Compte-rendu de la conférence du 31 janvier 2014 sur le thème : Relations interpersonnelles, le management des hommes au travail en Guadeloupe : impact et enjeux.

Compte-rendu de la conférence du 31 janvier 2014 sur le thème : Relations interpersonnelles, le management des hommes au travail en Guadeloupe : impact et enjeux.
Le concept « Démo 4 paroles« de la bibliothèque Paul MADO, à Baie-Mahault, se tenait autour du livre de Patricia BRAFLAN-TROBO  « Noir-E et Management : l’impact de la couleur de peau dite noire dans le management en Guadeloupe« , paru en Avril 2013, aux éditions Nestor.
Mme BRAFLAN-TROBO, consultante en management, professeur de gestion en ressources humaines et doctorante en gestion des ressources humaines qui n’est plus à présenter, était accompagnée pour l’occasion de Mme Edith GRENIER, elle aussi consultante en management.

Ces deux professionnelles étaient chargées d’animer le débat en nous faisant partager leurs expériences. C’est Mme GRENIER qui a débuté la conférence  en nous parlant des relations interpersonnelles et les conflits.

Dès le début de son intervention, Mme GRENIER a fait ressortir qu’elle oeuvrait à aider le manager à améliorer son sens de la communication, à mieux gérer les conflits, à motiver son équipe.

Une définition claire de l’équipe nous a été donnée : il s’agit d’un groupe de personnes  travaillant ensemble pour un objectif commun. Un mauvais management de l’équipe entraînerait à coup sûr des conflits, d’où l’intérêt non seulement d’améliorer son management mais aussi, de voir comment régler les conflits qui naîtraient au sein de l’équipe, comment en somme, avoir des relations interpersonnelles satisfaisantes?

N’ayant pas obtenu du public présent, une définition,  Mme GRENIER a défini elle même ce que sont ses relations interpersonnelles : il s’agit des rapports entre les personnes qui font partie de l’équipe et inclut les collègues, les clients, les fournisseurs.

Ces relations vont varier en fonction des attentes et des perceptions de chacun. Cependant il est dans l’intérêt de tous de communiquer de façon efficace et de développer de bonnes relations interpersonnelles, dans le respect mutuel.

Mme GRENIER a montré l’impact positif à plusieurs niveaux.

            – sur le plan de la santé : moins de maladies liées au stress (hypertension, maladie cardiaque…)

            – au niveau personnel : une meilleure estime de soi qui nous permettra aussi de reconnaître une erreur plus facilement devant nos collègues

            – impact sur la vie privée : notre famille aura le soir, face à elle, quelqu’un de détendu.

Malgré les efforts fournis, Mme GRENIER a reconnu que  » les conflits sont présents au sein des entreprises, et parfois inévitables, du fait des personnalités différentes, des attentes différentes « .

La question est donc :  » quel système de gestion des conflits utiliser « ?

Avant de fournir la réponse à cette question, elle nous a fourni  des informations  sur l’origine des conflits, les différents types de conflits et leurs conséquences.

 Leurs origines

            – la constitution de l’équipe

            – les objectifs à réaliser

            – la communication

            – le pouvoir décisionnel

Les différents types de conflits

            – intra individuel : avec nous même

            – interpersonnel : avec quelqu’un de l’équipe

            – de  groupe : deux groupes qui s’opposent.

Les conséquences

            – sur la personne : équilibre personnel, santé, manque de motivation

            – sur le collectif : le groupe souffre du conflit

            – sur l’équilibre de l’organisation : moins de performances et les résultats non atteints

osbd

 Fort de ces précisions,  les méthodes existant pour sortir de cette spirale négative seront mieux appréhendées.

Parmi celles existant, Mme GRENIER a fait le choix de nous parler de la méthode OSBD.

Mme GRENIER a conclu de belle façon en attirant l’attention sur le fait que chacun peut et doit être acteur de relations interpersonnelles de qualité.

  Mme BRAFLAN-TROBO a poursuivi sur la lancée de l’oratrice précédente en portant des précisions intéressantes.

L’accent a été mis sur « la notion d’unicité, qui est essentielle lorsque l’on parle relations interpersonnelles. Chaque personne est unique, avec une histoire de vie qui n’appartient qu’à elle, avec un parcours professionnel qui lui est propre, sa vision du monde du travail« .

