Le Centre Communal d’Action Sociale du Gosier : une Action Sociale plus ciblée, « Mon objectif, en arrivant, était de construire un vrai Service Social. Il fallait sortir de la logique de distribution d’aides, et porter une vraie réponse à l’usager », Régine RAMASSAMY.

Le Centre Communal d’Action Sociale du Gosier : une Action Sociale plus ciblée, « Mon objectif, en arrivant, était de construire un vrai Service Social. Il fallait sortir de la logique de distribution d’aides, et porter une vraie réponse à l’usager », Régine RAMASSAMY.
Le Gosier, ville touristique et faisant partie du grand ensemble intercommunal du Sud-Est Grande-Terre, la Communauté de Communes « La Riviera du Levant » avec Sainte-Anne, Saint-François et La Désirade, est une ville en mutation, compte tenu des nouvelles réglementations de l’Action Sociale.

C’est sur le site du nouveau centre administratif (ex site AFPA), qui accueille plusieurs services dont le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), que nous avons été reçus par sa directrice madame Régine RAMASSAMY, récemment arrivée dans ce service.

Le CCAS, depuis quelques temps, s’inscrit dans une nouvelle dynamique, cherchant à mieux répondre aux différentes missions qui lui sont dévolues. Pour mettre en oeuvre ce nouvel élan, il s’appuie sur trois points : une équipe restructurée, une analyse des besoins sociaux, des actions plus ciblées. De manière générale, pour les administrés de communes, le CCAS reste un point de référence de proximité en matière d’aide sociale.

Comment se situe donc l’intervention d’un CCAS ?

Ancien Bureau d’Aide Sociale (BAS), le Centre Communal d’Action Sociale est un établissement public communal créé par la loi du 6 janvier 1986, suite aux premières lois de décentralisation de 1982 et 1983, transférant les compétences de l’action sociale vers les collectivités territoriales. Les missions du CCAS sont précisées par le décret du 6 mai 1995. Sur le territoire communal, le CCAS développe des missions légales ou facultatives. 2Ainsi, il instruit pour ses administrés des demandes de RSA (revenu de solidarité active), d’APA (Allocation Personnalisée à l’Autonomie), de CMU (Couverture Maladie Universelle). En matière d’aide, il peut accompagner les usagers confrontés à des difficultés sociales, par le biais d’aide alimentaires, financières entres autres.

Présidé par le Maire qui est secondé par un Conseil d’administration composé d’élus locaux, de personnes qualifiées dans le secteur social, chaque CCAS définit sa politique sociale par le biais de son règlement intérieur.

Quelle méthodologie emploie la ville du GOSIER à travers le CCAS pour remplir ses missions ?

Une équipe restructurée…

Le CCAS du Gosier est dirigée depuis juillet 2013, par Mme RAMASSAMY. C’est elle qui nous a guidés lors de cette rencontre. On a alors voulu en savoir davantage sur elle avant tout.

Koezyon-Glob : Afin de mieux vous connaître, pourriez-vous nous dire quel a été votre parcours professionnel?

Mme RAMASSAMY : « Ma formation de départ est psychologue gérontologue. J’ai commencé à travailler en Métropole dans une maison de retraite. Je suis revenue en Guadeloupe ou j’ai évolué dans le secteur privé en tant que formateur/consultant, notamment en travaillant sur le projet AFPA. J’ai également formé la première promotion de CIP (Conseillers d’Insertion Professionnelle), qui débutait en Guadeloupe. En 2002, je suis entrée dans la fonction publique, avec un poste d’Attachée au Conseil Général. Après avoir occupé plusieurs postes, en 2013, je suis devenue Attachée Principale. J’ai saisi alors une opportunité qui s’est présentée d’intégrer la Mairie du GOSIER, en tant que Directrice du CCAS ».

K-G : A votre arrivée, dans quelle direction vous êtes vous orientée?

