Conférence-débat : Quelle place pour les grands parents auprès de leurs petits enfants ?…la synthèse…

Conférence-débat : Quelle place pour les grands parents auprès de leurs petits enfants ?…la synthèse…
Lors de cette conférence-débat, avec un public représenté principalement d’aînés, il s’agissait de mettre en relief le rôle des grands parents dans l’éducation de leurs petits enfants, séance chapotée par Mme Renée-George NABAJOTH, l’élue déléguée aux Aînés, séniors, centenaires, à la parentalité et à la famille de la ville des Abymes. On a noté la présence de Mme Chantal LERUS, conseiller général de la Guadeloupe, dont l’intervention a porté sur les aspects juridiques et législatifs qui favorisent le lien intergénérationnel et le rôle du Conseil Général dans la politique des aînés. Mme Cécile AZEDE, présidente du conseil communal des aînés des Abymes, a fait un témoignage atypique, son témoignage en tant que grand-mère, et surtout de son rôle de maman de ses sœurs, jadis l’aîné dont la mère étaitDSC_0026 décédée. Enfin, Mme Viviane MELYON, la super Mamie France 2013 qui a donné également son témoignage dans un parcours de vie exceptionnelle.

Mme LERUS a annoncé, en préambule, le soutien du Conseil Général (CG) en 2014 à onze associations, pour un montant de 310 000 €, pour permettre des activités intergénérationnelles qui créent du lien social. Pour elle, « La Semaine Bleue » est une occasion de mettre en œuvre des missions de transmission patrimoniale et de savoir-faire, mais aussi, à l’habitation Néron lors du « carrefour des générations », trois générations s’affrontent, de manière conviviale, à travers la gastronomie.

Chantal LERUS insiste donc sur le rôle intergénérationnel et la transmission des valeurs. Elle informe conjointement qu’un nouveau dispositif intitulé « Mona Lisa » est en expérimentation en Guadeloupe (les Abymes site expérimental), lancé vendredi dernier, qui signifie MObilisation NAtionale contre DSC_0029L’ISolement des Agées (dispositif qui existe dans l’Hexagone depuis janvier 2014).

Le Conseil Général accompagne 7000 bénéficiaires de l’APA (lallocation personnalisée d’autonomie), soit 40 millions d’€, la moitié du budget constitue des emplois directs, qui permettent à un grand parent de recruter un enfant, un petit enfant ou une cousine. Il y a donc un rôle économique et social qui est favorisé dans le travail d’un proche auprès de son grand parent. Le CG favorise, par ailleurs, le maintien à domicile des personnes âgées (politique volontariste du CG[1]), avec le portage de repas, la téléassistance[2], la garde itinérante, afin de permettre à l’aîné de rester le plus longtemps chez lui afin de jouer ce rôle économique, social et de transmission des générations aux enfants et petits enfants. Et de conclure : « la politique du CG est d’encourager et de préserver le développement du lien social, favoriser la place de la personne âgée dans la société, valoriser cette place auprès de son petit enfant en créant des liens sociaux, du lien intergénérationnel, et en donnant aux générations le maximum de possibilités pour profiter les unes (générations), des autres ».

Mme AZEDE, ensuite, a fait un témoignage de vie, très poignant. Elle dit qu’ « il n’y a pas de recette pour que les grands parents trouvent leur place auprès de leurs petits enfants, ça vient tout seul, et cela passe par les relations que nous avons avec nos enfants ». Selon elle, même si un grand parent élève un petit enfant, en l’absence du parent, l’enfant doit comprendre très tôt la différence entre le DSC_0023parent et le grand parent. Toutefois, l’espace du parent doit être maintenu. Elle ajoute que « si on donne de l’amour à son petit enfant, on va récolter de l’amour. Si on occupe une grande place auprès de ses enfants, on aura une place plus grande auprès de ses petits enfants ». Beaucoup de choses peuvent être faites avec nos petits enfants, dit-elle : « donner des principes à nos enfants, la transmission des valeurs reçues, la morale, le civisme, le goût du travail que nos enfants perdent en ce moment, le respect de l’autre, le respect de l’autorité, savoir dire bonjour ».  Malgré toutes les activités qu’elle a, elle dit ne rater aucun moment important avec ses petits enfants. Elle estime, par ailleurs, qu’un grand parent n’a pas à garder un enfant sauf cas exceptionnel bien sûr, « ne pas avoir la charge intégrale de l’enfant », mais devrait être disponible chaque fois que ses petits enfants ont besoin de lui : « chaque fois que nous passons du temps avec nos petits enfants, nous nous rapprochons d’eux, plus on est proche, plus on peut être leur confident pour leur permettre de nous confier leurs petits soucis. Ainsi, si nous sommes à l’écoute de nos petits enfants, nous pouvons réagir plus vite, signaler et résoudre le problème avec le parent  ».

