L’association Flè A Mango : des équipiers de rue qui assurent une présence sociale sur le terrain…

L’association Flè A Mango : des équipiers de rue qui assurent une présence sociale sur le terrain…
Au bourg du Gosier, à Périnet plus exactement, dans une villa dotée d’un immense flamboyant, un cadre agréable avec jardin, se trouve le local de l’association Flè A mango. A l’origine, le local était situé au quartier de Mango, d’où ce nom.

Gosier, comme beaucoup de communes en Guadeloupe, doit faire face à de nombreux jeunes en rupture qui cumulent des difficultés diverses : déscolarisation, absence de qualification professionnelle, chômage, addiction, problèmes familiaux. Face à ce constat, certains ont décidé d’agir et d’impulser une dynamique nouvelle. Ils se sont donc réunis au sein d’une association « Flè A Mango », avec pour objectifs affichés d’aider les jeunes de la  commune à exprimer leurs valeurs professionnelles, sociales, morales et artistiques.

Avec deux membres de l’association, Isabelle ROUSSAS, chef d’équipe et Marie-Marthe ABRAHAM, équipière de rue, qui ont accepté volontiers de nous recevoir, découvrons une 2association qui propose des concepts dynamiques et innovants à leurs usagers.

Koezyon-Glob : Pouvez-vous nous faire une présentation de Flè A Mango?

Flè A Mango : « L’association existe depuis l’année 2000. Nous  accompagnons des jeunes de 18 à 30 ans, avec une équipe composée d’un chef de service et de 7 équipiers de rue. Une secrétaire administratif et une femme de ménage complètent l’équipe. L’association œuvre à aider les jeunes dans leur insertion et leur propose des réponses et un accompagnement sur des sujets comme la formation, l’emploi, le logement, les droits aux prestations ».

K-G : Il y a beaucoup d’associations sur le terrain, qu’est ce que vous proposez de différent?

FAM : « Notre point fort c’est que nous assurons une présence sociale sur le terrain. Pour le faire nous avons des horaires très malléables. Le soir, nous sommes sur le terrain à  partir de 17h, nous allons dans les « bik », la où sont les jeunes. Nous couvrons aussi plusieurs quartiers : le Bourg, Mango, Plateau saint-germain, Montauban, Grand-Baie, Grand-Bois, Pliane, Mare-gaillard. Pour chacun, il y a un responsable et un adjoint. Afin d’assurer un bon suivi et avoir des actions bien pensées, tous les lundis, il y a une réunion pour fixer les objectifs de la semaine, et le vendredi, le bilan est fait ».

Les équipiers tiennent aussi à préciser qu’aborder un nouveau groupe de jeunes, se fait de façon progressive. Ils peuvent passer plusieurs fois dans le quartier avant de faire une approche. L’équipe est toujours en binôme, souvent, un professionnel plus ancien est avec un nouveau, ce qui permet de faire le lien et de présenter le nouveau. Puis, quand ils le jugent approprier, ils présentent l’association aux jeunes et les activités.

K-G : Les thèmes sont divers : comment répondez-vous alors à toutes ces demandes?

FAM : « Notre équipe accompagne directement les jeunes par le biais d’ateliers. L’atelier informatique, par exemple, permet de faire des recherches, de se tenir informé de l’avancée  de leurs démarches 3administratives, de consulter leur mail. Ils sont aussi accompagnés pour l’élaboration de CV, de lettres de motivation, de courriers divers. Lorsque cela s’avère nécessaire, une remise à niveau est proposée. Pour les demandes et les réponses plus  complexes, des partenaires nous apportent leurs concours. Parmi eux, le CCAS, la mission locale, le Pôle emploi, la DICS, le Conseil Général ».

Mme Abraham, est également référent RSA, elle accompagne les bénéficiaires qui sont âgés de 26 à 30 ans.

K-G : Outre l’accompagnement dans ces démarches diverses, comment remplissez-vous vos missions d’accompagnement professionnel, social, moral et artistique?

FAM : « L’association s’est inscrite dans une démarche de proximité avec les jeunes suivis, nous choisissons les actions et les activités en fonction des remontées du terrain, des besoins exprimés et de ce qui nous parait adapté pour le jeune. Pour répondre ensuite à l’accompagnement artistique particulièrement, nous avons un studio d’enregistrement qui permet aux jeunes de créer des œuvres. L’animateur responsable les accompagne  pour les démarches au niveau de la SACEM et autres partenaires concernés ».

FAM : « Le Swé (foot) est une activité sportive qui a lieu une fois par semaine. Cette activité est mise en place depuis 2 ans. Le principe est de réunir sur les quartiers des jeunes pour jouer au football. L’association fournit le ballon et la collation. C’est une occasion de faire une présence sociale,  et d’échanger sur divers sujets avec les spectateurs qui encouragent   les footballeurs. Ensuite, il y a le Swé fanm, qui est aussi une activité sportive qui existe depuis 2 ans. C’est de la marche en groupe avec des jeunes femmes, sur plusieurs sites, Lauricisque, la Datcha notamment. L’objectif est de permettre à des jeunes femmes de pratiquer une activité sportive, de prendre soin de leur corps tout simplement. On les récupère à leur domicile pour aller ensuite sur le site. Malgré cela, on n’arrive pas toujours à les mobiliser, et certaines ont du mal à être régulières. Les travaux d’intérêt collectif (TIC) sont aussi des activités régulièrement organisées par l’association qui contribuent  à sensibiliser les jeunes usagers au monde du travail et à les former à la citoyenneté ».

