Christiane GASPARD-MERIDE, Présidente de l’association FORCES, une militante associative convaincue : « L’appréhension des professionnels de terrain, n’ayant pas fait la demande de se débarrasser des aprioris, peut faire plus de mal que de bien aux usagers »

Christiane GASPARD-MERIDE, Présidente de l’association FORCES, une militante associative convaincue : « L’appréhension des professionnels de terrain, n’ayant pas fait la demande de se débarrasser des aprioris, peut faire plus de mal que de bien aux usagers »
« Nous nous engageons à briser le carcan de la femme Potomitan au profit d’une nouvelle symbolique incluant, au sein de la famille, une redéfinition des rôles, une réappropriation de nos valeurs… ». Promulguée en 1999, la Charte des femmes de Guadeloupe tend à ce qu’elles refusent d’être des caricatures, en un mot, à affirmer haut et fort leur identité. Les caractéristiques de la femme rose cayenne : « …celle qui fait preuve de respect dans son comportement (l’habillement, la parole), celle qui valorise la complémentarité au détriment de l’hégémonie… ». Tels sont les slogans prônés par Mme Christiane GASPARD-MERIDE.

 Parcours d’une militante guadeloupéenne

Issue d’une éducation familiale dans laquelle on prônait les valeurs comme le travail, l’honnêteté, le respect d’autrui, Mme GASPARD a un important et riche parcours au niveau associatif. Depuis l’âge de 6 ans et pratiquement durant toute sa vie, elle n’a jamais rompu avec ce milieu, elle aime se rendre utile. Actuellement, elle est la Présidente de FORCES (Fédération féminine d’Organisation et de Revalorisation Culturelle Economique et Sociale) qui se compose de 20 associations dont les membres en majorité féminine, œuvrent pour la promotion des femmes et de la famille. Egalement, elle pilote un réseau de soutien à la parentalité le REAAP (Réseau d’Ecoute d’Appui et d’Accompagnement des Parents) et le Point Info Famille.

Au début des années 1960, Mme GASPARD était déjà en charge d’associations, en tant que Vice-présidente de Concordia, une association des étudiants du Lycée de Gerville-Réache à Basse-Terre, c’est l’époque des kermesses, des bals et du mouvement culturel.

Après une courte période en France hexagonale pour des raisons scolaires, elle retourne en Guadeloupe, où elle renoue avec le monde associatif, mais cette fois-ci à distance. La raison étant qu’elle  fonde une famille, et reste en retrait du monde associatif jusqu’en 1981.

De retour dans le milieu, Mme GASPARD fonde à Basse-Terre une association féminine, d’une vingtaine de femmes : « Les dames de cœur », qui œuvre pendant 26 ans dans le social, le sport, la culture, la valorisation des communes de Guadeloupe, des petits métiers, avec notamment des manifestations avec le groupe Voukoum.

Ensuite, elle quitte la région bassetérienne pour la Grande-Terre où elle fait la rencontre de Mme Marie-Antoinette SIMET-LUTIN qui était à ce moment la Déléguée des droits des femmes. Ensemble elles créent le Conseil guadeloupéen des femmes, en devient la Présidente en 1989. Par la suite, toujours avec Mme SIMET-LUTIN, Mme GASPARD crée le CIDF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles). En 1995, elle participe à la Conférence des droits des femmes en Chine. Elle lance une réflexion autour du thème « Femme Potomitan d’hier et d’aujourd’hui » avec Mme MARIE-ANGELIQUE.

Le 8 mars 1999 est proclamée, au Centre des Arts et de la Culture de Pointe à Pitre, la « Charte des femmes de Guadeloupe » rédigée en 5 articles (qui comprend famille, pouvoir, pauvreté, violence et culture). C’est le résultat de réflexions, de la partie Potomitan de la femme devenue caduque, qui n’est pas l’aspiration des jeunes du 21ème siècle. Dans le même temps, est créée « la symbolique de la femme rose cayenne ».

En 2000, Mme GASPARD devient la Présidente de l’association FORCES qui travaille sur le nouveau profil de la femme guadeloupéenne, de la relation entre les femmes et les hommes. En 2005, alors qu’il manquait un organe d’étude et d’analyse de la femme, c’est la création de l’Observatoire féminin, qui est force de propositions sur des sujets concernant les violences faites aux femmes, les modes de garde, la place des femmes dans le milieu associatif, ou encore des pistes pour se lancer en politique par exemple.

En 2005, elle se tourne vers la Caraïbe à l’occasion du 1er forum de la femme caribéenne et lance « Le manifeste des femmes dans la Caraïbe », signé par une dizaine de pays caribéen, avec comme objectif de s’unir pour un développement socioculturel.

En 2009, avec son équipe, elle organise les 2ème et le 3ème forums avec pour objectif principal de promouvoir un «  partenariat des femmes de la Caraïbe avec les hommes ». le 4ème est prévu en 2014      .

Depuis quelques années déjà, Mme GASPARD, avec son assistante Mme Frédérique NAU, pilotent le REAAP (Réseau d’Ecoute d’Appui et d’Accompagnement des Parents).

Le REAAP fonctionne (en partenariat avec le Conseil Général) autour de 2 axes :

–          des groupes d’expression (où les parents – familles monoparentales en majorité –  échangent et partagent leurs expériences) ;

–          des activités autour de la parentalité (sorties familiales, rencontres intergénérationnelles, activités ludiques rassemblant parents et enfants).

