Journées Départementales de l’Enfance (J.D.E.) 2013 : tables rondes du jeudi 21 novembre 2013 au Salako, intitulées « Regard d’enfants : tous impliqués » ; organisées par le C.R.O.I.H. en partenariat avec le Conseil Général de la Guadeloupe.

Journées Départementales de l’Enfance (J.D.E.) 2013 : tables rondes du jeudi 21 novembre 2013 au Salako, intitulées « Regard d’enfants : tous impliqués » ; organisées par le C.R.O.I.H. en partenariat avec le Conseil Général de la Guadeloupe.
Aux commandes de cette manifestation, Delphine TINVAL, sociologue et chargé de mission à l’O.I.H., nous proposait 3 tables rondes.

La restitution des synthèses des tables rondes

Table ronde n°1 : « Comment les enfants vivent-ils les dysfonctionnements de leur environnement (famille, quartier, maladie, handicap, accident de la vie, institutions) ? » (Rapporteur M. DESFONTAINES)

Intervenants présents représentant : Attitudes Médiation, le Service Social Départemental, la Maison Départemental de l’Enfance (M.D.E.), l’association Entraide Guadeloupe.

  • Notre société fait face à une situation économique particulière et précaire, avec de nombreuses problématiques de santé ;
  • Dans la cellule familiale, les enfants sont confrontés au divorce, à la séparation, aux conflits parents/enfants, conflits entre fratrie ;
  • Les enfants, souvent utilisés comme monnaie d’échange, comme enjeux entre les parents ;
  • Les enfants sont parentifiés, très tôt ont des responsabilités lourdes ;
  • Les conséquences sont essentiellement : troubles de la personnalité, angoisse, perte d’estime de soi, le déni, l’évitement, les conduites sexuelles à risque ;
  • On observe des dysfonctionnements dans les quartiers : manque de structures, manque d’activités, manque d’associations pour favoriser le lien social ;
  • Par rapport à la politique du logement : le jardin, c’est la rue ;
  • L’enfant, représenté comme une éponge : il doit pouvoir gérer le bon et le mauvais ;
  • Au sein des institutions (l’exemple de la M.D.E.), c’est la manifestation de la souffrance ; l’institution, côté architectural, identifiée comme un endroit carcéral ;
  • Le V.I.H. : il existe souvent une rupture de la confidentialité par les professionnels, pose un problème d’éthique, le poids du secret, la transmission des données par les professionnels ;
  • L’enfant se sent stigmatisé
  • En somme, les parents ont des capacités, il s’agit de développer le travail en réseau afin de mieux accompagner les parents ; au niveau éducatif, établir un code des relations humaines, du vivre en société ; faire attention aux signes conditionnels positifs et négatifs (ne pas pointer que le négatif) ; à l’école, davantage d’implication des parents ; les professionnels doivent aller vers les parents ; principe de responsabilité de chacun ; la Guadeloupe est passée d’une société traditionnelle à une société moderne, problème d’identité (qui sommes-nous pour quel avenir ?) ; les outils européens sont-ils adaptés à la jeunesse ? …car plutôt influencés par le mode de vie étasuniens ; les lois ne sont pas adaptées ; Il serait souhaitable que les professionnels se fassent confiance entre eux, ne pas chercher de coupable mais plutôt comment sortir du dysfonctionnement sociétal et politique, où on va ?

Table ronde n°2 : « Influence des professionnels sur les attitudes parentales. Rétrospective des groupes de parole 2012 coorganisés par le REAAP ». (Rapporteur M. MONTOUT)

Intervenants présents représentant : R.E.A.A.P., S.E.P.S.I., S.A.P.

