Le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) : un recours pour les femmes en difficulté.

Le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) : un  recours pour les femmes en difficulté.
Le CIDFF est une référence dans le monde du social notamment pour les femmes qui sont victimes de violences conjugales. C’est une association Loi 1901, créée en 1989, bientôt 25 ans d’existence pour lesquelles une manifestation est prévue. L’objet même de l’association est l’accès aux droits et l’égalité hommes/femmes. Le CIDFF dépend d’un réseau national, le CNIDFF qui leur donne un agrément.

Mme Katty LASKARI est la directrice de la structure. Titulaire d’un master en droit, l’essentiel de son parcours s’est fait au CIDFF où elle est restée de 2002 à 2004. Après une expérience dans un cabinet d’huissier, elle a été coordonnatrice d’un relais associatif jusqu’en 2007. Elle est ensuite retournée au CIDFF où elle occupe le poste de directrice de la structure et de juriste.

Elle dit « animer un groupe dynamique ».L’équipe du CIDFF est composée  outre la  juriste qui est aussi la directrice :

–  Un agent d’accueil social (Mme BRASSELEUR) qui informe et oriente  en interne les personnes reçues après un      premier diagnostic, mais aussi en externe si cela ne dépend pas du CIDFF.

– une Conseillère en Economie Sociale et Familiale (CESF), en la personne de Mme BALIN-BAHIJIA, qui intervient sur des pôles liés au à l’accès aux droits et AVDL (pour personnes avec problématiques liées à l’insalubrité, la violence, le budget) l’accompagnement au budget, les ateliers alimentation.

– Une professionnelle  rattachée au Pôle  Parentalité (Mme DIOLOGENT), ou l’on traite tout ce qui se rapporte au rôle de parents. Beaucoup de jeunes avec des problématiques liées à la parentalité sont orientés par le CRIJ (le Centre Régional d’Information Jeunesse). Ce pôle travaille aussi avec la maison des adolescents, mais aussi intervient pour les recherches de crèches,  accompagne les femmes  dans les cellules d’écoute comme « Dé mo kozé », met en place des groupes de parole avec le conseiller conjugal,   des activités pour les enfants etc. Outre ces professionnels, une permanence d’avocats bénévoles complète l’équipe.

Pour Mme LASKARI, « la mission première de la structure est l’accès aux droits avec l’aspect juridique, mais aussi l’aspect aux droits sociaux ». La juriste informe et oriente. Egalement des conseils sont donnés par les avocats.

Le CIDFF est impliqué dans nombre d’actions au niveau du département.

Le CIDFF participe à des actions en milieu scolaire avec la juriste. Les  interventions visent surtout à faire « de la prévention sur les violences ». Le CIDFF travaille beaucoup avec les Assistants de Service Social scolaire. Pour la directrice, «sensibiliser les scolaires sur les différentes formes de violence est une priorité. Cela se fait par le biais d’outil comme des plaquettes d’informations, d’affiches sur les bus, d’exposition avec des panneaux sur le mariage forcé, l’excision, etc. pour connaître ce qui existe ailleurs et de voir la chance qu’elles ont d’être françaises, de pouvoir avoir un copain ». 

laskariMme LASKARI intervient à la Chambre des Métiers sur le droit du travail ou pour des gens en réinsertion sociale sur les freins liés à la famille ou a une aide sociale.

La juriste intervient aussi au Point d’Accès aux Droits (PAD) du Moule les 1ers et 3èmes jeudis du mois. Sur ce site, Mme LASKARI note que « les problématiques les plus courantes au niveau du Nord Grand-Terre sont généralement liées à la filiation et à la succession. Il y a très peu de violence mais plutôt des conflits conjugaux ».

En 2006 le CIDF étend son action non plus seulement à la femme mais aussi à la famille, passant de Centre d’Information des Droits aux Femmes à Centre d’Information aux Droits des Femmes et des Familles (CIDFF). Les hommes font partie de la famille. A ce titre, ils sont très présents au Point d’Accès aux Droits du Moule.

Le constat qui est fait est que les hommes s’informent moins. Ils ont pour habitude de ne pas se plaindre. Cependant la tendance change. Nombre de pères sont en souffrance par rapport à leurs enfants non reconnus. « Quand il y a une difficulté, ils se rendent compte que malgré leur investissement financier et affectif pour cet enfant, légalement ils n’existent pas car ils ne l’ont pas reconnu » nous rapporte Mme LASKARI. Or tous ces pères veulent maintenant, plus que jamais, s’investir dans la vie de leur enfant. Culturellement certaines tâches sont dévolues aux femmes : éducation et encadrement de l’enfant, tandis que le père est davantage vu comme le pourvoyeur de finances. Or beaucoup se rendent compte que les femmes évoluent elles aussi avec de nouveaux droits, mais parfois moins présentes pour leur enfant.

Il ressort de ces constats que ces hommes méritent d’être accompagnés, surtout les auteurs de violence conjugale. Après ces actes, ils peuvent se retrouver expulser du domicile, sans accompagnement psychologique. Beaucoup d’enfants reconnus, les pères sont perdus quant à leur autorité parentale, leurs droits. Beaucoup d’enfants reconnus par des hommes qui ne sont pas leur père (exemple : un enfant reconnu par deux pères).

