JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DE LA FEMME : « Le vivre ensemble : les hommes et les femmes de Guadeloupe relèvent le défi » ; le compte-rendu de la journée

JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DE LA FEMME : « Le vivre ensemble : les hommes et les femmes de Guadeloupe relèvent le défi » ; le compte-rendu de la journée
Dans un contexte local marqué par une difficulté endémique à avoir des relations apaisées, se manifestant entre autres par des actes de violences envers les femmes, le thème « le vivre ensemble : les hommes et les femmes de Guadeloupe relèvent le défi » est des plus appropriés pour marquer une volonté de cheminer ensemble, pour les hommes et les femmes de notre département la Guadeloupe.

C’est donc ce samedi 07 mars 2015, que l’association FORCES et sa présidente Madame Christiane GASPARD-MERIDE ont fait le choix de commémorer, avec un jour d’avance, la Journée Internationale des Droits des Femmes. Cette célébration s’est faite sous l’égide de M. le Préfet de Région Jacques BILLAN et de la représentante de la Délégation Régionale aux Droits desDSC_0065 Femmes et à l’Egalité Mme Hélène MARIE-ANGELIQUE, au vélodrome de Gourde-Liane à Baie-Mahault. Après des mots de bienvenue, madame GASPARD-MERIDE, a présenté, l’invité d’honneur de la manifestation, un homme : M. David-Pierre ANICETTE, Assistant de Service Social et investi dans le monde associatif. Ce choix n’est pas innocent et marque cette volonté d’associer les hommes aux femmes, surtout dans les actions associatives, soulignant ainsi le thème du « Vivre Ensemble », choisi pour cette année.

La parole a ensuite été donnée aux différents invités présents à la table de réception.

C’est M. ANICETTE qui a débuté, en présentant son investissement associatif à travers trois associations, Famille et Culture, Lyann et Koezyon-Glob. Il a ensuite rendu un hommage appuyé à Christiane GASPARD-MERIDE, en célébrant « une grande dame de la Guadeloupe », pour son travail et son investissement dans le monde associatif, et plus particulièrement pour la famille. Il reconnaît qu’elle lui a appris « que tout est possible grâce à la volonté et à l’humilité ».

Après ce premier moment d’émotions, Mme ATTILI, représentant de la collectivité Départementale, a mis l’accent sur l’évolution de la femme en Guadeloupe. Longtemps diminuées, infériorisées, elles ont su se battre et s’affirmer. Elle a cité entres autres femmes qui ont illustré  ces avancées de la condition féminine : Simone de Beauvoir, Marie CURIE et plus près de nous, Gerty ARCHIMEDE, Christiane GASPARD-MERIDE. Pour Mme ATILI, toutes ces femmes sont le symbole de la mort des idées reçues, des préjugés envers les femmes. Elle a invité toutes les femmes à ne pas s’enfermer dans un féminisme étroit, mais plutôt d’exiger le respect et de travailler à cet objectif avec les hommes.

La parole a ensuite été donnée à Mme Marie-Luce PENCHARD, maire de Basse-Terre. Elle a surtout voulu rendre un hommage à « toutes les femmes, Potomitan, qui interviennent tous les jours par leurs actions pour que la cellule familiale continue de fonctionner ». Madame PENCHARD a elle aussi saluer l’œuvre de Mme GASPARD-MERIDE pour la parentalité.

L’intervenante suivante, également une femme, représentant la Région Guadeloupe, la vice-présidente. En cette journée commémorative, Madame MOUNIEN, nous a interpellé sur les actes de violence faite aux femmes, environ 2000 faits pour l’année 2013, des chiffres bien en deçà de la réalité, lorsque l’on sait que seule 1 femme sur 3 porte plainte. Elle souligne également que, face à ces faits inacceptables, un travail de longue haleine doit être mené en y associant les hommes afin que la parité, dont on parle tant, se fasse à tous les niveaux : dans DSC_0057la famille, au travail et en politique. Mais cela demande de la persévérance.

