lui ai demandé un rendez-vous, misié pa janmin réponn mwen ».

K-G : Avec la nouvelle dynamique des jeunes agriculteurs désiradiens, qu’est-ce vous avez déjà mis en place ?

L-T : « Le jeune Raoul té pé di-w sa mié ki mwen, c’est la semaine dernière qu’ils ont monté la structure. Moi à mon niveau, je leur donne les idées. Il faut qu’à 80% minimum sa ka consommé à Désirade, soti de terroir an nou…é sa sa posib. Sa té ka fèt avan, nou té ka jis expoté manjé Gwadloup, voyé pwa, coton, tout zannimo, pwason salé, tout sé biten la sa…

…sé sa ki obligé mwen a monté kou la sa. En plus, ce 24 août 2014 (le jour où il est monté sur la grue), c’était l’anniversaire de la Saint-Barthélemy…Sé bondyé ki pasé men ay…

…On s’était organisé pour aller très très loin dans cette affaire la, et il y aurait eu du grabuge, certainement moi le premier. C’est bien connu ti ravèt pa ka fè nonm douvan poul.

Il explique que c’est grâce à M. Henri YOYOTTE qui, alerté, est venu sur les lieux du Mémorial’Acte, parlementer avec les hommes de loi, et qui a raisonné M. TONTON. Il dit que sans l’intervention de cet homme il n’aurait pas bougé du haut de cette grue. De plus, il lui a été assuré que le Sous-préfet avait prévu de le rencontrer la semaine d’après pour présenter ses projets.

K-G : Pourquoi avoir choisi ce site particulièrement ?

L-T : « Dans leur démarche d’esclavage, regardez tout ça d’argent qu’ils mettent dans ce bloc, soit disant pour nous guérir…et ils ne sont pas capables de nous répondre quand on leur demande un peu d’argent pour faire nos affaires avancer ».

K-G : La semaine d’après tu as rencontré le Sous-préfet ?

L-T : « Oui. Le Sous-préfet de Pointe à Pitre m’a donné rendez-vous. Il y avait beaucoup de personnes dans la salle. J’ai présenté mon projet, ensuite les échanges ont duré pendant plus de deux heures. J’explique également qu’il nous faut un élevage de poulets bien organisé qui réponde aux normes à la Désirade, parce qu’on nous fait manger du poulet aux hormones et ce n’est pas bon…

12…Que me dit alors M. le Sous-préfet de Pointe à Pitre, en ayant le chic de vouloir me désarmer mentalement, il me dit M. TONTON Léon, vous parlez de poulets, mais les poulets qui arrivent de l’hexagone vous coûteraient moins cher hein… »

M. TONTON précise tout de même qu’il n’était pas venu seul, qu’il était au rendez- vous accompagné d’une délégation d’agriculteurs, d’éleveurs et de membres du conseil municipal de la commune de la Désirade entre autres.

K-G : Donc la réunion s’est terminée sans effets ?

L-T : « Mais oui. On m’a juste écouté. D’autant plus que les jeunes à Désirade étaient empêtrés car ils avaient besoin de monter leur structure agricole. J’ai écrit à la Préfète, à la Ministre des DOM, depuis 2014, et toujours pas de réponse, et pourtant j’ai reçu les accusés de réception ».

K-G : Et les responsables au niveau de la Désirade, qu’en est-il ?

L-T : « Lorsque sous l’ancienne mandature on donne 8000 € pour un orchestre venu de la Guadeloupe lors de la fête de la Désirade alors qu’il y a des petites formations dans notre île même. Avec une partie de cet11 argent, il était possible de les aider à acheter du matériel pou yo formé yo é yo ké vini osi performant ou presque ».

K-G : Et le nouveau maire, comment est-il ?

L-T : «  Il est plus réceptif, on peut mieux lui parler. On sent qu’il est venu pour impulser mieux les choses. Il est plus proche des gens, il me paraît plus intelligent, moins arrogant, je pense qu’on pourra mieux travailler avec lui ».

K-G : Quelle est la suite à venir ?

L-T : «  Et bien, au niveau agricole, c’est monsieur VALLS qui va bientôt recevoir ma lettre ».

K-G : Quelle est donc ta vision de la Guadeloupe, de la Désirade ?

7L-T : « Fo nou pwan biten an nou an min. il faut que les projets, que les actions ka émané de nou. Il y a une formule qui dit que si vieillesse pouvait et si jeunesse savait ».