On retiendra particulièrement la dynamique du REAAP lors des Journées Départementales de l’Enfance (JDE), « les journées loisirs en famille ».

De grands chantiers sont prévus au cours de cette année, notamment l’idée de création d’un « Conseil Guadeloupéen de la Parentalité » dénommé EPAULES (Elaboration de la Parentalité Autour du Libre Engagement Solidaire). Ce projet, acté en 2011 lors du Congrès des élus sur les violences et les incivilités, a une visée plus large qu’associative car il a l’ambition d’un projet guadeloupéen. Son orientation est tournée vers la famille, avec l’élaboration de groupes de paroles, sur des méthodes éducatives et sur la responsabilité parentale.

Selon Mme GASPARD : « il y a une amélioration au niveau de la parentalité, dans les pratiques éducatives, grâce à la libération de la parole, aux échanges de savoir-être / savoir-faire qui contribuent à être un appui, des raisons de se battre, ne pas baisser les bras ». Elle rappelle aussi que de plus en plus de pères viennent et participent aux actions menées et ont aussi la possibilité d’engager un dialogue avec les mamans pour déculpabiliser les uns et les autres ; l’exemple du projet au Moule CAF/CCAS sur les questions sur la parentalité et des groupes de paroles. Mme GASPARD assure que ce type de projet tend à se répandre sur toutes les communes de la Guadeloupe, exemple au Gosier également. « On établit un diagnostic des besoins sociaux puis on met en place un site de rencontre hommes et femmes autour des traditions – le ti cochon (rires) » exprime Mme GASPARD avec intérêt.

La vision qu’elle a sur la Guadeloupe, sur la famille guadeloupéenne est une vision positive. Elle pense qu’au lieu de dire tout le temps que ce sont les autres qui…, on devrait se remettre en question régulièrement. De plus elle précise que : « le réseau, toute personne confondue, est une des solutions à adopter en Guadeloupe. La Charte des femmes de Guadeloupe, cette année va avoir 15 ans. Le 8 mars, nous ferons un point sur l’avancée de la Charte, comment extraire le négatif qui nous est balancé tout le temps et le transformer en positif. Il est essentiel que l’on soit en réseau pôle par pôle, que les guadeloupéens se mettent ensemble, que chacun porte sa pierre à l’édifice ».

Son souhait le plus cher serait que le Conseil guadeloupéen joue ce rôle de réseau. « Il y a tant de choses à faire, il y a des choses qui se font, mais malheureusement il manque cette dynamique commune », affirme-t-elle. Elle poursuit « il nous faut avoir la conviction que nous sommes avant tout des guadeloupéens, pas sectaires et pas restrictifs non plus  ».

Mme GASPARD-MERIDE soutient fortement que dans notre mémoire collective, la plantation a laissé des marques. Elle ajoute que : « les effets de la plantation existent, qu’il existe une frustration originelle qui oppose d’aller vers les autres à travers un mimétisme ancestrale ». Toujours selon elle : « il y a une éducation populaire à faire, car tout ce qui a été fait porte des petits fruits mais pas de grands effets. On a conscience de bien faire mais le bobo n’est pas guéri. Souvent plus les gens sont instruits plus c’est grave, alors que dans le bon sens populaire les choses se disent ». Elle conclut ainsi : « il faut beaucoup d’humilité à un professionnel pour arriver à cette vision que tout est possible ; mais la plantation gangrène. L’appréhension des professionnels de terrain, n’ayant pas fait la demande de se débarrasser des aprioris, peut faire plus de mal que de bien aux usagers ».  

 Contact :

F.O.R.C.E.S. / R.E.A.A.P. : 0590.48.10.46

Point Info Famille : 0590.22.25.70

 Prochaine manif : « façadé » le vendredi 7 février 2014 au Moule intitulé « Contrat é patati é patata » (tous les 2 mois)

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4 Commentaires to “Christiane GASPARD-MERIDE, Présidente de l’association FORCES, une militante associative convaincue : « L’appréhension des professionnels de terrain, n’ayant pas fait la demande de se débarrasser des aprioris, peut faire plus de mal que de bien aux usagers »”

  1. VIGNE VIVIANE // avril 16, 2017 á 11:37 // Répondre

    J AI AIME CE QUE J AI LU.

    JE SOUHAITE ETRE INFORMER DES REUNION, DES COLLOQUES, OU DES CONSEILS SONT DONNES SUR LA FACON D’INTER AGIR AVEC NOTRE FILS JEUNE ADULTE PATHOLOGIQUE AGRESSIFS VIVANT AVEC NOUS.

    MERCI
    VIVIANE

  2. J’ai lu avec une très grande attention votre article sur MMe GASPARD-MERIDE.
    Le parcours associatif de cette femme m’interpelle. Epouse et mère de famille,une vie professionnelle, tout cela n’a pas été un frein a son engagement, même si un temps, elle a été moins présente.
    Nous pouvons donc tous apporter un minimum à des associations ou autres œuvrent qui servent à faire a mettre en lumière des points a améliorer, à donner la parole à chacun.

  3. J’ai déja entendu parler du REAPP et de l’association FORCES. Une question, comment le tout public peut être informé des manifestations?
    Merci a ces associations pour le travail fait.

  4. L’action de cette femme mérite d’être mis en lumière. Un tel esprit d’engagement…..bravo.
    J’ai assisté à un façadé sur la relation hommes/femmes. Le concept est intéressant, les échanges riches

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