  • Il s’est agi d’un groupe d’expression du vécu, d’actions menées ; l’expérience des parents, des professionnels autour de l’école et le R.E.A.A.P. ;
  • Le R.E.A.A.P. « fait tâche d’huile », 5 témoignages concernant l’accompagnement des parents et des enfants ;
  • Bilan de l’activité 2011/2012 : sentiment d’appartenance des familles rencontrant des difficultés, elles ont des savoir-faire et des savoir-être ;
  • Dans l’accompagnement des familles, il y a de la place pour tous les acteurs de la Guadeloupe ;
  • Ce n’est pas facile d’être parents : « vers une cohésion familiale pour une meilleure cohésion sociale »
  • Le S.A.P. et le S.E.P.S.I. : acteurs œuvrant dans le domaine de la parentalité
  • Le S.E.P.S.I. : création de l’école de la parentalité au vue des dégradations des relations familiales ; permet de relever les compétences des parents ; une écoute confidentielle ; ne pas être dans le jugement ; échanges des expériences parents / parents : « le groupe nourrit l’individu, l’individu nourrit le groupe ».
  • Le S.A.P. : séminaires de réflexion « Fort en fanmi » à Fort Dèlgrès ; « Dimanche en famille » ; resserrer les liens entre parents/enfants, par des sorties aux Roches Gravées ; permettre aux enfants d’avoir des repères ;
  • Les Travailleurs Sociaux de la CAF mettent en place des actions permettant de lier des liens avec la famille ; libération de la parole ; redonner confiance aux parents dans leur rôle ;
  • « les jeudis de la famille » ; relation au père ; potentialités des parents ; les mères, estime de soi ;
  • Dans chaque commune, dans chaque section, ce serait recommandé de développer des écoles de parents.

Table ronde n°3 : « Rôle, action et coordination des acteurs de proximité face à l’appel de la rue » (Rapporteur Mme TINVAL)

Intervenants présents représentant : D.I.C.S., J.A.G., Saint-Vincent de Paul, Equipe de rue « Flè a mango »

  • Des équipes de rue, constitués d’éducateurs spécialisés, de rue et d’adultes-relais, en institution et en association, avec un savoir-être, ont pris en charge en 2013 1290 jeunes adultes dont 194 bénéficiaires du RSA ; des problématiques telles que : échec scolaire, toxicomanies, rejet de  codes sociaux, etc.
  • Le dispositif « Swé foot » permet de créer des liens avec des jeunes adultes, avec un suivi personnalisé, par exemple la mise en place de la carte d’identité ; des activités telles que des tournois inter quartiers, tournois de dominos ; ex : des séniors de 70 ans ont proposé de faire des sorties avec les jeunes.
  • « déjeuner papa/enfant » permet la création de liens avec les pères et leurs enfants ;
  • La J.A.G., suite au procès d’un jeune, a mis en place une dynamique dans les quartiers de Pointe à Pitre ; fait de la médiation et est dans le contact avec le quotidien du jeune ;
  • Saint-Vincent de Paul prend en charge des mineurs se retrouvant dans la rue ;
  • Le CUCS rappelle qu’il faut être en réseau, savoir ce que chacun fait.

 Intervention de J. DAUFOUR de la JAG

« L’avenir de nos enfants guadeloupéens, c’est l’affaire de tous » ; il existe une rupture notoire entre parents/enfants qu’il y avait une quinzaine d’années ;

« Il ne faut pas être fataliste, baisser les bras et tomber dans l’individualisme. Les enfants sont en souffrance ».

Selon Mme DAUFOUR, « l’écoute, l’échange et le dialogue sont les mots-clés dans l’éducation d’un enfant pour les aider. Changer la vision des jeunes sur la société ».

La J.A.G. met en œuvre 3 actions phares :

–  Tous les vendredis : « jeunesse citoyenne pointoise », un appel à aller voter

–  Conférence de presse à la prison (avec l’accord du parquet)

–  Posons les armes citoyens

Pour plus d’infos sur la JAG voir article  http://koezyon-glob.fr/jeunesse-avenir-gwadloup/ ‎

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1 Commentaire to “Journées Départementales de l’Enfance (J.D.E.) 2013 : tables rondes du jeudi 21 novembre 2013 au Salako, intitulées « Regard d’enfants : tous impliqués » ; organisées par le C.R.O.I.H. en partenariat avec le Conseil Général de la Guadeloupe.”

  1. Je voudrais réagir au point évoqué dans la table ronde n°1, les enfants utilisés comme monnaie d’échange, comme enjeux entre les parents. C’est une situation qui persiste malgré que les professionnels montrent du doigt les conséquences négatives d’une telle attitude. Espérons que ces voix seront entendues

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