Mme RAMASSAMY : « Mon objectif, en arrivant, était de construire un vrai Service Social. Il fallait sortir de la logique de distribution d’aides, et porter une vraie réponse à l’usager ».

Elle a donc proposé un programme d’actions au maire. Sans l’écoute politique et le soutien fort du directeur général des services, elle pense que les changements auraient été plus difficiles à mettre en œuvre.

K-G : Au niveau de l’équipe qui vous entoure, quels changements ont eu lieu?

Mme RAMASSAMY : « Nous avons, depuis novembre 2014, embauché une assistante de service social, ce qui fait qu’elles sont deux à travailler sur les actions que nous menons. Avec les autres membres de l’équipe : 5 instructeurs de dossiers et une équipe de portage de repas, nous formons un groupe structuré et dynamique ».

Pour Mme RAMASSAMY, porter des changements au sein d’une équipe n’est pas toujours facile, compte tenu des habitudes qui sont déjà instaurées. Cependant, elle persévère et voit les résultats.

Un autre point fort : l’Analyse des Besoins Sociaux (ABS)…

Pour elle, la première action à mener consistait à faire un état des lieux de la structure afin de déterminer vers quelles pistes de travail s’orienter. Cela nécessitait la mise en place d’une ABS. L’analyse des besoins sociaux 3est une obligation annuelle réglementaire pour les CCAS, depuis le décret du 6 mai 1995. C’est en fait un diagnostic du territoire, qui va permettre par la suite d’établir les orientations de la politique sociale de la ville.

K-G : En ce qui concerne le GOSIER, qu’en est-il de l’ABS?

Mme RAMASSAMY : « Je me répète peut-être, mais j’ai été entendu et écouté. La procédure pour l’ABS a été lancée dès novembre 2013, avec l’appel d’offres, puis les consultations. Et en avril 2014, l’ABS était terminée. L’intérêt de l’ABS est de faire le point sur les besoins de la population à un moment donné, de voir aussi les tendances qui se dégagent et donc de se projeter pour porter la réponse la mieux adaptée ».

K-G : Quel a été, selon vous, l’apport de l’ABS pour le CCAS du GOSIER ?

Mme RAMASSAMY : « L’ABS a été faite en lien avec tous les services de la Ville, et sera donc utilisée de façon transversale, comme base des actions internes. Grâce donc au diagnostic posé, nous avons mis en place un schéma d’actions sur deux ans. C’est un véritable outil de changement puisqu’il permet d’asseoir la politique sociale de la ville sur des bases concrètes. L’ABS permet, en outre, de mieux s’adapter aux nouvelles réalités budgétaires et organisationnelles : raréfaction des budgets, manque de personnel. Elle permet donc de mieux cibler la politique sociale en restant efficace et de recruter du personnel qualifié. D’autre part, elle a mis en évidence la nécessité, de plus en plus, de traiter certaines réalités sociales en intercommunalité, les difficultés ne s’arrêtant pas aux portes de la commune. Concrètement avec l’ABS, les actions sont programmés sur le long terme et de façon ciblée ».

Des actions plus ciblées…

Mme RAMASSAMY, suite à l’ABS menée, inscrit le CCAS dans une innovation de l’action sociale menée sur le terrain jusque là, avec l’accentuation du développement social local (DSL) et de l’intervention sociale d’intérêt collectif (ISIC).

K-G : Quelle forme cette innovation a-t-elle prise sur le terrain?

