Atelier « Violence et accompagnement : comment se reconstruire », dans le cadre de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes

Atelier « Violence et accompagnement : comment se reconstruire », dans le cadre de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes
Dans le cadre des journées des violences faites aux femmes, les associations qui accompagnent les victimes étaient à pied d’œuvre sur le territoire aujourd’hui’ hui. Au Moule, c’est un atelier qui a été mis en place, avec la présence de partenaires dont le CMP, la Police, le lycée de Port-Louis notamment, afin d’informer et de sensibiliser sur les dispositifs existants. Il s’agissait pour mesdames LASKARY et SHITALOU, respectivement du Centre d’Information des Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) et du Point d’Accès aux Droits (PAD) du Moule, de définir les actions qu’elles mettent en œuvre pour l’accueil, la déclinaison des droits et l’accompagnement des femmes qui se retrouvent confrontées à des violences, violences au sein du couple particulièrement. Cet atelier qui s’est déroulé au Centre culturel Robert LOYSON du Moule avait pour thème « Violence et accompagnement : comment se reconstruire ».

Mme LASKARY, juriste et directrice du CIDFF a rappelé que les violences au sein du couple, subies principalement par les femmes, de leur conjoint, de leur partenaire, voire souvent de leur ex-conjoint peuvent revêtir différentes formes. Elles peuvent être physiques, psychologiques ou économiques. Les violences économiques, elles, sont davantage subies par les femmes d’origine étrangère. L’époux peut aussi confisquer les papiers de sa compagne.

Selon Mme LASKARY, il faut comprendre la violence. C’est un processus inscrit dans le temps au cours duquel la victime est déstabilisée dans le cadre d’une relation de couple, le partenaire va adopter à l’encontre de l’autre des comportements agressifs, violents et destructeurs.

Pourquoi la femme ne sort-elle pas de cette situation de violence ? Il existe un cycle de la violence. Si le conjoint, par exemple, rentre et que le repas n’est pas fait, ni le ménage, il ne va pas chercher à comprendre DSC_0008pourquoi, il va se plaindre. Madame va souvent rentrer dans une démarche de justification. S’en suit le passage à l’acte qui est souvent physique.

La victime fait généralement un transfert de responsabilités, elle pense souvent qu’elle est la cause des violences. L’auteur lui va minimiser ses actions, aura peur de perdre sa femme, sa situation familiale, puis madame va pardonner, et c’est à ce moment qu’elle retire sa plainte et retourne chez le conjoint.

Mme LASKARY rappelle que le CIDFF reste toujours à l’écoute des victimes et ne juge pas leurs actions. La famille souvent n’est pas au courant que la femme est victime de violences. Ce cycle de la violence est progressif et s’intensifie au fil du temps.

Il existe un profil de couple où la violence conjugale est prégnante. On remarque souvent que les conjoints violents sont attirés par des femmes faibles, faibles en amour et vulnérables.

Pour accompagner la victime, la directrice du CIDFF rappelle qu’il faut comprendre la relation qu’elle vit. La victime pense que le conjoint violent va changer, que s’ils ont eu des enfants ensemble, que c’est le fruit de l’amour. La femme, par crainte des représailles, de désorienter et perturber la scolarité des enfants, de perdre sa situation, n’est pas capable de prendre une décision ferme.

Les violences conjugales ont des répercussions graves sur les enfants, dans leur vie future, notamment chez les garçons qui peuvent se retrouver perturbés, ceci pouvant avoir d’importantes conséquences sur leurs relations futures avec leurs femmes.

Pour les femmes les répercussions sont sur la santé, également des troubles psychologiques (isolement). La honte est un sentiment développé par la victime. L’ignorance est un élément important également pour ces femmes, l’ignorance de leurs droits, elles ne savent pas qu’elles peuvent déposer plainte contre le conjoint ou le partenaire violent. L’ordonnance de placement, l’aide juridictionnelle sont des exemples  des droits dont elles peuvent bénéficier. La perte de leur énergie, de leur estime de soi, obstruent la capacité à effectuer des démarches administratives et juridiques.

Les conséquences de toutes ces violences sont multiples. Les enfants sont souvent des  témoins auditifs et  visuels de ces actes,  ce qui entraîne souvent du décrochage scolaire, des angoisses. De plus, ils peuvent se rapprocher davantage des amis pas toujours recommandables, pour retrouver un climat serein et être entraînés vers des conduites addictives pour oublier le stress. Le suicide chez les jeunes, ou encore des enfants qui cherchent à défendre leurs parents sont aussi des conséquences non négligeables  de ces violences, , d’où DSC_0010l’importance d’un accompagnement psychologique pour eux.

Le placement des enfants est quelque fois inévitable. Le mari même s’il est violent envers la femme, reste malgré tout le père des enfants. Il a des droits sur ses enfants au même titre que la mère, évidemment s’il n’est pas violent avec les enfants.

L’écoute, selon Mme LASKARY, est très importante dans l’accompagnement, aller dans une structure pour se confier permet à la victime de parler, d’être rassurée, d’être informée. De nombreuses associations sont présentes pour celà, le  CIDFF, l’exemple de l’accueil de jour de l’association FORCES, Initiativ’éco et l’association Gwadav’. Le travail en partenariat, pluridisciplinaire permet l’efficience des actions à mener en urgence, notons le 115 pour les situations d’urgence.

Mme SHITALOU a apporté elle aussi des précisions sur le Point d’Accès aux Droits (PAD) du Moule. Le PAD, c’est un travail en partenariat important. Il existe depuis 2010 et permet d’apporter des informations administratives et juridiques, en assurant des permanences gratuites. Il reçoit des personnes provenant de toute la Guadeloupe.

CIDFF : 0590.82.52.92

PAD du Moule : 0890.93.05.11

Koezyon-glob.fr




3 Commentaires to “Atelier « Violence et accompagnement : comment se reconstruire », dans le cadre de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes”

  1. En tant qu’homme, protecteur et défenseur des femmes,il me semble, je ne peux que m’insurger contre ces comportements violents. Sans vouloir les excuser, beaucoup de ces hommes sont des personnes qui méritent un accompagnement psychologique pour sortir de ce cercle infernal.

  2. pour moi les faits qui sont relatés par les médias sont que la tête de l’iceberg. tant de femmes subissent du harcèlement, des brimades, des injures, des coups et se taisent car la honte est là. Il faut du temps pour dépasser ce sentiment et demander de l’aide. Ce n’est pas un processus facile. Comprenons ces femmes au lieu de penser qu’elles se complaisent dans ces situations.

  3. C’est une journée qu’on devrait pas à avoir à commémorer. On a toujours l’espoir que l’année suivante, il y aura moins de drames conjugaux, moins de femmes victimes de la violence de leurs compagnons. le pire pour moi,c’est quand le père de ces femmes cautionnent le comportement du mari, et ça arrive très souvent.
    Bravo à toutes les femmes qui arrivent à quitter ces hommes violents.
    mais sans amertume, en tant que femmes, il nous faut souhaiter à ces hommes malades de pouvoir se soigner pour mettre un terme à tous ces actes violents et connaitre eux aussi une vie sereine.

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