Le second homme invité à la table, M.BILLANT, Préfet de Guadeloupe, a fait un bref historique sur cette journée de la femme. Il nous a rappelé que c’est dès le début du siècle dernier, en 1910, que cette journée est apparue. Elle a ensuite été réintroduite après la seconde guerre mondiale pour rendre hommage aux résistantes, et finalement restaurée et officialisée en 1981 par François MITTERAND, afin de rappeler à la République son devoir envers les femmes.

Monsieur le Préfet a souligné, comme les autres invités, le rôle prépondérant de la femme dans l’équilibre familial et la nécessité de lutter contre les stéréotypes existants, et cela à travers un partenariat avec les hommes. S’excusant de devoir s’en aller pour répondre à d’autres obligations officielles, il a tenu, cependant, à saluer exceptionnellement, individuellement chaque assistant, par une chaleureuse poignée de main.

La dernière intervention de bienvenue a été faite par Mme Hélène MIGEREL, Psychologue. Elle a mis l’accent sur la désespérance au sein de certaines familles, qui ne sont plus des cadres économiques suffisants, dans une société de l’hyper consommation qui génère la frustration de ceux qui « n’ont pas » : « cette désespérance fait le lit de la violence », souligne t’elle. Elle a aussi fait ressortir la nécessité de rendre hommage aux vivants. Ainsi, a-t-elle évoqué par des mots forts, le respect dû à Mme GASPARD-MERIDE, car dit-elle, « vouloir réconcilier femmes et hommes, femmes et femmes, est une tâche immense. Mais le savoir ne suffit pas, il faut beaucoup d’amour et d’énergie », ce que possède notamment la présidente de FORCES.

Après toutes ces paroles émouvantes, il était temps de commencer à échanger sur les différents ateliers prévus : Pouvoir, Famille et Culture, Pauvreté et Violence.

L’ atelier Pouvoir, animé par madame PASCAL, directrice du CCAS de la ville du Moule, a permis de nous présenter un concept fort intéressant, les « Jeudis de la Famille ». ADSC_0134 l’origine, il s’agissait pour le CCAS, dans le cadre de son accompagnement social, de porter un soutien par le biais d’un groupe de parole, à des femmes rencontrant des difficultés avec leurs enfants adolescents et avec leurs conjoints. Madame PASCAL dit, que « très vite, nous nous sommes rendus compte que notre apport était insuffisant, d’où l’appel à l’équipe de FORCES ». Le groupe s’est alors organisé avec la participation de divers professionnels : un psychologue, un assistant de service social, une CESF, un sociologue et un ingénieur social urbain, pour des échanges qui ont duré quatre années, avec une évolution significative des participants qui sont passées de 5 à 17. Cette expérience plus que positive a été essaimée dans d’autres quartiers du Moule, et l’objectif est aussi de le pérenniser dans d’autres communes, où le besoin se fait ressentir;

La thématique Famille et culture a mis en lumière, un concept phare de l’année 2014, le « fasadé ». Il s’agissait là aussi, de répondre à un besoin sur la compréhension des difficultés relationnelles endémiques, entre les hommes et femmes de la Guadeloupe qui conduisent à une violence dans leurs relations, qui va quelquefois jusqu’à l’extrême : le meurtre. Ces échanges qui se sont tenus régulièrement, tous les deux mois environ (au Moule, à Sainte-Rose, à Morne à l’Eau, à Gosier), permettaient aux participants de parler de leurs expériences et de leurs connaissances sur la question. Les animateurs Franck GARAIN, Historien et Raymond OTTO, Socio-anthropologue, ont su porter l’éclairage professionnel sur le sujet, en faisant partager également leurs propres expériences d’enfants du terroir. Le succès auprès de la population va conduire à sa reconduction au cours de l’année 2015.