Mme RAMASSAMY : « En action ponctuelle, nous menons des actions avec les différents publics sur une journée, en nous arrêtant sur un thème. Ainsi, le 12 avril 2015, nous aurons un village santé à Saint-Félix, pour porter l’information sur les sujets divers les plus rencontrés sur le territoire, avec la participation active des partenaires de santé. En termes d’ISIC, nous avons deux actions phares qui sont reconduites. Il y a d’abord la remobilisation des jeunes. Cette action menée sur 6 mois, s’adresse à un public de jeunes femmes de moins de 25 ans. Il s’agit de les accompagner pour réinvestir la sphère professionnelle, en travaillant notamment sur l’estime de soi. Divers partenaires sont présents, le Conseil Général, un psychologue, le CIDFF (Centre d’informations pour le droit des femmes et des familles). L’autre action, liée à l’éducation budgétaire, s’adresse à un public de personnes ayant une problématique financière récurrente. Pendant un mois, à raison d’une séance par mois, ces personnes sont accompagnées par une CESF et l’assistante sociale du CCAS ».

Lors de cette action, deux séances sont consacrés aux échanges, avec des jeux, des astuces pour mieux consommer. La troisième séance est faite sur la base d’un jeu conso, qui reprend les conditions de vie quotidienne (factures, publicité, dettes) et permet à l’usager de se positionner. Enfin la quatrième et dernière séance menée avec la CESF et la banque alimentaire est l’occasion d’élaborer des menus et de confectionner des plats à moindre coût, pour mieux réguler son budget tout en ayant une alimentation de qualité. Cette action qui rencontre un vif succès, est reconduite de façon régulière.

D’autres interventions sont encore programmées par le CCAS qui s’inscrit dans un véritable partenariat avec des associations comme FORCES, qu’il a accompagné notamment dans un fasadé en décembre 2014, une collaboration qui est amenée à se poursuivre.

De cet entretien avec Mme RAMASSAMY, il ressort que la politique d’action sociale au niveau communal doit être abordée avec de la rigueur pour être efficace. L’apport d’outil prévu par le législateur, comme l’ABS a toute sa raison d’être et se révèle une vraie base pour mener à bien les projets sociaux, et ce, dans la durée.

Trop longtemps perçu comme un bureau de distribution de bons alimentaires, ou utilisé dans un but de clientélisme par les maires, le CCAS, se voit évoluer en Guadeloupe, lentement, et selon le bon vouloir des politiques, vers une logique de Travail Social. Toutefois, l’embauche de travailleurs sociaux n’est pas systématique, car encore trop de maires tiennent à la gorge leurs administrés à l’aide de cet outil. Le Social est davantage perçu, par les maires, ou par les élus en général, comme étant un moyen de pression lors des élections municipales ou cantonales. Le métier de travailleur social, notamment celui d’assistant de service social, dans un CCAS, par conséquent, reste un poste politique.

Les mots de la fin vont alors pour Madame RAMASSAMY, et de dire : « En Action Sociale, on n’est pas là pour faire des coups médiatiques, mais pour travailler sur le long terme. Il faut travailler sur le terrain, dans la proximité et sur le long terme, pour avoir des résultats ».

Koezyon-Glob.fr




3 Commentaires to “Le Centre Communal d’Action Sociale du Gosier : une Action Sociale plus ciblée, « Mon objectif, en arrivant, était de construire un vrai Service Social. Il fallait sortir de la logique de distribution d’aides, et porter une vraie réponse à l’usager », Régine RAMASSAMY.”

  1. Bonjour Madame RAMASSAMY, je viens vers vous pour m’aiguiller dans mes démarches, je vis en métropole et donc je suis à la retraite, j’ai travaillé à la Mairie de Paris, je souhaiterais retourner définitivement en Guadeloupe où je suis née, je recherche un logement social à Gosier mais je ne sais pas ce qu’il faut faire, je me sens un peu perdue car je suis seule.
    En attendant votre réponse, je vous remercie d’avance.

  2. on oublie toujours de dire que si ou pa moune a mè la, les aides sont plus difficiles à avoir.

  3. Les ccas ont vocation à intervenir dans le domaine social. Une situation m’interpelle : pourquoi si peu d’entre eux recrutent des assistants de service social? Ont-ils peur que la déontologie du métier empêche le maire de diriger comme ils le souhaite, surtout en matière d’attribution d’aide. comme

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