Selon Mme BRAFLAN-TROBO, il demeure important dans les relations interpersonnelles que le manager comprenne la personnalité des personnes avec qui il travaille, ses variations, leur tempérament, autant d’éléments qui permettent une meilleure approche des relations interpersonnelles.

L’analyse de ces relations interpersonnelles ne pouvait se faire sans un historique de la relation de travail en Guadeloupe.

Avant 1643, nous précise Mme BRAFLAN-TROBO, il n’y avait pas de relations de travail en Guadeloupe. En effet, les Caraïbes et les Arawaks faisaient du troc, de l’échange.

Ces relations sont nées avec l’esclavage, et il importe de le savoir pour mieux appréhender le management en Guadeloupe.

Ces relations sont donc liées à « des relations forcées et contraintes,  avec des conséquences qui perdurent encore aujourd’hui, épidermisation ou racialisation des relations de travail.

Concrètement, la qualification était liée à la couleur de la peau: plus vous étiez clair de peau plus vous étiez qualifié, plus vous étiez noir, moins vous l’étiez, fait confirmé par les données recueillies dans les études notariales de l’époque. »

« A une couleur de peau correspond une place dans la relation de travail; le commandement est blanc, l’exécution est noire. » Cette caractéristique concerne toute l’Amérique des plantations : Venezuela, Porto-Rico, Cuba, Saint-Domingue, Brésil. Ce système esclavagiste a érigé une idéologie d’infériorisation de l’homme noir, présenté pendant des siècles comme un sous homme, incapable de diriger.

Dans ce même système esclavagiste, le maître pour asseoir son autorité divisait pour mieux régner. Ainsi, ce sont les compagnons d’esclavages qui infligeait les châtiments et s’attirant de ce fait l’inimitié des autres esclaves. Leur colère se retournait alors vers leur propre congénère. C’est de la que vient le fameux « Neg pé pa dirigé neg« , car l’association de la souffrance va vers le congénère noir.

Quel est l’effet de cette histoire dans les relations interpersonnelles actuellement?

Mme BRAFLAN-TROBO remarque que souvent nous avons « des familles où le préjugé de race, de couleur est très actif : les enfants plus clairs de peau seront survalorisés, avec toutes les attentions. »

Une personne élevée dans ce contexte, quand elle arrive sur son lieu de travail avec cette résonance, si son manager est noir, il y a un problème. Il peut avoir des doutes sur les compétences de ce dernier.

Il y a un problème de représentation des cadres  avec un manque de confiance  dans le manager noir. Les relations de travail se trouvent  empreintes d’une forte charge émotionnelle liée à tout ce passé.

A ce stade de la discussion, Mme BRAFLAN-TROBO a mis en évidence, les enjeux de toute cette connaissance relative à l’histoire et au vécu des relations de travail en Guadeloupe.

Quels sont-ils?

Qu’est-ce que nous avons à perdre ?

            – la persistance d’un système de dé-crédibilisation  de l’afro descendant et hindo descendant qui ont une fonction de manager.

            – des stéréotypes qui se transmettent.

Qu’y gagnons-nous ?

            – briser cette chaîne de transmission en ayant connaissance de ces origines

            – investir tous les champs professionnels en Guadeloupe

            – Restaurer et créer une histoire positive de nous

            – Augmenter notre connaissance dans les managers car ils ne sont pas parfaits et font des erreurs.

Et Mme BRAFLAN-TROBO de conclure que le management est une expérience de tous les jours, où l’on doit inventer des solutions très différentes d’un jour à l’autre.

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1 Commentaire to “Compte-rendu de la conférence du 31 janvier 2014 sur le thème : Relations interpersonnelles, le management des hommes au travail en Guadeloupe : impact et enjeux.”

  1. Je travaille dans une structure médico-sociale. je remarque qu’il y a un vrai problème de management. J’ai l’impression que les cadres noirs veulent prouver quelque chose. Ils sont souvent beaucoup moins conciliants….
    Il n’empêche que les points développés dans cet article sont pertinents et reflètent une réalité de notre île.

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