Flambée de violence en Guadeloupe : les politiques réagissent ? « Les jeunes savent que le manque de perspectives en termes de projet de développement de la Guadeloupe les laissera sur le bord de la route »…

Flambée de violence en Guadeloupe : les politiques réagissent ? « Les jeunes savent que le manque de perspectives en termes de projet de développement de la Guadeloupe les laissera sur le bord de la route »…
On reparle de nouveau d’escalade de violence en Guadeloupe, après quelque temps de calme.

Le Président du Conseil Régional, M. LUREL,  se dit préoccupé par cette recrudescence des faits de violence. Entre autres solutions, il parle de « campagnes contre la violence et de l’aide apportée aux communes dans l’installation d’équipements de vidéosurveillance ».

Toutes les initiatives sont certes bienvenues, mais il s’agit de traiter une action en diagnostiquant le bon mal.

Monsieur GILLOT, Président du Conseil Général, a lui aussi fait part de « sa vive inquiétude face à la flambée de violence » ; et de mettre en avant le budget consacré à l’enfance en danger et à la jeunesse, à l’insertion et la lutte contre les exclusions : respectivement 63 millions et 15 millions d’euros. Malheureusement, l’argent ne suffit pas, car pour financer des actions pertinentes, il faut qu’elles aillent dans la bonne direction.

En tant que travailleur social, une question nous vient : est-ce que toute cette violence ne serait pas le symptôme d’une société à la dérive? Très certainement, et c’est le point de vue de certains professionnels qui ont déjà réfléchi à ce problème.

La société du paraître, sans vrai fondement, et évoluant dans l’immédiateté qui existe ici a toujours soulevé l’opposition de beaucoup. Cette opposition un temps culturel – avec des mouvements culturels prônant une recherche de nos racines et de son expression dans le quotidien -, puis politique, se veut maintenant plus vive, avec de la violence qui est le fait de  jeunes désespérés.

Le profil de la majorité d’entre eux,  impliqués dans ces faits de violence est souvent le même : faible niveau scolaire, consommation  d’alcool et de stupéfiants.

Plus que d’autres, les jeunes savent que le manque de perspectives en termes de projet de développement de la Guadeloupe les laissera sur le bord de la route. Ils n’ont pas de perspectives d’emploi, donc pas de projet de vie qui leur permettra de fonder une famille et de la prendre en charge grâce à un travail.

C’est donc une génération sans but, désespéré, qui ne recule devant rien pour le faire savoir et le faire payer à la société.

Toute cette violence, symptôme d’un grand mal-être ne trouvera pas sa réponse dans les seuls dispositifs existant et dans les techniques diverses pour repérer les délinquants.

Ne doit-on pas plutôt donner à ces jeunes en premier lieu, l’image d’un peuple debout qui se tourne vers l’avenir avec un projet commun, où ils auraient leur place, qui créerait du lien social? La « mère patrie » nous incite pourtant de plus en plus à aller dans ce sens, lasse de toujours nous dire de « Paris » que faire, quelle direction prendre.

M. Albert FLAGIE, qui s’est toujours investi dans la cause des jeunes, a démontré que l’une des armes principales pour contrer la délinquance est d’occuper les jeunes. « Ce qu’ils veulent, dit-il, c’est du travail, l’action sociale doit s’accompagner d’une action d’insertion ».

Notre propos ici, n’est pas de tenter de les excuser, mais de tenter de trouver une des vraies causes de ces actes et y porter les bonnes réponses.

Avant tout, mettons en place ce projet qui permettrait d’offrir des perspectives réelles pour notre île. N’oublions pas qu’un jeune occupé est un délinquant en moins.

J. L Educatrice spécialisée.




7 Commentaires to “Flambée de violence en Guadeloupe : les politiques réagissent ? « Les jeunes savent que le manque de perspectives en termes de projet de développement de la Guadeloupe les laissera sur le bord de la route »…”

  1. Ce n’est pas le travail qui manque, mais des idées. Il faut penser aux petits métiers, aux métiers de proximité adaptés à notre réalité qui permettront à beaucoup de personnes de retrouver leur dignité et l’estime de soi par le travail.

  2. Je salue au passage l’initiative du maire de Baie-Mahault d’avoir embauché au niveau de Cap Excellence 25 jeunes formés en tant que médiateurs pour assurer l’accompagnement des élèves au sein des bus scolaires. Voilà une idée à saluer, preuve qu’il existe des réponses à apporter en termes éducatives pour les jeunes, mais pour cela il faut, bien entendu, la volonté…

  3. Quand ce ne sont pas les bonnes personnes qui parlent et qui traitent d’un problème, on entend tout et n’importe quoi. On ne peut pas dédouaner totalement les parents de leur responsabilité quand les enfants dévient, mais il y a d’autres raisons. En Guadeloupe, on a eu un changement de mode de vie radicale et sur une courte période de temps. les repères ont changé, les modes d’habiter, les principes éducatifs. Autant de choses face auxquelles les parents sont désemparés.

  4. Hier en écoutant M. Mathiasin sur canal 10, j’ai eu la confirmation que ces hommes politiques ne sont pas à leur place. En parlant de la violence des jeunes, il a rejeté la faute sur les parents, avec du mépris, surtout sur la mère, principalement les mères célibataires avec plusieurs enfants (ce qui s’appelle de la stigmatisation) ce qui a conduit la journaliste a lui rappelé que le père aussi est impliqué dans l’éducation de l’enfant. Tout cela en balayant d’un revers la responsabilité des élus dans cette affaire. Donc voilà l’image de la famille guadeloupéenne d’un élu qui dirige de plus une fédération.

  5. On ne parle que de ça, mais jamais de propositions concrètes. A la dernière flambée de violences toutes sortes d’associations, de marches contre la violence etc….ont vu le jour. Depuis, plus rien. L’action est sur le long terme

  6. L’escalade de la violence en Guadeloupe concerne tout le monde. Personne ne peut s’en dédouaner. Chacun à sa part de responsabilité : les élus qui ne se décident pas et qui deviennent lourds, les parents qui sont démissionnaires de force induit par le changement de société, l’école qui depuis belle lurette a véhiculé un esprit de mensonge aux jeunes à travers des programmes scolaires non adaptés, la justice qui est permissive, etc. etc… On a beau essayé, de proposer, de gueuler, rien ne change…quelle est donc la prochaine étape ?…

  7. Très juste. Tout traitement durable d’un mal nécessite un bon diagnostic et un traitement de fond. Nos jeunes sont l’avenir de demain et méritent toute notre attention. Un projet mérite une réflexion mûrie avec des partenaires différents et de terrain, qui sont mieux à même de parler de ces jeunes qu’ils rencontrent dans le cadre de leurs interventions. Arrêtons de répondre sous le coup de l’émotion, ça ne donne rien de bon.

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