Pourtant il souhaite que les anciens et les jeunes marchent ensemble pour faire avancer les choses communes dans le bon sens du terme. Il estime qu’à son âge, il est là pour apporter son expérience aux jeunes, pour les appuyer dans leurs projets.

K-G : A la Désirade, les gens ont-ils un petit jardin créole à coté de leur habitation ?

L-T : « Oui il y a un petit noyau, et c’est rassurant. Les gens, on ne peut les convaincre que par l’exemple. La meilleure pédagogie c’est la pédagogie de l’exemple. Quand les gens verront les résultats, ils vont adhérer ».

M. TONTON veut rester optimiste. Il voit d’un bon œil, pour le moment, la venue aux affaires du nouveau maire. Avec cette nouvelle équipe, il semble y avoir une bonne dynamique pour gérer les dossiers importants de Désirade, et notamment celui agricole. En tant qu’agriculteur, Léon continu encore de cultiver, d’innover, toujours en restant dans le bio. Il cultive et teste au sein d’un jardin créole, du maïs, du manioc, de la patate douce, le ka manioc doux. Avec des agriculteurs de la Désirade, il travaille sur une légumineuse et notamment pour être à la pointe sur l’association d’une céréale et une légumineuse.

Pour lui, deux hommes ont marqué sa vie, il s’agit d’Aimé CESAIRE et Nelson MANDELA. L’esclavage, selon lui, est moins une affaire de race, que de classe, parce que chaque catégorie avait ses esclaves, il suffisait d’être important, donc pas forcément blanc. Dans son cœur, il a toujours une pensée profonde pour Max MATHURIN, qui selon lui est parti trop tôt. Il tient formellement à remercier profondément des personnes telles M. YOYOTTE, Mme LOSIO et leur fille Julie. Egalement les héritiers MATHURIN de la Désirade.

Koezyon-glob.fr

 




6 Commentaires to “Léon Evariste TONTON, agriculteur déclaré, la voix de la Désirade : « une masse de béton qui va engloutir autant de millions, soit disant pour nous guérir de l’esclavage…et quand on demande un petit truc pour faire des affaires avancer pou ni lajan… misyé pa janmen réponn…».”

  1. Donc résumé du mémorial acte : nous payons pour recevoir les personnalités, mais nous n’aurons pas accès au site ce jour la car on n’est pas des VIP. La visite pour les contribuables est surement prévue la semaine prochaine pour que nous nous gardions en mémoire ce que nos ancêtres ont vécu. LOL

  2. Bonjour,
    je suis originaire de la france métropolitaine, du sud plus précisément. J’ai lu avec un très grand intérêt l’interview de M. TONTON. J’ai été interpellé par l’un des problèmes qu’l soulève, relatif à la qualité des produits importés. Je reste étonné de voir les personnes consommer très largement des fruits importés comme les pommes, qui ont déjà voyagé pendant des milliers de kilomètres et sont remplis de produits chimiques, au détriment de vos excellents fruits. Je crois que ce monsieur a le mérite de poser la question du développement agricole voulu : quantité ou qualité?

  3. Merci koezyon de mettre au grand jour tout ça. pa caché ayin

  4. jentends à l’instant sur les ondes de RCI, le maire de capesterre de Marie-Galante parler de sa difficulté à se faire entendre pour le problèmes des sargasses, car elle n’est qu’une petite commune. Tout ça pour dire à M. TONTON, que cé on sport nasional dè pa koutè sa moune ni a di.Sa pa ka intéréssé yo.

  5. le mémorial act est un sujet sensible. Mais il le semble que l’article fait davantage ressortir les problèmes liés à l’agriculture à la Désirade et le manque d’écoute des institutions. La visite du mémorial act n’a été qu’une opportunité saisie pour être entendu.
    En dehors de tout cela, le problème de notre autosuffisance alimentaire se pose car comme le dit M. TONTON, on s’empoisonne à avaler ce flot de nourriture conditionnée pendant des mois et on se rend malade.
    Je reste d’accord que la Guadeloupe doit mettre en place une politique agricole qui nous permettre de développer nos potentialités et de nous permettre d’avoir des aliments de qualité et dont on aura la traçabilité.

  6. je n’entendais plus parler de ce monsieur qui avait fait le buzz le temps d’une journée. C’est dommage qu’il faille arriver à de telles extrémités pour se faire entendre. Nous ne sommes écoutés qu’en période électorale, le reste du temps, l’électeur-citoyen n’a pas d’intérêt.

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