Les TIC ont concerné le tri sélectif, le nettoyage des plages, le nettoyage tous les lundis de la piscine communale. Plus récemment, des TIC sur la prévention du chikungunya ont été mis en place. Les jeunes ont bénéficié d’une formation, et peuvent ensuite informer les autres personnes sur la conduites à tenir pour prévenir cette maladie. Outre ces activités spécifiques, d’autres plus classiques comme l’animation de quartier, a un véritable succès. Il s’agit d’organiser un moment de détente avec grillades, jeux, et groupe de paroles,  des sujets divers  sont abordés : par exemple la nutrition, la sexualité, le budget, etc.

Flè A Mango s’efforce ainsi d’offrir des activités attractives et variées qui peuvent aider à l’insertion des jeunes de la commune du Gosier. La musique, le sport, l’art en général sont très souvent des moyens d’approche des jeunes et de prise en compte de leur demande propre, qui n’est pas forcément et promptement celle de l’insertion professionnelle. L’aspect immédiat du besoin personnel du jeune dans l’accompagnement est un élément moteur pour la création d’une relation de confiance. Cette relation de confiance nécessaire entraînera ainsi, peu à peu, la possibilité de mettre en place avec le jeune un projet de vie, projet qui prendra en compte tout naturellement son insertion professionnelle.

K-G : Flè a Mango, c’est aussi des actions plus médiatisées, n’est-ce pas ?

FAM : « Nous avons des actions phares qui sont menées une fois par an et qui ont un vrai succès : prenons l’exemple du Jé Mélé et le Noël des papas. Le Jé Mélé est une manifestation sportive qui regroupe l’ensemble des quartiers autour de compétition de football, course à pied, tir à la corde et kayak. Ce tournoi inter quartier, très attendu chaque année, regroupe un grand nombre de jeunes qui se surpassent dans ces compétitions. Ensuite, dans un autre esprit, le Noël des papas. Il  a pour but de tisser ou renforcer les liens entre les pères et leurs enfants. Nous souhaitons les valoriser dans 4leur rôle de père. Le Noël des papas  est organisé depuis 2010, il a un succès grandissant. Le Noël des papas se déroule sur une demi-journée. En amont, les papas participent financièrement pour l’achat du cadeau destiné à leur enfant. Des activités sont choisies, permettant au père et à son enfant de s’y adonner ensemble : collage, bricolage, sport, etc. A la fin de la journée, les enfants reçoivent leur cadeau, tandis que le papa a son diplôme de papa.

Flè a Mango, à travers ces actions, s’inscrit ainsi dans un accompagnement basé sur un travail de terrain, de réflexion, de proximité, de valeurs humaines, pour maintenir une efficiente présence sociale auprès  des jeunes qui sont souvent en grande difficulté. L’association  va encore plus loin dans l’accompagnement, puisqu’elle n’oublie pas ceux, de leurs usagers, qui sont en prison. C’est donc tout naturellement qu’une  fois dans le mois, des membres de l’équipe, avec bien sûr autorisation, leur rendre visite.

Participer à l’insertion des jeunes peut, à partir de l’exemple de Flè A Mango, prendre des aspects divers. Flè a mango démontre, au quotidien,  qu’elle maintient le lien avec les jeunes. L’accompagnement leur permet de s’ouvrir opportunément aux autres, au monde du travail, à la création artistique, et principalement d’intégrer des valeurs citoyennes. Pour l’équipe de Flè A Mango, qui est à saluer au passage, l’association est un point phare, un  repère essentiel où les jeunes sont mis à l’aise, en confiance, tout en respectant le cadre, et avec des professionnels d’une grande disponibilité. Ce sont autant d’initiatives qui sont à soutenir, mais également à étendre sur notre territoire.

Flè A Mango : 0590 84 43 32 ; mail :fleamango@wanadoo.fr

Koezyon-glob.fr

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6 Commentaires to “L’association Flè A Mango : des équipiers de rue qui assurent une présence sociale sur le terrain…”

  1. Nos communes ont grandement besoin de ces associations qui font un excellent travail. J’ai moi-même un projet associatif, mais je me pose la question du financement. Car les idées sont la, mais il faut les moyens humains et financiers.

  2. Jeune papa gwada et travailleur social, je suis heureux de voir qu’on pense à associer les papas à une manifestation. Nou vlé la pou ti moun an nou

  3. Stone, même normale une action peut être exceptionnelle par le fait qu’elle n’est pas répandue.Ceci dit, je partage tout à fait votre argumentation sur le fait que l’innovation est plus visible au niveau du monde associatif.

  4. j’aime la notion de présence sociale dont vous parlez. ll est important d’être la en tant que professionnels. Les bureaux ouverts ne suffisent pas. Il faut être disponible, aller sur le terrain, quand nos missions nous le permettent. Bravo à cette association.

    • stone ex nihilo // octobre 27, 2014 á 8:12 // Répondre

      Je répondrai à ASS97 que même lorsque nos missions ne nous le permettent pas, il y a encore la dynamique spontanée et associative. Il faut arrêter de voir développement sociétale à travers la vision unique des nos élus ou des responsables d’institutions. Il faut noter que bon nombre de responsables de structures associatives sont très proches des politiques ce qui ne sent pas très bon souvent pour l’orientation objective des projets. Quand on est un TS on l’est point. On n’attend pas le fouet institutionnel pour agir, car conscient des réalités et de notre capacité à être dans le faire pour un changement. Donc c’est naturel, voir normal que des structures, comme Flè a Mango, agissent dans le bon sens pour l’insertion des jeunes, et non l’inverse. Lorsqu’une action est normale il ne faut pas la voir comme étant exceptionnelle.

  5. c’est de ce genre d’accompagnement qu’ont besoin nos jeunes. Il faut pouvoir à travers ces associations leur porter les armes nécessaires pour s’intégrer.

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