Jean-Pierre PHIPPS, Psychologue : « Les professionnels, notamment les Travailleurs Sociaux, doivent travailler ensemble et faire en sorte que les mots « partenariat » et « réseau » ne soient pas galvaudés. Il faut mutualiser les compétences pour faire face à ce qu’on vit en Guadeloupe ».

Jean-Pierre PHIPPS, Psychologue : « Les professionnels, notamment les Travailleurs Sociaux, doivent travailler ensemble et faire en sorte que les mots « partenariat » et « réseau » ne soient pas galvaudés. Il faut mutualiser les compétences pour faire face à ce qu’on vit en Guadeloupe ».
C’est dans le cadre accueillant de la Maison Départementale des Adolescents de la Guadeloupe (MDAG), que nous avons rencontré Jean-Pierre PHIPPS, Psychologue de formation, mais surtout un homme d’actions dans le champ social et de la culture. Connu dans le milieu médico-social, Jean-Pierre PHIPPS est Psychologue depuis un peu plus d’une vingtaine d’années. Il a connu des expériences variables et enrichissantes.

 Son parcours

Jean-Pierre PHIPPS commence à exercer en France dans la psychosociologie au sein de la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens). Son activité concernait surtout l’accompagnement des employés en arrêt de longue durée ou pour des reconversions professionnelles.

 En 1992, il retourne en Guadeloupe et participe à la création du premier SESSAD (Service d’Education Spécialisée et de Soins à Domicile) de la zone basse-terrienne, « le SESSAD Emeraude ».

L’année suivante, il rejoint au sein de l’Education Nationale l’A.D.P.E.P.  (Association Départementale pour la Protection de l’Enfance et des Pupilles).

Il rapporte que : « dès ce moment, j’ai compris que le bureau ne devait pas être une barrière à l’échange avec les personnes et qu’il fallait être sur le terrain ».

C’est avec cet état d’esprit que Jean-Pierre PHIPPS intègre en 1993 le S.C.E.P. (Service des Clubs et Equipes de Prévention). Il s’attend, plus qu’ailleurs, à trouver des professionnels sur le terrain, à la rencontre des jeunes dans la rue.

Le constat pourtant s’impose à lui ; il dit : «  beaucoup de professionnels sont dans les bureaux, mais moi je vais dans la rue… ».

 En 1994, il décide de se lancer en free-lance. Il intègre le tribunal de grande instance, le bureau du JAF (Juge aux Affaires Familiales) et le tribunal d’instance, le service des Tutelles. Il y intervient en qualité d’expert auprès des tribunaux jusqu’en 2006.

Parallèlement à cette activité, Jean-Pierre PHIPPS rentre dans la formation en 1999, et intervient au CFTS (Centre de Formation dans le Travail Social).

De ce parcours, il dit  qu’il a particulièrement apprécié son expérience  en tant que formateur : «  j’ai pu toucher à des métiers sociaux et éducatifs. J’ai également pu développer mon expertise, ne serait-ce qu’en participant aussi aux jurys des diplômes du social… ».

 « Le travail à la MDAG est un véritable travail en partenariat qui se fait », exprime –t-il, avec l’équipe composée d’éducateurs spécialisés, une assistante de direction/écoutante, une équipe PMI (protection Maternelle et Infantile) composée d’un médecin, une sage-femme, une conseillère familiale et Conjugale, une infirmière), un  assistant de service social qui assure une permanence le premier du mois.

A la MDAG, il n’y a pas de réception en individuel, sauf s’il y a une indication de suivi psychologique. Selon lui : « l’intérêt de cet accueil pluridisciplinaire, c’est la rapidité de l’analyse de la problématique et de ce fait, une orientation plus rapide du jeune. ».

Il poursuit : « ce travail avec des jeunes fait ressortir le problème de l’implication du jeune dans la demande et la prise en charge » ; le jeune, son comportement, ses actes, sont là pour indiquer ce qui ne va pas dans l’entourage. Il interpelle le parent justement par son comportement ».

Au sein de la MDAG depuis 2012, il reçoit ainsi les familles, pour une approche systémique.

Il fait aussi le lien avec les professionnels, pour dit-il : « un travail de vulgarisation et de prévention de masse ».

 Un homme de conviction

Jean-Pierre PHIPPS fait partie des personnes qui participent activement à l’accompagnement des jeunes et qui croient sincèrement en leur avenir.

Il pense, par ailleurs, qu’en Guadeloupe, le rapport avec la psychologie peut rencontrer des freins, telle la survivance de réflexes liés au magico-religieux.

Face à la situation actuelle sur notre île, il exprime que : « tout le monde est responsable ».

Il regrette tout de même qu’ « on s’est enfermé dans l’individualisme en Guadeloupe, on ne sait plus à qui faire confiance. C’est sur ce terrain qu’il faut travailler : s’engager dans la confiance à l’autre. ».

Des exemples de cette dynamique se développe, comme « Lé vwaz ka ou fè » sur Petit-bourg, qui effectue un travail sur la proximité immédiate.

Jean-Pierre PHIPPS étend son analyse notamment sur l’alimentation ; « on parle de plus en plus du rôle du sucre sur le comportement agressif ».

Mais pour lui « les addictions, les pathologies comme la schizophrénie expliquent aussi cette explosion de violence ».

Pour lui il est très important que : « les professionnels, notamment les Travailleurs Sociaux, doivent travailler ensemble et faire en sorte que les mots « partenariat » et « réseau » ne soient pas galvaudés. Il faut mutualiser les compétences  pour faire face à ce qu’on vit en Guadeloupe ».

Il conclut par ces mots : « Je travaille tout le temps, c’est un vrai sacerdoce. Je joue aussi du Gwo-ka (au sein du goupe Indestwaska), et cela me permet d’être bien ».

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6 Commentaires to “Jean-Pierre PHIPPS, Psychologue : « Les professionnels, notamment les Travailleurs Sociaux, doivent travailler ensemble et faire en sorte que les mots « partenariat » et « réseau » ne soient pas galvaudés. Il faut mutualiser les compétences pour faire face à ce qu’on vit en Guadeloupe ».”

  1. le partenariat et le réseau restent aujourd’hui des non sens. Chaque travailleur restent cantonné dans « son » institution, en pointant du doigt l’autre. Je crois qu’il est important de comprendre que nous avons le même objectif : mettre nos compétences au service de notre île et travailler à son développement, le bon.

  2. ce serait bien que M.PHIPPS nous dise ce qui est envisageable à son niveau…..

  3. je connais M. Phipps en tant que formateur. Des parcours aussi riches nous rassurent sur le fait qu’il y a des compétences en Guadeloupe pou aidé péyi doubout

  4. Monsieur PHIPPS devrait peut-être lancer l’idée officiellement, en proposant une rencontre (conférence-débat, café-philo, etc…) et en invitant les travailleurs sociaux de toutes les institutions concernées par le sujet.

    • C’est sûr ce que dit dominique est tout à fait juste…après est-ce que Monsieur sera effectif à mettre en oeuvre une action si opportuniste…???…pas si sûr!!!

    • phipps jeanpierre // mars 12, 2014 á 12:07 // Répondre

      Bonjour Dominique94 et Michel B

      Depuis sa création en 2012, la MDAG (Maison Des Ados) reçoit chaque mois, des professionnels autour d’une thématique, le mercredi matin (Didiko) ou le jeudi après-midi (Agouba): Un intervenant (Professionnel d’un domaine en lien avec le Secteur SMS ou pas directement).C’est le café-philo made in isidan…. A bientôt au 0590863116 ?

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