Mme AZEDE parle aussi d’une habitude qui se perd, celle du repas du dimanche. Pour elle, ce repas est « le bik du rapprochement…l’enfant qui a en souvenir les repas du dimanche, qui rassemble DSC_0032tontons, taties, cousins, cousines, ces moments de bonheur construisent, et ont un effet sur la construction de la vie de nos petits enfants ». L’expérience qu’elle a vécue, selon elle, ce que nous donnons à nos enfants et à nos petits enfants, nous le récoltons toujours d’une manière ou d’une autre. Elle conclut par ces mots : « n’arrêtons jamais d’aimer nos enfants et nos petits enfants, même quand ils prennent des chemins que nous n’aimons pas, ou qui vont dans des sens que nous ne voulons pas, puisque c’est à ce moment qu’ils ont plus besoin de nous ».

Une dame du public a insisté sur le fait que c’est lorsque les enfants sont adolescents que la charge est plus compliqué : « il faut savoir comment modeler, il faut sévir, mais en même temps, il faut agir avec douceur ». La communication est très importante avec ses enfants et ses petits enfants, selon elle, et qu’à chaque étape de leur développement, c’est une nouvelle éducation.

DSC_0034Mme MELYON, enfin, fort d’un témoignage hors du commun, a expliqué discuter avec ses enfants et ses petits enfants sur tout, notamment sur la sexualité, le respect de son corps, de l’hygiène, être à l’écoute de son corps, et avoir du respect pour l’autre.

Il a été notamment dit qu’il ne faut pas non plus se substituer aux parents de l’enfant. On ne peut transmettre que ce qu’on a reçu. Il est rappelé également que ni l’Etat, ni les collectivités ne doivent se substituer à la famille. Chacun à son expérience, il ne faut pas culpabiliser les jeunes. Un monsieur a regretté, par ailleurs, l’absence de jeunes parents au sein du public, pour échanger plus largement sur le sujet.

Koezyon-glob.fr

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[1] Le CG, en termes de missions légales, dans la politique des aînés, n’a d’obligations que pour  l’APA et l’aide ménagère.

[2] C’est une technologie particulière, qui est choisie par l’usager. Le CG a donc découpé le territoire en 4 bassins ; chaque bassin a un opérateur qui allie la garde itinérante (quand la personne âgée n’a personne chez elle), la garde itinérante de nuit et la téléassistance qui se manifeste par le port d’un bracelet (permet pour les malades d’Alzeimer la géolocalisation).




6 Commentaires to “Conférence-débat : Quelle place pour les grands parents auprès de leurs petits enfants ?…la synthèse…”

  1. Il est important de souligner que nombre d’enfants vivent loin de leurs parents…les petits enfants se font qu’une idée de leurs grands parents, ou alors ne les rencontrent qu’à raison de deux ou trois fois par an, voire tous les deux ou trois ans. Il apparait donc nécessaire, face à cette situation que les grands parents aménagent du temps et de l’espace pour une découverte mutuelle et fassent de ce moment, un « carpe diem » une « grâce » unique.

  2. Stone, l’époque a changé. Même les parents ayant un âge certain mènent un vie bien remplie : zumba, vie associative,croisière, jardinage, ils entendent profiter de leurs vieux jours. La bonne solution c’est vraiment la garde ponctuelle qui ne lèse personne et qui favorise cet échange intergénérationnel indispensable.

  3. stone ex nihilo // octobre 20, 2014 á 9:13 // Répondre

    Une des problématiques, qui ne devrait pas en être une, est que les grands parents sont de plus en plus jeunes. Par conséquent, lorsqu’on est grand-parent à 40 ans, 45 ans, 50 ans et plus on est encore très jeune et souvent en grande activité. Les grands parents d’aujourd’hui veulent profiter de la vie pleinement, et refusent souvent d’avoir la charge de leurs petits enfants. Du coup, la transmission se perd, laissant place à un système éducatif détourné qui est souvent la télé, internet, la rue et l’influence extérieure. Nous vivons au sein d’une société nouvelle, un nouvel ère sociétal, que nous le voulons ou pas, que nous l’acceptons ou pas, nous contribuons tous à son changement, inconsciemment.

  4. Beaucoup de manifestations pour cette semaine bleue. Nous aimons beaucoup nos aînés. C’est une occasion de leur montrer que nous apprécions tout ce qu’ils nous transmettent. mais dans le quotidien, ne les oublions pas. Un coup de fil, une visite rapide c’est quand même une présence en semaine car ils savent que nous sommes occupés. Continuons de leur donner leur place dans notre société tellement boulversée.

  5. Est-ce un hasard si ce ne sont que des femmes qui animaient le débat? Et les hommes, ne pouvaient-ils pas parler de leurs expériences avec leurs petits enfants?
    Mis à part cet « oubli » de taille, je trouve le thème très intéressant. En tant que grand-parent, nous avons le temps de nous occuper de nos petits enfants. Nous avons aussi la patience et l’expérience. mais c’est vrai que c’est si on nous demande notre aide qu’on peut la donner, sinon, certains enfants ne l’acceptent pas.

  6. Des expériences riches et variées qui nous sont utiles en tant que parents. Les valeurs ne sont pas des règles, cela nous permet donc en tant que parents d’adapter ces valeurs aux réalités de notre époque. Les grands parents demeurent un appui certains pour leurs petits enfants, mais aussi pour leurs propres enfants.

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