La troisième thématique pauvreté, a donné un coup de projecteur sur une action menée par le CCAS du GOSIER. Mme RAMASSAMY la Directrice de la structure et Mme BLEMAND, assistante sociale ont présenté une expérience sur la gestion du budget. Pendant un mois, à raison de quatre séances, l’assistante sociale et une CESF en binôme, ont accompagné des usagers, qui avaient une problématique financière récurrente. L’innovation a été de porter des informations essentielles de façon ludique, grâce à un jeu de consommation, poussant ainsi à une réflexion personnelle les participants à l’action.

Toujours sur la même thématique, M. Eric BROUSSILLON, directeur de l’OIH, a mis le doigt sur un sujet épineux : « nous sommes en Guadeloupe, dans une société de l’apparence, qui ne reflète pas la réalité. La Guadeloupe parait un pays moderne et riche. Loin de là, car il existe une grande pauvreté ». Profitant donc de la journée de la femme, il n’a pas manqué de DSC_0224rappeler qu’elles sont d’autant plus touchées par la pauvreté matérielle mais aussi par une pauvreté de l’épanouissement. En effet, elles doivent franchir bien plus d’obstacles pour s’affirmer dans le monde économique ou politique. Il précise parallèlement que de nombreuses femmes perdent leur féminité dès lors qu’elles ont des postes à responsabilité. Que faire alors? Selon lui, « Il faut développer, depuis l’école, la mixité et permettre aux hommes et femmes de construire ensemble leur point de vue ».

Face à la pauvreté matérielle, M. BROUSSILLON indique qu’il faut aussi s’interroger sur le panier de la ménagère de Guadeloupe tel qu’on nous le présente, qui ne reflète pas nos habitudes alimentaires et fait souvent fi de nos produits locaux, gages d’une meilleure santé.

Par la suite, les débats ont été fort animés, comme pour les précédents ateliers. Mais il a fallu écouter avec toute l’attention nécessaire, M. LANARRE, psychothérapeute qui avait pour mission d’animer l’atelier Violence.

La thématique de la violence, c’est le sujet qui depuis quelques années occupent le devant de l’actualité dans notre île. Force alors pour nous, selon l’orateur, de s’interroger sur notre rapport personnel à la violence, qui souvent est déjà perceptible dans notre langage. Pour combattre cette violence omniprésente, il nous rappelle que chaque acte de violence contre l’autre est un acte de violence contre nous-même. Cette violence naît souvent, alimentée par la frustration, due au défaut d’accès à la consommation à outrance, faute de moyens financiers suffisants. Pour la combattre, il faut travailler sur la transmission faite à nos enfants sur l’« être », ce qu’ils sont, et qui ne dépend pas de ce qu’ils ont. C’est avec ce dernierDSC_0110 atelier que la partie échanges et réflexions, de cette journée consacrée aux femmes, s’est achevée.

S’en est suivi un intermède musical original, puis la remise des prix de la manifestation « ATOUT FANM », qui récompensait des femmes qui se sont illustrées, tant sur le plan intellectuel que physique, dans une compétition organisée en 2014.

Cette rencontre a été ainsi une très belle journée dédiée à la femme, aux femmes, où tous les intervenants ont fait ressortir, qu’il était indispensable de faire avec les hommes, de leur donner leur place, afin de concrétiser cette idée du « vivre ensemble », thème de la manifestation.

C’est donc un défi, du fait de notre éducation formatée, pendant des années, dans le sens d’une opposition hommes/femmes. Les choses peuvent et doivent changer, en oeuvrant vers une collaboration pour un mieux vivre des familles et des enfants d’aujourd’hui et de demain.

Koezyon-Glob.fr




9 Commentaires to “JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DE LA FEMME : « Le vivre ensemble : les hommes et les femmes de Guadeloupe relèvent le défi » ; le compte-rendu de la journée”

  1. LANOIR Luciani // mars 21, 2015 á 9:58 // Répondre

    Belle et fidèle retranscription de la journée du 7 mars.

