DIDIKO avec Gisèle PINEAU : « La découverte de l’autre ne peut être qu’un enrichissement personnel »

DIDIKO avec Gisèle PINEAU : « La découverte de l’autre ne peut être qu’un enrichissement personnel »
La Maison des Adolescents pour son Didiko du mois de juin 2015, a choisi comme thème « le détachement ». L’invitée, Gisèle PINEAU, femme écrivaine et ancienne infirmière psychiatrique a débattu de fort belle façon sur le sujet.

A travers un échange libre et enrichissant, elle a fait partager aux nombreuses personnes présentes comment elle a vécu le détachement, un vécu illustré notamment dans certaines de ses œuvres.

Gisèle Pineau, née en France y a passé une grande partie de son enfance. Elle y a vécu nombre d’expériences dues au fait d’être noire. Celles-ci l’ont marqué et on les retrouve dans son œuvre.

Elle tient à faire partager comment l’écriture est importante pour chacun et aide à extérioriser ce qui nous habite.

Ainsi, avec l’histoire de Félicie, dans « Un papillon dans la cité », l’auteur illustre de belle manière ce qu’est le détachement : c’est prendre son indépendance, son autonomie par rapport à l’objet, à la personne, selon222 elle. Félicie, qui doit, après huit ans, laissé sa grand-mère et prendre le chemin de l’exil pour aller rejoindre en France sa mère. Par conséquent, elle devra se détacher de son île, de sa grand-mère, de ses amis, et aller vers l’inconnu.

Pour Gisèle PINEAU la découverte de l’autre ne peut être qu’un enrichissement personnel. A travers cette histoire, elle nous fait comprendre qu’entre l’attachement et le détachement, il y a un chemin de vie, qui est souvent chaotique, on gagne, on perd, mais on apprend de tout cela. Au bout, il y a toujours de l’espoir, de la lumière.

De plus, son enfance en France a été marquée par un exil par procuration, qu’elle vit à travers le récit que sa grand-mère « Man Ya » lui fait de la Guadeloupe. C’est de 333cette grand-mère extraordinaire, avec qui elle développe un lien très fort, qu’elle parle dans un autre de ses ouvrages « L’exil selon Julia ». L’apport de cette femme dans sa vie, dans son amour pour son île, sa culture a été déterminant. Ainsi, c’est Man Ya qui en créole lui faisait des récits de la vie en Guadeloupe, le créole étant interdit aux enfants, dans sa famille.

C’est avec toutes ces histoires en tête, qu’à l’âge de 14 ans, elle revient aux Antilles, d’abord la Martinique, puis la Guadeloupe.

Le retour ne fût pas facile, certains lui reprochant d’être une Négropolitaine. Mais son amour pour la Guadeloupe lui a donné la motivation et la force nécessaires pour s’adapter à sa nouvelle vie.

Durant toutes ces années la lecture a toujours été pour Gisèle PINEAU un moyen pour se détacher du quotidien, et c’est ce qui l’a conduit à l’écriture.

L’exil, l’enfance difficile confrontée au racisme a donné à la femme qu’elle est devenue des armes de paix.

Koezyon-glob.fr




2 Commentaires to “DIDIKO avec Gisèle PINEAU : « La découverte de l’autre ne peut être qu’un enrichissement personnel »”

  1. Pineau fait partie des grands tels les Condé, Glissant, Chamoiseau, et autres oubliés…dsl…

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