Le COREDAF « Accompagner encore et encore, toujours sans jugement »

Le COREDAF «  Accompagner encore et encore, toujours sans jugement »
Les addictions restent une  problématique à laquelle sont confrontés les secteurs du social et du médico-social. Depuis un certain nombre d’années les professionnels s’activent à accompagner les personnes touchées à travers des structures diverses. Il s’agit pour la plupart d’associations, dont l’une des plus connues de notre Département, le COREDAF.

Nous avons pu, à travers un entretien riche en informations, mieux comprendre l’accompagnement mis en place. Ceci, grâce à M. STRALKA, psychologue et Mme CALIF, Assistant de Service Social, tous deux intervenants au centre de soins du COREDAF.

 Bref historique du COREDAF

C’est en 1985 que voit le jour l’association COREDAF (Comité de réflexions, de Recherches  d’Action et de Formation en vue de la Prévention de déviances psychosociales).

Sensibilisé par la place de plus en plus importante prise par la toxicomanie, des travailleurs sociaux ont mis en place cette association  afin de mener des actions de prévention et d’assurer la prise en charge des personnes concernées et de favoriser leur accès aux soins.

Au départ deux unités de soins, une à Basse-Terre et l’autre à Pointe-à-Pitre, permettent la prise en charge des usagers. Ce n’est qu’en 1989 qu’est installé le Centre de Soins Spécialisés pour Toxicomanes (CSST), par une conventionnée signée avec l’Etat afin que le COREDAF assure la gestion du centre de consultations.

Au fil des différentes conventions signées avec l’Etat la structure évolue, devenant tour à tour, Centre de Soins Spécialisés pour Toxicomanes sans Hébergement, gestionnaire d’un appartement thérapeutique, et en 2009 Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA). Entre temps en 2002, Conformément à la loi du 2 janvier 2002, le centre de soins est devenu un établissement médico-social. A ce jour le COREDAF est l’association gestionnaire du centre de soins.

 K-G : Comment est organisée la structure ?

C’est au cœur de Pointe-à-pitre, au sein de l’immeuble BDAF situé au boulevard Légitimus que l’on retrouve le COREDAF, ce qui lui confère une bonne accessibilité pour les usagers.

Pour les recevoir, une équipe pluridisciplinaire formée d’un pôle technique d’une part, avec 3  médecins, 3  psychologues,  2 éducateurs et 1Assistant de service social.

Au sein du pôle administratif on retrouve 2 secrétaires et le Directeur.

K-G : Quelles sont vos principales missions ?

Le centre de soins du COREDAF a une mission de prévention et d’information. C’est dans cet esprit qu’il participe à de nombreuses actions d’informations sur le terrain, notamment dans les établissements scolaires, tels que les collèges. Ceci s’avère d’autant plus pertinent que l’on sait que les jeunes s’exposent de plus en plus tôt à la consommation de drogues. Il a aussi pour mission de favoriser l’accès aux soins et la prise en charge des toxicomanes. Et en dernier lieu, une mission d’accompagnement vers l’insertion. 

 K-G : Comment remplissez-vous la mission de prise en charge des soins ?

Une consultation est prévue pour  public de jeunes consommateurs : « La consultation jeune », mise en place en 2006.  Elle s’adresse à des jeunes de moins de 25 ans, qui ne sont pas encore des consommateurs réguliers. Le plus souvent ils sont orientés par le parquet, les établissements scolaires ou viennent à la demande de leurs parents. L’objectif poursuivi est de les empêcher d’évoluer vers une véritable dépendance vis à vis de ces produits.

Après une évaluation et une proposition de prise en charge, dans laquelle ces jeunes consommateurs doivent s’impliquer, un référent est désigné pour leur accompagnement. Pour cette consultation jeune, il s’agit soit d’un psychologue, soit de l’assistante sociale. Cette dernière comme les autres membres de l’équipe étant titulaire d’un DU d’addictologie (Diplôme Universitaire).

L’autre consultation, s’adresse à des publics de consommateurs réguliers, en situation de dépendance. Souvent ces derniers sont orientés par la justice, la famille ou même l’employeur.

L’équipe travaille avec la personne sur sa motivation  et surtout à partir de sa demande. « L’objectif n’est pas la consommation zéro, c’est la personne qui voit s’il elle le souhaite. ». Il est important que l’usager se rende compte lui-même de ce qui constitue un frein à l’atteinte de ses objectifs en termes de sevrage.

La base de la prise en charge est la relation de confiance et d’honnêteté. Pour M.STRALKA, psychologue « si l’on travaille sur du pipo, le résultat sera du pipo ».Les professionnels précisent alors aux usagers que « ça ne sert à rien de mentir , si tu as consommé dis le moi. Moi je peux t’accompagner encore et encore sans jugement, mais je dois savoir la vérité pour être efficace …..».

C’est un travail de longue haleine. Heureusement le public de la structure est un public de personnes insérées, et qui de ce fait bénéficie du soutien de leur entourage.

 K-G : Quelle évolution constatez-vous dans ce secteur ?

Mme CALIF, Assistante de service social dans la structure constate une évolution dans l’âge des consommateurs : ils sont de plus en plus jeunes. Or l’on sait les effets  de telles substances sur le cerveau, pas encore à maturation et sur l’émergence de pathologies schizophréniques. A cela s’ajoute le manque de motivation avec une baisse des résultats scolaires.

cocaUne autre évolution concerne les produits, avec la cocaïne qui est de plus en plus consommée avec un réajustement des prix qui en  facilite l’accès.

Les professionnels doivent aussi se former avec l’apparition de nouvelles addictions sans produits, portables, jeux vidéo, télévision.  Ces formes s’installent rapidement dans notre département.

Pour l’équipe du COREDAF, le travail de prévention et d’information doit continuer, d’autant plus que la perception du public a changé. En effet, le cannabis est de plus en plus banalisé, à tort ce qui entraîne une consommation régulière et plus étendue. C’est un travail de longue haleine.

COREDAF Guadeloupe, Pointe à Pitre 05 90 90 38 79

Koezyon-glob.fr




1 Commentaire to “Le COREDAF « Accompagner encore et encore, toujours sans jugement »”

  1. De telle structure reste évidemment nécessaire pour un meilleur accompagnement des usagers de drogues. Cependant, nous professionnels de terrain nous savons que leur nombre est insuffisant. Le problème des addictions demandent que les moyens importants soient mis en place pour mener une lutte efficace.

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