  2. C’est tout de même étonnant de constater que les travailleurs sociaux (ASS, CESF, ES, etc.) en Guadeloupe, que ce soit du conseil général, de l’éducation nationale principalement ne s’implique pas plus que ça dans ce type de manifestations. Alors qu’ils ont quand même un rôle important dans la société, en termes de socialisation surtout, ils rencontrent au quotidien la population et les jeunes dans les écoles.J’ai été dans 3 manifs sur la journée de la femme, au Morne à l’eau et à Baie-Mahault notamment, et tenez vous bien je n’ai pas aperçu ces gens. On en voit un ou deux quand même mais ce sont toujours les mêmes qui s’intéressent aux problématiques sociales et sociétales. Après je comprend pourquoi ils sont mal vus dans la société, comme des acteurs d’assistanat. Ils ne militent pas pour leur pays de façon manifeste. C’est triste à le dire mais ce ne sont pas avec ces gens là qu’on mettra en place un projet global de société pour les enfants de demain. On a l’impression que le social est fonctionnarisé ici-bas, alors qu’il s’agit d’une vocation à contribuer au changement social et à combattre les inégalités sociales. Après il ne faudra pas se plaindre que ce sont nos politiques qui veulent dicter l’action sociale précise de ces gens vu qu’on ne les ressent pas dans la société. A méditer!!!

    • Anne laure, du calme.Cette attitude que vous réprouvez est représentative de nos concitoyens. On est souvent absents pour les sujets sérieux. Dès qu’on a pointé nos 35 heures, ne pas nous demander plus, alors que certains métiers demandent une plus grande implication personnelle.

  3. Beau geste du Préfet. Il y a des gens qui sont d’une grande humanité et d’une grande courtoisie. C’set si rare, sachons l’apprécier.

  4. Il me semble que le thème de la journée c’était le vivre ensemble. Stone, nombre de femmes ont compris que ce n’est pas en s’opposant aux hommes qu’on arrivera à faire évoluer les choses,mais en avançant ensemble. Par contre, vous avez tort de pense que c’est en restant passives qu’elles feront trouveront leur place. Awa, fo goumé, mais sans agressivité, ni esprit vindicatif.

    • Oui oui jack-line…eh oui fo yo goumé, ou pa touvé ja ni asé vyolans kon sa an ti gwada la. Pa ni pon moun ka anpéché fanm rivé sé an tèt ay ke foy goumé sa yé

  5. On cherche ce que l’on a, à proximité de nous. Madame GASPARD-MERIDE merite vraiment qu’on reconnaisse tout ce travail qu’elle fait depuis des années pour nos familles. Toutes ces réflexions, tous ces outils mis en place, toute cette énergie doivent être reconnus et valorisés.

    • L’égalité entre homme et femme : c’est le maître mot dans l’esprit de la journée de la femme. Je trouve cela très interessant. Il ne faudrait pas parce que des inégalités se sont produites à cause d’hommes peu scrupuleux que les femmes aujourd’hui soient dans un rapport de force. De toutes les façons, elles ne seront pas gagnantes dans toute cette idée vindicative, le pouvoir de l’homme au sein de notre société prend encore trop de place sur l’échiquier mondial. La lutte de ces femmes « amazones » devrait naturellement s’harmoniser dans une conception de complémentarité vis à vis de l’homme, comme la femme s’est toujours employée à le faire, tournée dans la construction de l’idéal familiale. Les pseudos féministes qui boxent avec les mots, qui semblent avoir à régler des conflits spécifiques avec l’homme, et particulièrement l’homme noir, qui veulent tout chavirer d’un coup sec, ne font pas honneur aux femmes. Revendiquer n’est pas synonyme de manquer de respect à l’homme. Les femmes intelligentes trouvent leur place dans la société sans avoir à le revendiquer ni lutter. Coup de coeur à la femme rose cayenne, la vraie.

  6. En gwada ni fanm doubout c pou sa nou la toujou c pou sa bato la po chaviré mè i ka kanté ti brin véyé nou

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