La juriste intervient aussi au Point Accueil Ecoute Jeunes PAEJ (voir article sur le blog koezyon-glob.fr). La CESF intervient à la Maison d’Insertion de Gourbeyre sur rendez-vous.

La structure du CIDFF anime également des ateliers d’informations sur des thématiques diverses comme informer sur les organismes compétents sur le droit du travail (à la cité des métiers par exemple), la violence etc. Les communiqués se font  dans le quotidien France Antilles et sur les radios pour les dates et les thèmes de ces ateliers.

Le CIDFF travaille avec le Conseil Général (CG), sur les JDE, notamment avec l’association Mosaïque qui fait un travail sur la culture avec les enfants en situation de handicap. Mosaïque permet aux enfants d’avoir un loisir, d’exprimer certaines choses au travers de la peinture par exemple. L’année dernière était mis en place un atelier avec parents et enfants. Cela a permis aux parents de découvrir certaines activités qu’ils ne pensaient pas pouvoir faire, et de passer du temps avec leurs enfants. Le thème de l’exposition choisi par le CG était « Regards croisés ». D’ailleurs certaines toiles étaient au SALAKO, lors des Journées Départementales de l’Enfance (JDE), les Journées Tables Rondes le 21 novembre 2013 (voir article sur le blog koezyon-glob.fr).

Le CIDFF depuis 15 ans a développé un volet pour la lutte contre les violences faites aux femmes, avec un  appartement-relais pour héberger les femmes en situation d’urgence, avec accompagnement pour les amener vers l’autonomie. Cet accompagnement englobe un aspect juridique, professionnel, éducatif. Pour les femmes victimes de violences conjugales, trois variables sont possibles : accompagnement, orientation, sensibilisation scolaire.

L’appartement-relais pour les femmes victimes de violence peut héberger 4 femmes avec 2 enfants maximum car ce sont des chambres, c’est une colocation. Elles ont l’aide d’une psychologue pour les aider à gérer leur souffrance ; le reste de l’équipe les accompagne pour leurs diverses démarches. Avec l’association GUADAV, structure d’aide aux victimes, « on gère tout ce qui est pénal » rappelle Mme LASKARI, avec l’aide des avocats qui interviennent au CIDFF.

Il existe aussi, selon Mme LASKARI « une problématique spécifique de la femme étrangère victime qui n’ose pas porter plainte. Les maris adressent des courriers à la Sous-Préfecture et l’on supprime leur titre de séjour. Elle se retrouve dans les CHRS en situation irrégulière. C’est un frein à leur réinsertion sociale et professionnelle. Il y a des articles de loi qui autorisent les femmes dans ces cas-la à avoir un premier titre de séjour pour continuer à résider. Il y a des démarches à faire,  aller vers l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII), pour leur titre de séjour demandé à la Sous-Préfecture. Mais pour cela on leur exige une ordonnance de protection sinon on ne délivre pas de titre de séjour ».

Dans un contexte global, le CIDFF essaie du mieux qu’il peut de faire bouger les choses. Il tend à informer les femmes sur l’Ordonnance de Protection délivré par le Juge aux Affaires Familiales, faire toutes leurs démarches dans un cadre sécurisé, avec interdiction pour l’homme de s’approcher. L’équipe du CIDFF collabore par ailleurs au PRIPI (Programme Régionale d’Intégration des Personnes Immigrées).

De nombreux projets sont à l’étude.

En premier lieu, le CIDFF doit créer des outils d’informations pour le public mais aussi pour les professionnels. Le CIDFF intervient sur l’intermédiation locative avec le  projet d’avoir un appartement qui sera sous-loué à une famille. Cela permet d’humaniser l’hébergement d’urgence. En effet ce n’est pas évident pour des femmes qui doivent faire face à de la violence, de quitter leur domicile et de se retrouver en colocation avec des personnes qu’elles ne connaissent pas. De plus, ce dispositif permettra d’élargir l’accueil aux enfants majeurs ; car jusque là, au delà de 15 ans, on ne pouvait les accueillir. Deux appartements sont prévus qui seront situés dans ce projet seront sur l’agglomération pointoise.

Au niveau des professionnels le CIDFF a un projet de séminaire relatif aux violences spécifiques à une catégorie de femmes Ce séminaire portera sur l’accueil, l’écoute, l’orientation de ces femmes, ainsi que sur les différentes procédures pour leurs démarches judiciaires.

Madame LASKARI pense «qu’il y a une nécessité de davantage de cohésion parmi tous les partenaires qui œuvrent autour de la violence conjugale. Il faut aussi développer un Point d’Accès aux Droits dans toutes les communes pour permettre  à tous d’être informés ».

Le CIDFF reste en Guadeloupe une structure de référence pour l’information et l’accompagnement des femmes et des familles en général.

Infos : CIDFF 0590.82.52.92

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2 Commentaires to “Le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) : un recours pour les femmes en difficulté.”

  1. Votre blog a le mérite de faire connaitre les structures qui interviennent dans le social, c’est une très bonne chose. Le CIDFF offre un accueil de qualité aux femmes victimes de violence, j’en ai fait l’expérience.

  2. je suis heureuse de voir que l’on s’intéresse aussi aux hommes en détresse. même si ce sont eux les agresseurs, il y a un vrai travail d’accompagnement à mettre en place pour éviter la récidive et lesaider à sortir de cette violence.

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